Difficile de se le cacher : le respect du confinement saison 2 laisse à désirer. Certes, les possibilités de dérogation sont plus nombreuses qu’en mars dernier, mais il apparaît que beaucoup d’entre nous en jouent subtilement pour multiplier les sorties.

À cela, deux raisons au moins. La première est le ras-le-bol d’une situation qui occupe tout l’espace médiatique depuis bientôt un an. Covid-19 matin, midi et soir, matraquage tous azimuts, décompte des malades, décompte des morts, injonctions, interdictions, dérogations, couvre-feu, reconfinement… Branchée en continu et victime de surchauffe, la machine à fabriquer de la a fini par s’enrayer. Ça ne prend plus ! Ou ça prend mal. Trop pour certains et pas assez pour d’autres…

La deuxième raison, c’est l’incohérence de tout cela. Le sentiment général est qu’on nous prend pour des abrutis, voire que nous sommes dirigés par des abrutis. Ce n’est pas le cas. Nous sommes dirigés par des politiques « pétés de trouille », comme on dit vulgairement, ce qui revient à peu près au même. Entre un ministre de la Santé qui explose en pleine Assemblée nationale, un porte-parole du gouvernement qui annonce le vrai-faux retour du couvre-feu, un Conseil scientifique qui prétend gouverner le pays et des sommités cacochymes qui s’entre-déchirent, le Français navigue à la godille.

Alors oui, les images sont parlantes : ça circule à pied, à cheval et en voiture. En transport en commun aussi. « Routes, transports, trottoirs, commerces : les Français sont pour beaucoup dans la rue, considérant parfois les trois attestations disponibles comme autant de façons d’outrepasser les règles », nous dit Le Figaro. La preuve : « 150 kilomètres de bouchons détectés lundi 2 novembre à l’heure de pointe (entre 7 h 30 et 8 h 30) contre seulement 5 km le 17 mars dernier. Rebelote le 3 novembre, où les bouchons ont culminé à 160 km dans la région parisienne, nous a indiqué l’organisme [Sytadin], dépendant de la Direction des routes d’Île-de-France (DiRIF). »

Mais comment réagir autrement ? Comment obtempérer quand la déraison est au pouvoir ? Car, enfin, quelle logique y a-t-il dans les mesures qui se succèdent, quelle finalité dans cette valse folle où l’on cherche, en vain, un peu de cohérence ?

Les exemples abondent qui nous font tourner en bourrique. Ainsi cette femme, interrogée ce jeudi matin sur RTL, et qui relève : « Alors je ne peux pas m’acheter une culotte mais je peux me bourrer la gueule (sic), acheter dix bouteilles si je le veux ! » Quels risques courent les baigneurs de l’automne, ceux qui chassent en mer ou font de la planche à voile ? Le virus ne vient pas des fonds marins et le sport est le meilleur allié de l’immunité. Pourquoi contraindre, alors, les sorties sportives à une heure et les limiter à un kilomètre, quand on peut en faire dix pour aller au supermarché ? Un homme au technique depuis le mois de mars se confie au Figaro : « Je comprends le confinement, dit-il, mais l’épidémie m’a pris mon travail, elle ne me prendra pas le sport. Sinon je vais craquer. » Tout comme cette dame de 75 ans qui coche la case « assistance aux personnes vulnérables » pour aller jouer au triomino avec ses amies : « Je n’ai vu personne au printemps. Ce coronavirus va durer, je ne vais quand même pas finir ma vie seule ! », dit-elle.

Je connais une femme de 105 ans, en pleine forme physique mais qui est en train de mourir de tristesse et de solitude. De nouveau, la voilà prisonnière de sa chambre en EHPAD. Sans visites ni sollicitations, elle commence à se laisser glisser, ne comprend plus qui sont ces gens qui entrent dans sa chambre en combinaison blanche. Elle a peur, et personne pour la rassurer.

5 novembre 2020

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