Les bons esprits n’ont pas de mots assez durs pour fustiger les messages patriotiques qui émaillaient les manuels d’histoire, voire de français, dans les années 1900 ou à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Une propagande « nationaliste » qu’il n’est pas question de revoir de nos jours, chez nous, où les maîtres mots sont « immigration » et « métissage » depuis que, bien au-delà de la “gôche bienpensante”, Sarkozy et Raffarin cherchent à y convertir de force la France avec le concours des instances européennes…

L’illustration du fait migratoire apparaît donc dans les nouveaux manuels scolaires agréés par le « ministère de l’Éducation ».

C’est ainsi que les Éditions Nathan, dans leur collection mathématique « Hyperbole », nous proposent dans un nouveau manuel de rentrée 2017 pour les séries Terminale ES et L (spécialité mathématique) un exercice quelque peu étonnant en illustration du cours sur les suites géométriques.

L’exercice n° 93 en page 34, désormais célèbre, est un cas de modélisation simple, d’ailleurs largement utilisé pour évaluer la croissance de populations animales, végétales ou bactériennes…
Sauf qu’il concerne, ici, l’arrivée de !

Si la dernière question f) appelle à calculer le nombre total de migrants débarqués au bout de huit semaines (n = 8), l’exercice se garde bien de faire réfléchir l’élève sur les conséquences de la propriété fondamentale que cette modélisation illustre : une suite géométrique à termes positifs est croissante et n’a pas de limite si la raison q est supérieure à 1.
(ici q = 1,1) et elle tend vers l’infini avec l’indice n (qui traduit ici le nombre de semaines)…

Or, il n’y a aucune raison de considérer que le processus va s’arrêter au bout de huit semaines.

Par ailleurs, l’analyse de n’importe quel relaté de sauvetage en Méditerranée montre que les bateaux concernés sont chargés de plus de 200 migrants en moyenne… Voire parfois 500 et plus…
Quant au ratio moyen de 10 %, il ne repose sur absolument aucune observation. De ce fait, l’approche du fait migratoire présentée ici au lycéen est totalement biaisée et n’a aucune valeur pédagogique…

Il ne s’agit donc à aucun prix, pour les auteurs du livre, d’appréhender la réalité du fait migratoire, mais bien de délivrer un message de banalisation du phénomène, associé à deux idées majeures :
– Le phénomène migratoire est limité par la faible quantité des migrants par bateaux ;
– Le phénomène n’est pas durable dans le temps.

Deux aspects bien entendus contredits par la réalité.

Par ailleurs, aucune réflexion n’est abordée, ne serait-ce que par une quelconque application numérique, sur l’impact sociologique, voire sanitaire, et économique de cette immigration. De quoi considérer ce fait comme un épiphénomène… à appréhender naturellement favorablement.

Les Éditions Nathan ont réagi, dans un communiqué, au tollé qui s’est propagé sur les réseaux sociaux : certains s’indignant de “l’exploitation honteuse de la détresse des migrants”.
C’est vrai que ce n’est pas l’objection qui nous avait sauté aux yeux de prime abord…

18 septembre 2017

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