Je tairai le nom de la boîte de sucre dont il est question pour ne pas provoquer une monstrueuse fièvre acheteuse. Et aussi pour éviter à Boulevard Voltaire tout procès avec ses concurrents. Je me contenterai donc de retranscrire ses arguments de vente. « Ah, c’est vrai ? Quand on est fier de ses racines, on le dit ! » Eh oui… Fier de ses racines ! Un frémissement amoureux gagne les rangs des sympathisants du Rassemblement national. Oui, ils le veulent, ce sucre enraciné dans notre vieille terre gauloise.

Je lis la suite. « Le sucre XXX est issu de betteraves cultivées en Franc. » Oui, en France ! Des betteraves françaises, entièrement françaises, non métissées. Pas les infâmes betteraves européennes qui poussent chez les Teutons, les Macaronis, les Bataves et les Rosbifs. Et là, le frémissement amoureux se transforme en bourrasque – que dis-je –, en ouragan.

Si on additionne les électeurs de Marine Le Pen, ceux de et une partie des sympathisants des LR, ça en fait, du monde qui va stocker du sucre XXX en prévision de la Troisième Guerre mondiale…

Mais le sucre XXX veut se sucrer encore plus. À sa litanie identitaire, il ajoute donc une louche de bien-pensance visant à capter une clientèle marquée à gauche. On apprend en effet que ces merveilleuses betteraves sont « cultivées par nos coopérateurs ». En voilà, un joli mot comme les bobos les aiment. « Coopérateurs » veut dire, dans le langage bobologique, des petits producteurs dont l’amour est cultivé par la gauche. Pas les détestables betteraviers qui se goinfrent avec des subventions de l’Union européenne.

Mais il y a des bobos plus suspicieux et plus exigeants que d’autres. Ne pas voir sur la boîte de sucre XXX la mention « sans pesticides » les a angoissés au plus haut degré. C’est pourquoi ils ont opté pour le sucre de canne. Pas celui de nos Antilles : il est le fruit de la peine et de la sueur des Noirs abominablement exploités par les planteurs blancs. Ils choisiront la canne à sucre cubaine, garantie anti-impérialiste et anti-Trump.

25 août 2019

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