Economie - Editoriaux - Education - 4 septembre 2019

Quels métiers juteux pour nos enfants ?

Trop d’étudiants s’engagent dans une formation parce que la matière étudiée leur plaît sans se soucier du métier qu’ils pourraient exercer plus tard. Il existe, en effet, nombre de master 2 et de doctorats sans nul doute passionnants, mais qui ne proposent que l’enseignement de la matière comme unique débouché.

D’autres jeunes sont attirés par les lumières de la scène : ils s’inscrivent dans des écoles de comédie, de musique ou de danse alors que très peu d’entre eux pourront vivre de leur art, surtout s’ils n’appartiennent pas à des familles d’artistes.

Ce refus de prendre en compte les débouchés d’une filière est entretenu par cette constatation juste, mais trompeuse : fin 2018, le chômage des jeunes actifs était d’environ 19 %, contre 8,8 % pour l’ensemble de la population : effrayant !

Certains jeunes en tirent cette conclusion dangereuse : puisque les études ne garantissent pas un emploi, autant se faire plaisir et suivre une formation enrichissante pour l’esprit mais sans débouchés. Certes, 450.000 étudiants obtiennent chaque année un bac+5 (qui, en principe, devraient tous décrocher des postes à responsabilités) alors qu’on n’engage, chaque année, que 125.000 cadres juniors et un peu moins de 30.000 enseignants (dont les rémunérations, en début de carrière, sont à peine au-dessus du SMIC pour 3.000 euros mensuels à la retraite). 60 % des bacs+5 seront donc des déclassés, ce qui crée un malaise profond dans la société. Or, toutes les formations ne se valent pas au niveau du salaire moyen d’embauche ou du nombre de postes offerts.

Un bac+5 en sciences humaines est engagé à 19.000 € par an (c’est-à-dire au niveau du SMIC) alors que les nouveaux diplômés des filières technologiques touchent, en moyenne, 32.000 €. Le Figaro a sélectionné sept jobs bien payés et qui recrutent :

– responsable comptable bilingue anglais ; diplôme exigé : master CCA (comptabilité contrôle et audit), expert-comptable DCG ou école de commerce, 55.000 € par an ;

– finance en entreprises en intérim comptable clients ; diplôme exigé : BTS comptabilité et gestion des organisations ou assistant de direction, 30.000 € par an ;

– ressources humaines responsable talents organisation ; diplôme exigé : master 2 ressources humaines, 58.000 € par an ;

– management ressources chef de projet système information des entreprises ; diplôme exigé : école d’ingénieur, master informatique ou ressources humaines, 60.000 € par an ;

– assistanat spécialisé export ; diplôme exigé : bac+2 à bac+5 en commerce international, bilingue apprécié, 30.000 € par an ;

– technologie ingénieur système Linux ; diplôme exigé : école d’ingénieur ou master 2 informatique, 42.000 € par an ;

– digital product owner ; diplôme exigé : école de commerce ou d’ingénieur, 58.000 € par an.

Ce tour d’horizon prouve qu’il n’y a aucune fatalité : les jeunes ne sont pas condamnés au chômage ou à un salaire proche du SMIC. Un étudiant tout à fait moyen peut décrocher, à l’issue de ses études, un emploi intéressant, valorisant et rémunérateur. Il faut juste qu’il s’oriente bien, ce qui constitue le problème de la France. Actuellement, on envoie sur des voies de garage proches du SMIC 66 % des étudiants en sélectionnant les gagnants surtout pas par le mérite mais par l’information ou tout simplement la chance : navrant !

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