[SANTÉ] Haro sur les arrêts de travail
Dans la « chasse au gaspi » des dépenses sociales, l’assurance maladie vient de « mettre sous observation » cinq cents médecins, sommés de réduire leurs prescriptions d’arrêts de travail de 20 à 30 %, et ciblés parce qu’ils « prescrivent au minimum le double d’arrêts de travail par rapport à leurs confrères, à caractéristiques identiques ».
Cinq cents médecins « suspects »
C’est un bel exemple d’administration confiant à des machines l’appréciation de comportements humains : il suffit, en fait, d’une demi-douzaine de patients très lourds en arrêt prolongé pour faire jaillir de l’ordinateur un médecin « suspect ». Lequel est peut-être seulement en attente d’un avis spécialisé (on en connaît les délais de rendez-vous) ou de celui du médecin du travail (une espèce par ailleurs en voie de disparition).
Si le médecin mis sous observation reste « déviant », la Sécu sort le grand jeu de la MSAP (mise sous accord préalable) : tout arrêt de travail devra être préalablement approuvé par un médecin conseil. Une procédure par ailleurs aimablement proposée comme sauvetage aux praticiens qui ont du mal à résister aux exigences de certains patients, modèle Stallone jeune, quand ils commencent à taper sur leur bureau...
En réalité, les marchands d’arrêt de travail qui sévissent inévitablement ici et là sont aussi connus de la Sécu que des syndicats médicaux locaux, mais comme pour la poignée de chauffards, leur répression passe d’abord par celle de tout le monde.
À ce sujet — [SANTÉ] La santé mentale des jeunes se dégrade
Pire : le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie reconnaît que « les fraudes aux indemnités journalières ont fortement progressé, ces dernières années, essentiellement en rapport avec la multiplication de faux documents et d’usurpation d’identité des prescripteurs ». Les médecins n’y sont donc pour pas grand-chose, et depuis le 1er septembre, les arrêts de travail « papier » doivent être faits sur un formulaire CERFA sécurisé comme un billet de banque : papier différent, étiquette holographique, encre magnétique, etc.
L’avenir dira si, malgré la hausse de la souffrance au travail et la dégradation de la santé mentale des Français, ces mesures stabiliseront le coût des indemnités journalières.
Instaurer trois jours de carence : un vieux serpent de mer
Dans ce même but, et par la voix du député de la Somme Jean-Philippe Tanguy, le RN a son idée, à vrai dire pas très nouvelle : l’instauration d’un délai de carence de trois jours pour les fonctionnaires. C’est un vieux tango inauguré par Nicolas Sarkozy en 2012 et réduisant « fortement », selon l’INSEE, les absences pour raisons de santé de deux jours, mais abrogé par François Hollande, puis rétabli par Emmanuel Macron, mais à un jour seulement...
C’est, en effet, un mystère statistique que les plus hautes sommités médicales ne sont pas arrivées à percer : pourquoi l’entrée dans la fonction publique rend-elle plus sensible aux maladies ?
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29 commentaires
L’avantage quand on est sénateur ou député c’est qu’on peut s’arrêter quand bon nous semble, càd tout le temps pour certains, sans avoir à fournir le moindre justificatif tout en conservant l’intégralité de son salaire.
Ce coup de projecteur sur les arrêts abusifs est comme d’habitude l’arbre qui cache la forêt du détournement massif de l’argent des Français. En ce moment, par exemple, on donne beaucoup pour l’Ukraine et pour les 5% réclamés par Trump sans aucun retour dans les 2 cas ; sans oublier toutes les gabegies habituelles : AME, majeurs isolés, comités Théodule, haute fonction publique, corruption en tout genre, évasion fiscale, liste pas du tout exhaustive.
Et que dire des députés qui s’embarquent pour Gaza, en « séchant » les réunions l’assemblée nationale tout en continuant de toucher les 7493,30 euros brut mensuel plus les indemnité de résidence (174,60 euros) et l’indemnité de fonction (1498,66 euros) ce à quoi s’ajoute 5373 €, qui est l’avance de frais de mandat . Elle pas belle la vie pour les équipiers de la croisière s’amuse ?
« pourquoi l’entrée dans la fonction publique rend-elle plus sensible aux maladies ? » Inversion des propositions. C’est la sensibilité aux maladies qui vous pousse vers la fonction publique.
MDR
Des arrêts de travail abusifs, il y en a toujours eu. Je me rappelle 3 médecins dans les Ardennes, dont c’était la réputation. Mais ces arrêts de travail étaient tout à fait mineurs. Cessez donc d’attaquer les médecins qui font jusqu’à 70 heures par semaine. Si ces arrêts sont en augmentation, peut-être faudrait-il en chercher la cause ailleurs que dans le cabinet médical. Au fait, la Sécu pourrait-elle s’occuper des retraités centenaires des pays du Maghreb, par exemple. Moi qui vis à l’étranger, je dois fournir chaque année une attestation d’existence. En est-il de même en Algérie et ailleurs???
C’est si vrai !
Il me semble que les abus viennent davantage des demandeurs qu’il faut pénaliser .Par contre sont également pénalisables les médecins qui en abusent mais là les pouvoirs auront ils le courage de le décider?
Le Docteur Hanlet fait preuve d’une indulgence un peu trop appuyée envers ses confrères. On est toujours plus magnanime avec les siens…
Certains Bretons prétendent que le nombre des arrêts de travail pour cause médicale augmenterait très significativement lors des grandes marées, afin de favoriser la pêche aux ormeaux sur l’estran. L’ormeau est en effet un coquillage très apprécié sur les côtes armoricaines, et qui se revend à des prix élevés. Normal ?
Il en va de même tout les automnes à Sète quand les grosses dorades sortent de l’étang de Thau pour rejoindre la mer.
Je ne doute pas que certains fonctionnaires, sans doute pas les plus surchargés, fassent des allergies fréquentes à leur travail. Mais nous avons tous des histoires concernant majoritairement les « jeunes générations » fatiguées à l’idée d’aller travailler et connaissant un médecin généraliste complaisant devant le mal-être de ses patients. Car, sans mettre en doute des conditions de travail qui ne s’améliorent pas toujours, il y a surtout une approche du travail, une mentalité générale, qui ne pousse pas les gens à travailler. Donc, passé les 3 jours de carence, c’est mieux de toucher 50% de son salaire en restant chez soi que de toucher le RSA … pour rester chez soi.
J’ai toujours été surpris par la phraséologie de certains qui disaient : »Je vais au toubib pour ME FAIRE ARRETER ! » Preuve que certains médecins font ce que leur demandent leur patient-client.
Variante : « As-tu pris tes arrêts maladie? »
Il y a sûrement un réel abus d’arrêt de travail. Logiquement les médecins fautifs qui sont » connus de la sécu et des syndicats » sont parmi les 500 et le contrôle va dans le bon sens.
Il y a surtout un abus de demande de confort des patients, par exemple de patients enrhumé fatigué qui préfère rester à la maison plutôt qu’aller travailler. De même il y a un abus de « bons de transport » pour se faire rembourser des ambulances en réalité pas du tout indispensables. Le médecin peut difficilement refuser au patient, une discussion rallonge le délai de la consultation.
Les jours de carence sont une mesure simple qui permet au patient de peser le poids social de son absentéisme. Sinon, a la moindre fatigue, pourquoi ne pas essayer de faire prescrire un arrêt de travail ? De même pour les transports sanitaires, il devrait y avoir systématiquement un reste à charge, sinon pourquoi payer un ticket de bus et/ou demander à son entourage une aide, alors qu’ on peut avoir une ambulance totalement » gratuite ». Combien de patients voyagent en ambulance, alors qu’un taxi suffirait, simplement car ils ont plus de mal à se faire rembourser le taxi ?
Bientôt un contrôle de 50 ambulanciers pour voir s’ils ne font pas en réalité plus un travail de taxi mais facturé comme une ambulance alors qu’il n’y a pas de nécessité de brancardage..?
Certes il y avait de l’abus
La justification « maladie » d’un arrêt de travail peut toujours être vérifiée (et donc être contestée par l’employeur. Il y a des procédure pour cela. Mais de façon surprenante il n’y a jamais de contrôle demandé par une administration … sans doute parceque l’addiction des fonctionnaire à leur travail les rend malades !
1jour de carence quelque soit le motif de l’arrêt de travail, ma fille a subi le remplacement des cristallins de ses yeux en ambulatoire à une semaine d’intervalle . Elle a posé deux fois un jour de congés et du télétravail pendant 48h à la suite pour ne pas perdre 2 fois un jour de salaire ! C’est abusé . Dès qu’il y a hospitalisation il ne devrait pas y avoir de carence !!
Dans le privé, de nombreuses conventions collectives prévoient le paiement des 3 jours de carence par l’employeur ( métallurgie par exemple)
Le fond de commerce des arrêts de travail est tenu par les psychiatres, pas par les généralistes, mais là, pas touche.
Le délai de carence s’applique aussi bien au patients consultant un psy qu’ un généraliste.
Comment raconter ces choses sans montrer du doigt le médecin responsable ? L’honnêteté y oblige, la déontologie nous l’interdit : entre les deux il faut trouver l’équilibre donc le Docteur Hanlet donne un diagnostic teinté d’indulgence même s’il dénonce la pratique. Bel exercice !
Bientôt votre médecin vous dira : » Pas de chance, votre état de santé nécessite un arrêt de travail, mais l’IA de l’assurance maladie me dit que j’ai atteint mon quota !
Dommage que vous n’ayez pas l’AME… «
Il pourra dire aussi, « il y a des contrôles, je risque des sanctions pour arrêt abusif si je vous fais l arrêt de travail que vous me demandez alors que moi même il ne me paraît pas nécessaire » .
pourquoi l’entrée dans la fonction publique rend-elle plus sensible aux maladies ?
Pourquoi ce sont toujours les hauts fonctionnaires et autres directeurs de services qui récoltent les lauriers et les avancements de salaires qui vont avec pendant que les catégories Cou B rament pour finir les fins de mois et ne sont jamais récompensés ou très rarement ?
Pourquoi donnent on de plus en plus de responsabilités aux fonctionnaires en bas de l’échelle et qui doivent supporter l’insécurité ambiante ?
Au bout d’un moment les fonctionnaires pétent les plombs et ne sont plus en mesure d’assurer leur service soit par peur ou crainte soit par non reconnaissance de leur travail en espèces sonnantes et trébuchantes
Sans parler des nombreux changements un coup c’est blanc le lendemain c’est bleu et le surlendemain c’est rouge aucune anticipation aucune explication aucune concertation
Ancien fonctionnaire A+, je confirme en partie, il m’arrivait souvent de déclarer lors de réunion: « il n’y a pas que de mauvais executants, il y a aussi des mauvais chefs » ! Ca ne plaisait pas forcément, mais au moins c’était dit
ET « une fois que c’était dit », qu’est ce qui se passait ? … RIEN ! …
Bruno LEMAIRE a dit une seule chose de vraie durant son « mandat » : « les cloportes sont nombreux dans tous les moindres recoins des « ors de l’Etat profond » ! …
Alignement des « personnels publics administratifs » sur les règles du « Privé » … ET particulièrement tous ceux qui nous coûtent un pognon de dingue ! …
A commencer par les « délais de carence » au sujet des arrêts de travail ! …
Ancien salarié du privé (15 ans de commercial) et fonctionnaire territoriale categorie C depuis bientôt 4 ans je vous assure que l’avantage n’est pas a la fonction publique ! L’efficacité et l’investissement au travail ne vous rapporte rien si ce n’est une satisfaction personnel mais pas facile de garder le moral quand vous êtes payé au smic qu’on avait pas de couverture mutuelle quand vous retire de l’argent au moindre prétexte alors que dans le privé vous êtes largement mieux protégé. À croire que la fonction publique ne veut pas attirer les personnes compétentes ou talentueuse sur des postes d’essentiel.
Pourquoi, au dos d’une plaquette d’un rapport ayant nécessité près de 5 mois de travail ( à 2,5 ) figurent en gras les noms du Directeur et de la « chargée de comm », lesquels découvrent le » bébé » au tout dernier moment chez le Ministre, et pas les réelles petites mains – pas forcément catégories C- qui ont bossé, fait les navettes (parfois à pieds) chez l’imprimeur, refait les calculs et les textes, choisi les coloris , le soir ou le WE à domicile ?