Editoriaux - Politique - 14 juillet 2019

Querelle de homard et avis de tempête !

En ce jour de notre fête nationale, un sentiment de plus en plus prégnant saisit les Français de tout bord :« Ça va mal se terminer ! »

Sur le plan intérieur, l’affaire des homards discrédite encore un peu plus le gouvernement et les politiques dans leur ensemble, dans un amalgame où tout se mêle, l’opinion publique se laissant piloter par quelques gourous médiatiques qui mènent la danse.

Il est vrai que les homards représentent une certaine justice immanente, une sorte de boomerang pour les utilisateurs de la lessive qui lave plus blanc que blanc.

Un proverbe hindou dit à juste titre : « Suis celui qui cherche la vérité, fuis celui qui l’a trouvée. » En l’occurrence, il suffit de substituer « la vertu » à « la vérité » pour comprendre qu’il est toujours prudent de garder une certaine distance vis-à-vis des donneurs de leçons en tout genre !

Ce gouvernement ne fait pas exception, il restera marqué par cette affaire dans laquelle le principal intéressé a immolé en une sentence expiatoire sa directrice de cabinet pour tenter de calmer les Atrides qui réclament du sang !

En tout état de cause, les homards auront leur vengeance et vont peser sur l’estomac de l’ancien locataire de l’hôtel de Lassay et de ses convives…

Mais au-delà des vicissitudes ministérielles – la République en a connu bien d’autres, et elle résistera à la chute d’un ministre -, les Français regardent avec anxiété et colère la montée des communautarismes qui ruinent l’unité nationale et son identité culturelle.

L’enthousiasme des Algériens, voire Franco-Algériens, qui prennent le haut du pavé en cassant des boutiques sur les Champs-Élysées pour exprimer leur fierté nationale algérienne, tout comme ces immigrés clandestins qui envahissent le Panthéon pour exiger d’être régularisés, sont autant de faits très graves qui démontrent la faiblesse du gouvernement et de l’État, incapables de faire respecter l’ordre public.

L’indigène, c’est-à-dire le Français, se demande s’il est encore en France ou dans une terra incognita sans identité, sans histoire et sans gouvernement…

Ces événements éclairent avec réalisme et vérité les propos de Gérard Collomb, qui prédit les affrontements à venir si le laxisme et le manque d’autorité se poursuivent !

Il ne suffit pas de proclamer, avec des effets de manche, que ces manifestations sont inacceptables, comme le fait le ministre de l’Intérieur, il faut des sanctions fermes et des expulsions !

Sur le plan international, les tensions dans le détroit d’Ormuz sont plus que sérieuses et peuvent dégénérer rapidement entre l’Iran et les États-Unis.

Donald Trump, en imposant de nouvelles sanctions à l’Iran, met en péril l’économie iranienne et renforce le camp des conservateurs à Téhéran, qui prennent des décisions de fuite en avant.

La France essaie de jouer les médiateurs, elle a raison et elle a dépêché l’ambassadeur Emmanuel Bonne en Iran ; c’est un minimum – un ministre aurait plus de poids et de prestige auprès des Iraniens.

Mais la France doit aller plus loin et dénoncer fermement les sanctions extraterritoriales des Américains, parfaitement contraires au droit international, au besoin en prenant des contre-mesures à l’encontre des intérêts américains pour défendre les entreprises françaises et ramener Washington à la raison !

La France doit dire clairement que toute action militaire risque, à tous les coups, de renforcer le chaos dans la région, déjà mise à mal par la politique désastreuse de Washington et de ses alliés.

La France doit agir en totale indépendance et se départir des bellicistes régionaux.

L’ambiance, malgré la chaleur de l’été, n’est pas au beau temps politique et diplomatique ; certes, le pire n’est jamais certain…

Un proverbe chinois nous donne peut-être une voie à suivre : « Quand tout va mal, regarde dans le miroir. » Il y a certainement des miroirs à offrir, au Proche et Moyen-Orient et outre-Atlantique !

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