Editoriaux - Politique - 15 mai 2019

Stop au « Loiseau-bashing » ? Le problème, c’est qu’elle se « bashe » toute seule !

L’heure doit être grave, en Macronie, et dans la liste de Nathalie Loiseau, pour que Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’État, vole à son secours et déclare, sur Europe 1 : « Il faut arrêter le Loiseau bashing. » Et de développer l’éloge de la tête de liste LREM : « quelqu’un de tenace, de compétent », « une ministre des Affaires européennes parfaitement apte et remarquable ». « Pendant bien longtemps, les partis politiques ont envoyé à Bruxelles des branquignoles. » « Nous avons pris au contraire les meilleurs d’entre nous pour porter nos idées au plan européen et Mme Loiseau en fait partie. » N’en jetez plus , “les meilleurs d’entre nous”, ça classe tout de suite son monde.

Richard Ferrand déplorant le bashing de sa candidate à la peine ? Quand on réfléchit à la façon dont Emmanuel Macron et lui, l’un de ses premiers et plus fidèles soutiens, issus d’un Parti socialiste en déroute, ont accédé au pouvoir, on ne peut que constater que l’entreprise (« le casse de la banque » dont ils « avaient les clefs », selon les confidences connues du petit clan en débarquant à l’Élysée) a reposé sur deux « bashing » parfaitement réussis, maîtrisés et souvent mérités, par ailleurs : celui de François Hollande, qui se surpassa dans le rôle du « bashé », et celui de Marine Le Pen.

Est-ce que, finalement, au bout de deux ans, la technique du bashing macronien n’est pas en train de revenir en boomerang à la face de la Macronie, représentée par Nathalie Loiseau ?

Mais on apprend que, sur certaines affiches de la majorité, dites « sauvages » car ne figurant pas sur les panneaux électoraux, c’est Emmanuel Macron qui apparaît. Pas Nathalie Loiseau. Mais là, M. Ferrand, qui l’a bashée, la pauvre Nathalie Loiseau ? Vous, elle, Emmanuel Macron !

Elle pourra se consoler en se disant que son basheur affiché pourrait, lui aussi, se faire basher dans les urnes. Et se prendre le boomerang.

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