Depuis que l’hypothèse d’une candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle a pris quelque consistance avec l’enquête de L’Express, les sondages se sont penchés sur son cas et ont bien été obligés de la placer en phase de test.

Une première enquête (IFOP pour ) révèle que 13 % des Français seraient prêts à voter pour lui au premier tour. Pour un premier round, un score à deux chiffres est une bonne nouvelle pour le candidat potentiel.

Un second (publié par Linternaute et réalisé par YouGov) s’est intéressé aux réactions des Français face à l’hypothèse de la candidature Zemmour. Et là aussi, le score est à deux chiffres, et dépasse même les 20 % : « 21 % des Français se disent “favorables” à une candidature d’Éric Zemmour pour la présidentielle 2022. » Le détail montre que ces 21 % se décomposent entre 9 % de « très favorables » et 12 % de « favorables ». Le même sondage a interrogé les Français sur la qualité et les chances de la candidature Zemmour, notamment face à . Là encore, le score est à deux chiffres : 16 % des Français estiment qu’il ferait un meilleur candidat qu’elle (contre 20 % pensant le contraire et 41 % « ni meilleur ni moins bon »). Mais, surtout, ce score monte à 27 % et Zemmour passe devant Marine Le Pen quand on pose la question aux seuls sympathisants de droite.

Certes, les sondages doivent être pris avec précaution, surtout dans le cas d’une candidature non déclarée et quand ils portent sur les souhaits des Français. Et plusieurs commentateurs se sont empressés de les relativiser, comme Jérôme Fourquet, dans Valeurs actuelles : « Ce potentiel n’est ni négligeable ni sensationnel. Si on le compare à celui d’autres outsiders qui pourraient émerger depuis l’extérieur du paysage , il se situe au même niveau que (13 %), un peu plus haut que (9 %) et singulièrement plus bas que (le général) de Villiers (20 %). » On comprend, par ailleurs, que beaucoup, pariant sur un duel Macron-Le Pen incontournable, aient intérêt, des deux côtés, à ne pas voir d’autres têtes dépasser.

Mais cette première salve d’enquêtes sur la candidature Zemmour montre que l’hypothèse est loin d’être anecdotique pour les Français et qu’elle est même considérée de près, et désirée, par une frange importante de l’électorat de droite qui la trouve meilleure que celle de Marine Le Pen. D’ailleurs, à côté de ces chiffres encourageants, Éric Zemmour y puisera d’autres motifs de satisfaction. En effet, le sondage IFOP indique que seulement 13 % des Français ignorent qui est Éric Zemmour, et l’on sait que, pour toute élection, la notoriété est le premier facteur pour un éventuel succès.

Jean-Yves Le Gallou, dans un tweet, a souligné ce chiffre : « Dans ce sondage, le chiffre le plus important est le suivant : seulement 13 % disent ne pas connaitre @ZemmourEric, cela signifie qu’il est suffisamment connu pour entrer dans la course. Une fois dans la course, il peut pulvériser – question de niveau – et #MLP et #Bertrand. »

Il mettait aussi le doigt sur la « triangulation » d’une candidature Zemmour : dangereuse pour Marine Le Pen, mais aussi pour les qui se cherchent un candidat et pour Macron, dont la stratégie repose sur l’inéluctabilité de son duel avec Marine Le Pen. Incontestablement, Éric Zemmour peut compter sur un noyau dur de partisans déterminés, mais si sa candidature venait à se concrétiser, sur une coalition d’adversaires qui ne le seraient pas moins.

21 février 2021

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