« Protégeons les filles » : la mystérieuse campagne pro-excision qui fait débat au Mali – et en France
Vous avez peut-être vu passer ces affiches de campagne sur les réseaux sociaux. Réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle et ouvertement provocantes, avec le dessin d’un rasoir accompagné des slogans paradoxaux « Oui à l’excision » et « Protégeons les filles », elles font le tour d’Internet ces derniers jours et suscitent les débats qu’elles semblent précisément chercher à provoquer.
Arborant les visages de plusieurs personnalités maliennes, dont certains imams ou se présentant comme « Dr imam », ces posters semblent promouvoir le maintien de la pratique des mutilations génitales féminines au Mali, au nom de la nécessité de « construire l’avenir » des jeunes filles grâce à la « sensibilisation », à « l’éducation » et à « la mobilisation communautaire ». Une pratique qu’il est difficile d’éviter dans ce pays où « décider de s’en défaire peut revenir à s’exiler socialement », explique au Figaro la directrice régionale du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS), Alissata Ndiaye.
TW excision
Au Mali, des hommes ont initié une campagne « oui à l’excision ». pic.twitter.com/LswanrGsyx
— Collectif des Féministes du Sénégal (@CollFemSn) August 17, 2026
Une campagne en réponse à celle lancée en France ?
Vraie ou fausse campagne en faveur de l’excision ? Accusées par certains sites pro-russes d’être une tentative de déstabilisation du pouvoir malien en place, ces affiches semblent surtout faire écho à une autre campagne, déployée cet été en France par le gouvernement sur un millier d’abribus, pour alerter sur les risques d’excision lors des séjours dans les pays d’origine où cette pratique demeure répandue, notamment pendant les vacances estivales.
« L’excision ne doit jamais faire partie du voyage » : malgré les campagnes de prévention, les vacances au pays restent une menace vitale pour des milliers de jeunes filles. Enquête sur un drame qui ne prend pas de vacances.⬇️ @Valeurs https://t.co/vxHfcu6w1f
— Mathilde Klötgen (@mathildeklotgen) August 19, 2026
Dans le monde, et majoritairement en Afrique noire, pas moins de 230 millions de femmes sont en effet concernées par les mutilations génitales, selon l’Unicef. Et au Mali, qui ne les interdit toujours pas explicitement malgré des campagnes de prévention, elles seraient 89 % à les avoir subies.
Devant ces publications, les associations féministes africaines se sont vite emparées du sujet pour rappeler les dangers de l’excision, mais, à l’image de la popularité de cette pratique rencontrée dans nombre de pays d’Afrique, certains commentaires publiés sous les affiches donnent un aperçu des mentalités qui ne sont pas prêtes à accepter l’abandon de cette tradition culturelle et religieuse. Sur Facebook et Instagram, plusieurs internautes francophones en prennent ainsi la défense :
« Nous ne sommes pas des Occidentaux mécréants mais plutôt des musulmans avec un esprit, une vision et un regard musulman », rétorque ainsi un utilisateur sur Facebook, qui cite plusieurs fatwas pour appuyer son propos, tandis qu’un autre écrit : « L’excision n’est pas une obligation mais le prophète Muhammed ne l’a pas interdite mais plutôt il a enseigné comment faire pour la femme et cela sera bénéfique pour son mari. » Un troisième fait valoir le poids des traditions et des croyances qui « méritent le respect [car] vis-à-vis de l’excision nous devons respecter ce que dit notre religion et notre coutume tout en respectant la santé de nos filles. » Et un autre y voit « un sujet de déconcentration pour nous faire oublier l'essentiel. »

Montage BV.
En France, 139.000 femmes concernées par l'excision
Des réactions qui peuvent sembler éloignées des préoccupations françaises, et pourtant, l’excision est, en France, une réalité en expansion. Près de 139 000 femmes excisées y vivent aujourd’hui, selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de prévention, notamment avant les départs en vacances.
Un constat qui soulève encore chez les élus des interrogations sur l’efficacité de la lutte menée en France. Dans une question au gouvernement déposée en janvier 2025, le député RN René Lioret alertait déjà sur le peu de moyens consacrés à la prévention et demandait à l'Etat des comptes sur l'inefficacité des poursuites contre les familles soupçonnées de complicité. Ce 19 août, le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a d'ailleurs annoncé déposer « une proposition de loi pour que les parents exciseurs ou complices soient IMMÉDIATEMENT déchus de la nationalité françaises et de l’autorité parentale. » En attendant que des décisions politiques efficaces soient prises, le phénomène ne fait que croître. En Île-de-France, il n’y aurait pas moins d’une femme sur dix concernée par l’excision en 2026.
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22 commentaires
Je vous prie par avance de m’excuser mais chacun ses croyances et ses traditions donc chacun chez soit et tout ira pour le mieux.
La protection des fillettes est l’argument de certaines familles africaines pour obtenir des papiers en France. Ensuite, elles vont en vacances là-bas et leurs gamines reviennent mutilées. Certes il y a une campagne de sensibilisation mais il faudrait prévenir les familles que c’est interdit et que ce sera retour au pays en cas de non respect de nos moeurs. Bizarrement, on n’entend pas les féministes !!
Quand donc allons-nous accepter la Différenciation culturelle et comprendre qu’il n’y a pas d’universalisme concernant les Droits de l’Homme ?
Toutes les cultures, toutes issues d’une religion, ne sont pas identiques … entre autres concernant la place de la femme dans la société.
Nous n’avons pas à juger ce qui se pratique dans les pays africains, ces pratiquent les concernent. Mais elles n’ont pas place en France.
Tout enfant revenant de ces pays et y ayant subi à nos yeux ce type de maltraitance devrait avoir comme conséquence l’expulsion de la famille sans possibilité de retour.
Nous ne devons pas oublier que ces pays appartenant principalement à l’OCI, Organisation de la Coopération Islamique (57 pays, 1,5 milliards de musulmans) ont mis en place la DDHI en 1990, la Déclaration des Droits de l’Homme en Islam, document signé par les représentants de ces pays, ce qui n’a pas été le cas de la DUDH (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de 1948.
LA DDHI est construite sur la base des textes coraniques.
Prison pour les parents et une énorme amende et si ce n’est pas suffisant alors l’enfant reste et les parents seront expulsés en perdant la nationalité française ….. vu cette violence sur cette petite fille , réponse violente pour les parents
Comme c’est curieux de voir tous ces hommes faire la promotion de l’excision ! Ne serait-il pas judicieux de demander l’avis des femmes, qui sont tout de même un peu concernées par la question il me semble !
En réalité, l’excision ou le port du voile, relèvent d’une même mécanique. Je ne dis pas que c’est la même chose, non, je dis qu’il y a une logique commune aux deux « traditions ».
On nous présente cela comme une tradition ancestrale, avec une référence religieuse, donc incontestable dans la société traditionnelle des pays concernés. Quand on creuse la question, quand on interroge des spécialistes de l’islam, les réponses sont souvent évasives ou contradictoires et rien ne permet d’affirmer quoi que ce soit sur ces fameuses « traditions. »
Ces pratiques révèlent plutôt une forme de crainte de la femme de la part des hommes. Dans ces sociétés, il y a une volonté de contraindre la femme dès le plus jeune âge, les gamines sont d’ores et déjà programmées pour être de parfaites épouses, soumises, chastes, obéissantes, etc. Le voile est une contrainte vestimentaire, c’est la version soft, mais attention, le non respect du port du voile en Iran ou en Afghanistan peut nuire gravement à la santé des femmes, les exemples ne manquent pas. L’excision, pratique mutilatrice, est la version dure de la chose. Les conséquences sont potentiellement mortelles (infections, hémorragies,…) au-delà du traumatisme physique, le traumatisme psychologique doit être considérable, inguérissable, ineffaçable. Le pire de l’histoire, c’est d’imaginer qu’une mère qui a subit une telle blessure puisse mener sa propre fille au bourreau pour accomplir son « devoir » et perpétuer la tradition. J’aimerais bien entendre des sociologues ou des psychanalystes sur la question (ils doivent bien avoir des patientes) pour analyser le fonctionnement de ces sociétés, cela nous changerait de la sempiternelle promotion du voile islamique par la gauche et les institutions européennes.
Que le débat ait lieu au Mali, cela se comprend car c’est une coutume couramment pratiquée dans ce pays. En revanche, que la campagne fasse la promotion de l’excision … cela laisse songeur. Quand le débat a lieu en France … je me demande dans quel pays je vis ! J’aimerais bien entendre sur la question les députés LFI, les Rima Hassan, les Mélenchon, le maire de Saint-Denis, les Tondelier, les Rousseau et les autres sur la question et avec une réponse claire, sans ambiguïté et sans « oui, mais … » A moins bien sûr que le débat sur l’excision soit, lui aussi, devenu « d’extrême droite ».
Sur l’affiche, uniquement des hommes ! Sont-ils circoncis et fiers de l’être ? Sans doute, c’est ça le bizutage.
Par ailleurs, quelle est la raison profonde de l’excision, en dehors de la religion et de la tradition ? J’aimerais bien savoir.
139 000 mutilées en France? Vous rigolez? La plupart sont en Seine St Denis, pas en France!
La Seine-Saint-Denis, où je vis, est un département français (le 93ème), au même titre que le Lot-et-Garonne, l’Isère ou l’Indre-et-Loire.
De quoi encore se mêle-t-on ? Du moment que c’est entre eux et dans leur pays ! Il y en a marre que des français veulent tout réglementer et moraliser. Occupons- nous déjà de ce qui se passe avec de jeunes français notamment en matière de péd-criminalité !
ils contournent la loi française en le faisant dans le pays des parents et cela ne vous choque pas ! sachant que cette petite fille souffrira toute sa vie à cause d’un acte d’un autre temps et barbare
ben, entre eux, espérons-le mais « leur » pays, ils considèrent que c’est ici
Encore une preuve que cette religion d’amour (pour les femmes qu’ils veulent protéger)mais surtout dominer et asservir à leur propre plaisir) et de paix soutient des mœurs barbares et arriérées
Ignoble et c’est ça qu’on reçoit en France. Coutumes dégradantes et monstrueuses pour les femmes . Le niveau de ces gens là est tellement bas que plutôt que de se préoccuper de leur évolution mentale, intellectuelle et spirituelle et bien non, c’est la mutilation des parties génitales qui passe en premier. Ces populations de primates sous évolué n’ont rien à faire en Europe. Les individus qui pratiquent ces mutilations devraient être expulsés immédiatement avec armes et bagages. Comment peut on tolérer ces crimes, nous, européens ?
Et rima elle en pense quoi de ces « coutumes » ? ! …
Et « l’égérie de louboutin » ? ! … Elle milite dans quel camp ? ! …
Mais surtout les « féministes » ont elles « un avis » ? ! …
Ont-elles un avis en effet, ces « féministes » de choc ?
« Les néo-féministes ou l’art de l’indignation sélective contre la défense des droits des femmes»
Allo, les néo-féministes, un mot sur l’excision ?
Encore une affaire où il faudra attendre encore 255 jours à contempler l’interminable agonie du système macronien.
Quel verset du coran prescrit l’excision ???
Vouloir mutiler n’importe quelle partie du corps doit être considérer comme un crime contre dieu car c’est lui qui nous a créer. Mutiler c’est se croire supérieur à dieu
C’est une vision je pense très « chrétienne » de la chose, le christianisme entretient avec le corps un rapport particulier. Nous ne pratiquons ni la circoncision, ni l’excision et les pratiques plus modernes de piercing ou de tatouage, à mon sens totalement ridicules et d’une laideur indescriptible, sont regardées avec beaucoup de circonspection par les chrétiens. Néanmoins, je suis d’accord avec vous, cela n’a rien à voir avec Dieu.
Du point de vue strictement personnel, celui qui pratique cette monstruosité devrait recevoir la monnaie de sa pièce. La castration existe pour les chiens (qui n’ont rien demandé). Alors devant de tels monstres, aucune hésitation. Seule cette punition pourra endiguer à jamais cette pratique. L’excision est une autre façon de dominer et les femmes sont les seules à la subir de cette façon.