Violences à l’école ? Il y a belle lurette qu’autorités administratives et morales ont cessé de faire le compte. Le 20 janvier 2006, Libération constatait, il y a donc bien longtemps, que neuf professeurs étaient chaque jour pris à partie, « avec une arme ou une arme par destination ». De son côté, l’Éducation nationale n’est guère plus bavarde, la règle du « pas de vague » semblant toujours être loi d’airain.

Pourtant, dans sa note d’information, datée de novembre 2019, le ministère en question reconnaît : « Au cours de l’année scolaire 2018-2019, les chefs d’établissement du second degré public et privé sous contrat ont déclaré en moyenne 12,2 incidents graves pour mille élèves. Un établissement sur trois ne déclare aucun incident, un sur cinq en déclare dix ou plus. Le degré d’exposition à la violence diffère suivant les établissements, leur type ou leur profil social. Mesurées pour la première fois à partir de cette enquête, les atteintes à la représentent 1 % de l’ensemble des faits graves déclarés par les chefs d’établissement. » Avec un tel pilpoul, nous voilà bien avancés.

Un peu moins hermétique, Le Point affirme, le 31 mars dernier, qu’à en croire la Fédération des autonomes de solidarité laïques, « les violences ont augmenté de 7 % entre 2017 et 2018 ». Et de tempérer pourtant la situation, en citant Vincent Bouba, secrétaire général de la FAS (Fédération des autonomes de solidarité laïques) : « On ne peut pas présenter l’école comme un lieu d’ permanente. […] Néanmoins, les insultes et les menaces auxquelles sont confrontés les enseignants leur minent le moral et ils se sentent seuls. » On le serait effectivement à moins. En revanche, la lecture des faits divers de ces dernières semaines paraît autrement plus instructive, ce florilège n’ayant, tel qu’il se doit, rien d’exhaustif.

Vendredi 8 octobre : l'enseignante d’un lycée de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) est violemment projetée au sol par un élève. […] Trois lycéens ont été placés en garde à vue en lien avec la vidéo de l’agression. Dans cette dernière, l’un d’eux s’exclame : « Wallah, écarte-toi de ma rue ! Eh le Coran, poussez-vous madame ! »

Mercredi 20 octobre, une « institutrice est rouée de coups de poing et de pied par un enfant âgé de seulement huit ans à Brunoy (Essonne). »

Mercredi 1er novembre : le professeur de sports d’un lycée de Beauvais (Oise) est frappé par un de ses élèves de quinze ans, après avoir exigé qu’il retire casquette et banane. C’était la seconde agression de la semaine, une conseillère d’orientation ayant, peu avant, été molestée.

Arrêtons la litanie : toutes les pages de ce site n’y suffiraient pas. D’autant que le phénomène gagne les beaux quartiers : en témoigne cet autre fait divers, survenu dans le cadre du très chic et parisien lycée Montaigne, mardi dernier. Une prof de maths est passée à tabac par un élève de quinze ans, assez « costaud et d’au moins 1,85 m », nous dit Le Figaro. Notons que, selon la même source, « les services académiques ont immédiatement mis en place un dispositif de soutien et d’écoute ». Les voilà sauvés !

Voilà qui nous enseigne au moins deux choses. D'abord, les habitants des quartiers huppés de la capitale ne sont plus à l’abri des « fantasmes sécuritaires », jusque-là seul apanage de « beaufs » et de « racistes » à la sauce gilets jaunes. La seconde ? Comment le monde enseignant peut-il encore continuer de pleurer sur le lait par ses soins versé ?

En mai 1968, ils voulaient abolir l’autorité et jeter leur estrade ? Aujourd’hui, ils dégringolent dans la fosse aux lions… Lors de l’élection présidentielle de 2002, ils ont fait défiler nos enfants contre Jean-Marie Le Pen. Les voyous qu’ils tenaient alors pour « chance pour la France » ont une manière toute singulière de les remercier. Allez savoir pourquoi, mais, pour ces doctrinaires, les hommes et les femmes de bien n’ont pas forcément envie de sortir les mouchoirs…

 

1 décembre 2021

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