Retour d’Arnault avec culot : il rend hommage à Manouchian et « aux antifascistes »

Sur ses réseaux, le député du Vaucluse tente un parallèle si culotté qu'il en est grossier.
@Claire Jacquin-Wikimedia commons
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Raphaël Arnault a donc fait son retour la semaine dernière, à l’Assemblée nationale, « l’air un peu penaud et ayant visiblement ravalé sa morgue », rapportait George Michel : fermez le ban, passez votre chemin, il n’y plus rien à voir. D'ailleurs, comme le disait Moscovici, « on ne va pas en faire un fromage ! » Mais c’était il y a une semaine et Raphaël Arnault a déjà ravalé air penaud, mine contrite et profil bas de bon aloi. Sur ses réseaux sociaux, le 7 avril, le député LFI de Vaucluse, toute honte bue, se vantait d’avoir « déposé une gerbe de fleurs sur la stèle de Missak Manouchian et de ses camarades antifascistes à Avignon », parce que « se souvenir de leur combat, ce n’est pas seulement honorer le passé. C’est interroger le présent. »

Un parallèle hasardeux et sans subtilité

Ainsi, se désolant de n’avoir pu lui rendre hommage le jour anniversaire de son fusillement le 21 février dernier (on se demande bien pourquoi, d'ailleurs), le député LFI et cofondateur de la Jeune Garde explique avoir tenu à déposer, ce 7 avril, « une gerbe de fleurs sur la stèle de Missak Manouchian et de ses camarades antifascistes des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée) ». Pourquoi pas. Mais personne n’est dupe et son post X a tout d’une manœuvre sans subtilité pour dresser un parallèle hasardeux entre son mouvement et celui des membres de « » fusillés par les Allemands au mont Valérien.

« Aux antifascistes » la patrie reconnaissante ?

Il faut bien le reconnaître, ce n’est vraiment pas le culot qui manque à Raphaël Arnault : dans un post X qui compte pas moins de dix épisodes, qu'il a fermés aux commentaires des internautes sur X, le voilà qui développe non pas le « […] fusillement, dans les circonstances que vous connaissez », de ces résistants communiste, mais explique que « leur mémoire nous oblige. Car ceux que nous honorons aujourd’hui comme des héros, certains jusqu’à reposer au Panthéon, furent, en leur temps, rejetés, calomniés, désignés comme des ennemis de l’intérieur. » L’allusion est tellement grosse qu’il faudrait être aveugle pour ne pas la voir. D’ailleurs, pour ceux qui auraient oublié de chausser leurs lunettes, les photos accompagnant le post sont tout aussi éloquentes : face au buste de Manouchian se dresse Arnault, presque à hauteur de regard, et tous deux se font face, semblent se tancer. S’il persistait encore un dernier doute, la photo qui clôt le post finit de convaincre le dernier des incrédules : sur ladite gerbe de fleurs, un bandeau tricolore est siglé « aux antifascistes ». D’habitude, l’hommage est rendu « Aux camarades, résistantes et résistants », ou bien c’est le PCF qui se met à l’honneur pour honorer le résistant panthéonisé en 2024, mais manifestement, Raphaël Arnault avait un message à faire passer.

Numéro de culot et leçon de morale

C’est qu’il faut le voir pour le croire, mais « leur mémoire [qui] nous oblige », Raphaël Arnault la développe à sa sauce : « Ils furent abandonnés par beaucoup, y compris par une partie de celles et ceux qui auraient dû reconnaître en eux des alliés naturels », explique le député LFI, « une large partie de la presse, inféodée aux puissances d’argent et acquise aux idées d’extrême droite, déployait contre eux une violence inouïe. On accusait les antifascistes d’être des "terroristes", des "criminels" », ajoute-t-il encore. En prêtant au cofondateur de la Jeune Garde des intentions coupables, on verrait presque dans cette dernière phrase une tentative de victimisation, mais gardons-nous des procès d’intention. D’ailleurs, plutôt que de commencer son tweet par un avertissement comme « toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite », Raphaël Arnault le clôt par cette morale : « Se souvenir de leur combat, ce n’est pas seulement honorer le passé. C’est interroger le présent. Car à chaque moment de bascule, lorsque tout vacille, rares sont celles et ceux qui demeurent fidèles à leurs principes. Les autres hésitent, se taisent ou se trompent d’adversaire. L’Histoire, elle, finit toujours par juger. » Fini, l’imparfait de circonstance ; voici le présent de vérité générale : ce n'est pas qu'un numéro de culot que nous livre Arnault, c'est aussi une leçon de morale.

Alors, faut-il lui laisser le bénéfice du doute et n’y voir que l’hommage innocent et gratuit d’un député français soucieux de son devoir de mémoire ? On aurait pu, si les allusions avaient été plus subtiles, si le parallèle avait été moins grossier, si choisir de mettre en scène cet hommage plus d’un mois après la commémoration officielle avait pu passer pour fortuit, mais manifestement, Arnault compte bien faire tout un fromage - pour reprendre l'expression du très onctueux Pierre Moscovici - de son retour à l'Assemblée nationale.

Vos commentaires

36 commentaires

  1. C’est bien ce que je dis, il faut un minimum d’étude pour être député. Raphaël Arnault s’est planté magistralement dans ses études à la fac et a fini AED. Il est très loin de la moyenne nationale au niveau du QI, il est très loin de comprendre ce qu’il fait et des conséquences de ses actes. Ce mec est tout simplement incompétent et idiot, sa vie le prouve…niveau de réflexion zéro mais chez LFI c’est la poubelle de la politique!

  2. Un fiché S ne devrait jamais être député ! Alors son opinion sur « les hommes de l’affiche rouge » il peut la garder pour lui. Il pense sans doute être à leur niveau parce qu’il est « anti-facist », qu’il redescende sur terre, il ne l’a pas.

  3. Raphaël Arnault croit fermement qu’il est un résistant pour la bonne cause et c’est ce qui le rend dangereux.

  4. Pourquoi persister à l’appeler Arnault qui n’est qu’un pseudo alors que son nom est Archenault , le mentionner par son vrai nom , mettrait en rage le parti dont il est issu .

Commentaires fermés.

Quentin Deranque - que s'est-il vraiment passé ?

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