Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 15 mai 2019

Antoine Mellies : « Andréa Kotarac a fait preuve d’un courage et d’une éthique qu’il faut saluer »

Antoine Mellies, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, commente le soutien de l’ex-élu LFI Andréa Kotarac à la liste de Jordan Bardella, mais aussi les accusations de Nathalie Loiseau affirmant que Marine Le Pen et ses amis seront les « représentants de Poutine » au Parlement européen.

Andréa Kotarac, futur ex-conseiller régional, a annoncé qu’il soutenait la liste européenne menée par Jordan Bardella.
Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Même si je n’ai pas une sensibilité de gauche, j’ai très bien accueilli cette nouvelle. Je considère que les temps sont graves, que la France est en jeu et qu’il faut savoir dépasser nos querelles de petites chapelles. Quand un élu de la France Insoumise, ancien membre de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon nous rejoint parce qu’il assume sa fibre patriote et populiste, je dis bienvenue dans notre grande famille nationale et patriote. Cette grande famille a vocation à rassembler tous ceux qui mettent la France au-dessus de tout.

Peut-on parler d’alliance souverainiste ?
Selon vous retrouvait-il cette fibre-là à la France Insoumise ?

Il y a eu plusieurs précédents à la France Insoumise. Il y avait eu un compromis pendant la campagne de 2017. Jean-Luc Mélenchon semblait assumer cette fibre populiste et patriote. Or, il avait avancé en évinçant des personnes de la France Insoumise. Ces personnes portaient cette fibre sociale populaire au sein du mouvement. Au fond, Andréa Kotorac a fait preuve d’une cohérence supplémentaire en appelant à battre le principal responsable des politiques désastreuses menées en France, mais surtout à voter pour la liste qui est la plus à même à le battre le soir du 26 mai.
Il est évident qu’Emmanuel Macron cherche à ce que le Rassemblement national soit 2e.
L’objectif aujourd’hui est de battre Emmanuel Macron et de placer la liste de Jordan Bardella et de Marine Le Pen en tête le soir du 26 mai.

Andréa Kotorac a juste appelé à voter pour Jordan Bardella. Il ne prend pas sa carte au Rassemblement national.
Avez-vous bon espoir que néanmoins il vous rejoigne à moyen terme ou qu’il continue de vous soutenir ?

Nous verrons. Il a une sensibilité et il a aussi son parcours. Par conséquent, rien ne presse. Il a fait preuve d’un courage assez extraordinaire. Dans le même temps, il a annoncé qu’il démissionnerait de son mandat de conseiller régional de la région Rhône Alpes. Pour le moment, nous incarnons ce rassemblement. De là à ce qu’il prenne sa carte au Rassemblement national me semble assez subsidiaire et accessoire. L’enjeu est ailleurs.

N’avez-vous pas peur qu’on suppose que votre parti ait des liens avec l’Américain Steeve Bannon et certains intérêts russes ?

Il faudrait peut-être choisir. Le Rassemblement national est lié à qui ? Aux Américains, aux Russes, aux Chinois, aux Estoniens ? Cette polémique est totalement ridicule.
Tous les partis politiques de la vie politique française ont des responsables sur des questions internationales qui entretiennent des relations avec d’autres mouvements politiques ou avec d’autres autorités au pouvoir. C’est tout à fait naturel. Cela ne veut pas dire qu’il y a de la subordination, mais de la coopération.
Le Rassemblement national a toujours prôné le dégel des relations avec la Russie. Ce dégel doit se faire au nom de l’indépendance et de l’autonomie de la France. Aujourd’hui, elle ne l’est plus sur le plan international, notamment à cause d’une politique atlantiste assez agressive à l’égard des intérêts des Français et des Européens. Il n’y a rien de plus que cela. Ce n’est absolument pas une allégeance à la Fédération de Russie.