Editoriaux - Politique - 14 juillet 2019

Immigration : on invoque les droits de l’Homme, mais on oublie ceux du Citoyen

En ce 14 juillet, jour de fête nationale, un mot vient au lèvres : « fierté ». Fierté nationale, bien sûr, qu’on doit ressentir aujourd’hui, par exemple en regardant l’habituel défilé sur les Champs-Élysées.

En revanche, les Champs-Élysées (la plus belle avenue du monde, dit-on) éveillent-ils encore un sentiment de fierté sans partage ? Depuis l’année dernière, ils sont, au contraire, devenus à plusieurs reprises le lieu d’expression de nos échecs, le rendez-vous de nos contradictions, notamment celles qui opposent les priorités des discours officiels à la réalité de notre pays et à ses exigences, le terrain de protestation préféré, même lorsque celle-ci prend l’apparence de la fête. Le saccage de l’Arc de Triomphe, le vandalisme subi par les magasins de luxe ou les banques ont eu un retentissement dans le monde entier. Surtout, ils faisaient apparaître la rupture entre deux et peut-être trois France : celle qui vit bien la mondialisation, celle qui en souffre et qui, en gilets jaunes, manifestait sur le territoire symbolique de la première, et puis celle qui est à l’affût de tout désordre pour casser et pour piller. Mesure-t-on à quel point les gentils rassemblements contre le réchauffement climatique et la priorité accordée dans les discours présidentiels à cette question, heureusement marginale en France, cachent les véritables priorités ?

Parmi celles-ci, ce sont encore les Champs-Élysées qui en ont souligné récemment la plus urgente : l’immigration. Non seulement celle-ci est excessive et depuis fort longtemps, mais encore elle n’est pas contrôlée et limitée à d’éventuels besoins économiques : elle prospère par le regroupement familial et le maintien sur le territoire de clandestins, elle est facilitée par la générosité du droit d’asile et l’accompagnement social excessif, comme l’aide médicale d’État. Enfin, l’assimilation des étrangers ne fonctionne plus. On fabrique des Français de papiers qui ont souvent une autre nationalité et n’éprouvent manifestement pas le sentiment d’une appartenance à la nation française. Les débordements qui se sont produits après la victoire de l’équipe de football algérienne sont un signe inquiétant de l’échec de notre politique d’immigration. Ils ne doivent pas être minimisés car ils rappellent le match interrompu entre les deux équipes française et algérienne en 2002 : « Marseillaise » sifflée, pelouse envahie par les supporters algériens, dont beaucoup possédaient sans doute la « double nationalité ». Un journal commentait, à l’époque, en écrivant que la France n’avait pas réglé le problème de ses banlieues, comme si la question était sociale et la France responsable de la mauvaise réponse. Non, c’est la politique d’immigration suicidaire qui est la cause de cette difficulté. Tout vient de la confusion entre la résidence et la citoyenneté. La France est devenue un terrain vague sur lequel il suffit de se trouver pour se croire les mêmes droits que les nationaux. On invoque les droits de l’Homme, mais en oubliant que notre déclaration évoque les droits de l’Homme et du Citoyen, et que ceux du second l’emportent évidemment sur ceux du premier.

Être citoyen, c’est être membre de la Cité, être solidaire de son destin. L’acquisition automatique de cette dignité, la possibilité d’avoir plusieurs « nationalités », la réduction des avantages du citoyen par rapport à l’étranger, la capacité pour un « double-national » d’être élu, voire ministre, sont absurdes. La politique poursuivie et amplifiée par Macron est absurde. Dans ce domaine plus que dans d’autres, le principe de précaution devrait jouer : peut-on accepter que pèsent dans des élections des choix qui ne reposent pas sur la volonté de servir l’intérêt du pays ? Lorsqu’on va brandir, sur les Champs-Élysées, un autre drapeau que le nôtre, qu’on se livre à une démonstration de force et à des débordements, il y a derrière ces comportements la même intention provocatrice. Mais c’est un autre lieu de notre fierté nationale, le Panthéon, que des clandestins ont osé occuper pour revendiquer des droits, alors même que ces droits devraient être suspendus à un seul : le droit d’être présents sur le territoire français… qu’ils n’ont pas.

En ce jour de fête nationale, il faut plus que jamais affirmer que l’identité nationale est indissociable de la citoyenneté et que notre pays est en train de voir disparaître l’une et l’autre !

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