C’est au hasard d’une navigation LinkedIn que nous découvrîmes cette pépite digne des meilleurs films d’anticipation : un médecin, le docteur Ghassan Fayad, généraliste dans le Gard, a publié cette capture d’écran d’un mail envoyé à l’une de ses patientes : « Allez-vous reprendre votre activité salariale ou non ? Allez-vous faire une concernant cette grossesse ? Lors de notre entretien d’embauche, nous avions discuté de cette situation je vous ferai remarquer que celle-ci était mal venue. Je vous prie de faire le nécessaire afin d’y remédier. »

La diffusion de ce tweet par notre journaliste a provoqué une réaction en chaîne, plus de 600 retweets et plus de 800 « J’aime », la quasi-totalité des commentaires étaient évidemment outrés. Parmi eux, certaines féministes n’ont pas manqué de viser ce patron, sans doute un homme blanc cisgenre et hétérosexuel. Sauf qu’il s’agissait d’une femme.
Contacté par LCI, le médecin a certifié de la véracité de ce mail et attesté qu’il connaissait bien la femme visée. Puisque LCI a évidemment « fact-checké » notre information, nous en profitons pour les remercier.

D’autres internautes ont également témoigné de pressions entrepreneuriales sur le même sujet. Ainsi Christophe :
« On a un problème en France avec la parentalité et du travail. Sur mon précédent poste au siège d’un grand groupe banque/assurance ma n+1 a tenté de me refuser un congé paternité de 11 jours au motif que ma femme était à la maison et pouvait s’occuper des enfants… »

Reste à préciser que ce mail est évidemment illégal, comme stipulé dans l’article L1132-1 du Code du travail ci-dessous :
« Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de nomination ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l’article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l’article L. 3221-3, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son de genre, de son âge, de sa situation de ou de sa grossesse. »

Cette polémique est toutefois révélatrice : le nouveau monde ne tolère aucun écart vis-à-vis de la sacro-sainte entreprise. Mais rassurez-vous, Mesdames, vous pourrez bientôt congeler vos ovocytes afin de « différer vos projets de parentalité », comme ils disent dans leur jargon. Pour paraphraser une dernière fois notre journaliste : « Ce nouveau monde disruptif, gardez-le ! »

19 novembre 2019

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