Editoriaux - Social - Société - Tribune - 1 décembre 2019

Réforme des retraites : quel serait le bon système ?

tirelire épargne

Je pense ce problème insoluble si on l’aborde de façon globale pour une raison toute simple : la retraite, c’est une question individuelle et non une question collective. Autant il est vrai que la santé, l’éducation, la justice, la défense, la sécurité sont des affaires collectives car elles concernent l’ensemble de la population (et à cet égard, il faut noter l’excellence du modèle français), autant je considère que vouloir traiter « la retraite » de façon globale est impossible.

Qu’y a-t-il de commun entre la vie professionnelle d’un ouvrier du bâtiment et celle d’un employé de préfecture ? Rien, évidemment.

Comment régler de façon unique une très grande diversité de professions, de carrières, d’espérances de vie, voire de choix personnels (vie de cigale ou vie de fourmi) ?

Comment faire fi de « régimes spéciaux » parfois chèrement acquis aux prix de « luttes sociales » alors que c’est typiquement un faux problème puisque le combat va vite cesser faute de combattants ? Chacun constate que le monde ouvrier n’existe pratiquement plus, que les conducteurs de métro seront bientôt remplacés par des robots tout comme les cheminots, les postiers et même les agriculteurs…

Nous vivons, en France, dans un pays bourré de contradictions. Alors que le libéralisme économique effréné est un choix idéologique clairement exprimé, jamais on n’aura connu un État interférant autant dans la vie privée : interdiction de fumer, de boire, de conduire trop vite, de draguer, de se moquer des…, de forer un puits dans son jardin, de manger trop de viande, réglementations et normes en tous genres… et un État qui n’hésite pas à « cogner dur », ainsi que le démontre le traitement des manifestations des gilets jaunes. Au passage, j’ai une pensée pour ce brave type qui a reçu une grenade dans l’œil…

Et la retraite, dans tout cela ?

D’abord, je considère qu’effectivement, la solidarité nationale doit jouer à plein et qu’il est hors de question de laisser au bord du caniveau celles ou ceux qui n’ont plus rien en raison d’accidents de la vie : c’est la raison d’être du « minimum vieillesse ».

Pour le reste, je pense qu’il serait plus efficace de supprimer purement et simplement toutes ces usines à gaz que sont les caisses de retraite. Ces organismes ont un coût de fonctionnement extrêmement élevé et une efficacité plus que douteuse – le cas du RSI est particulièrement révélateur. Laissons chacun « se débrouiller » à la préparation de sa retraite sans lui faire miroiter des chimères !

Savez-vous qu’un salaire de 1.800 euros par mois (hors allègement Fillon) génère 3.300 euros annuels de cotisations pour le régime général et 1.700 euros pour le régime complémentaire, soit au total 5.000 euros qui, placés à 1 % durant 40 ans, permettraient de constituer un capital de 244.000 euros, soit 1.355 euros de retraite par mois pendant 15 ans. Le système par capitalisation est donc avantageux !

Alors, supprimons toutes ces « cotisations obligatoires » qui sont, in fine, un racket et font croire à tous les braves gens que c’est pour leur bien et pour leur assurer une retraite décente : c’est un mensonge.

D’ailleurs, on notera que les établissements financiers proposent toute une série de produits d’épargne retraite permettant d’améliorer l’ordinaire. Le problème, c’est qu’il faut avoir suffisamment de revenus pour pouvoir se payer ces « surcotisations » et ces produits d’épargne ne profitent qu’aux riches, qui deviennent ainsi de plus en plus riches… Et on ose nous parler de solidarité.

Non, décidément, un bon petit système tout simple fondé sur la responsabilisation de chaque individu à se constituer son pécule, son bas de laine planqué sous le lit conjugal, assorti d’un minimum vieillesse décent, ce serait bien plus efficace. Et libre à chacun de mener une vie de cigale ou une vie de fourmi en toute connaissance de cause. Ce n’est pas cela, la liberté que d’être maître de l’organisation de sa vie, et donc de sa fin de vie ?

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