Maître Bouclier, vous êtes le président du Prix des lecteurs de la presse française libre. En êtes-vous l’initiateur ? Pourquoi ce prix ?

Non, l’initiative en revient à Francis Bergeron, qui est une des chevilles ouvrières du quotidien Présent (present.fr) depuis sa création en 1982. Présent, qui a toujours accordé une grande place dans ses colonnes à la littérature, a lancé le prix en 2019 en partenariat avec l’excellente revue littéraire Livr’Arbitres. Nous en sommes donc à la troisième édition. Et, cette année, les revues Politique Magazine et Le Bien commun se sont jointes à Présent et Livr’Arbitres. Francis Bergeron m’a demandé de présider ce prix et j’ai naturellement accepté. Mon rôle consiste essentiellement à veiller au respect des règles du concours, à faire des recensions d’ouvrages dans Présent et à remettre son prix au lauréat. Comme, cette année, le lauréat est une lauréate, je ne regrette pas d’avoir accepté cette fonction de président. Le prix vise à récompenser un livre paru dans le courant de l’année. Il peut s’agir de n’importe quel genre littéraire : roman, essai, polar, biographie, poèmes et même, pourquoi pas, une bande dessinée. En 2019, le prix a été remporté par Jean-Marie Le Pen pour le tome 1 de ses mémoires. Et, en 2020, par François Bousquet, le fondateur de La Nouvelle Librairie et rédacteur en chef de la Revue Éléments, pour son essai Courage ! Romain Guérin était arrivé en deuxième position pour son recueil de poèmes, La Chorale des cadavres.

Cette année, le prix a été décerné à , rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire, pour son livre Enracinés ! (Artège). Cela va faire plaisir à Marlène Schiappa (ou pas), mais on imagine que ce n’est pas un impératif de parité qui a guidé ce choix…

Non, surtout que Gabrielle Cluzel, il suffit de l’écouter sur les plateaux de télévision, a le courage… d’un homme. Cette année, la concurrence a été particulièrement rude. Le quarté gagnant est le suivant : après Gabrielle Cluzel, nous avons, dans l’ordre, Franck Buleux pour La guerre sociale qui vient, Guillaume Faye pour Nederland et Jean-Claude Martinez pour Une nouvelle ère : le coronalithique. Gabrielle Cluzel n’a pas gagné parce qu’elle est une femme, mais parce que son livre a été sélectionné par le jury. Et s’il a été choisi, c’est parce qu’il lui est apparu comme le meilleur.

Ce qui fait la particularité de votre prix, c’est la nature du jury. On s’attend à un aréopage de fins lettrés et l’on s’aperçoit que chacun peut voter. C’est très démocratique, ou très populiste… c’est un parti pris assumé ?

Oui, effectivement. Le but est de mobiliser le lectorat – et son entourage – des journaux et revues parrainant le prix. Chacun d’eux fait des recensions de livres tout au long de l’année. À compter du 1er novembre et jusqu’au 31 décembre, les lecteurs (abonnés, au numéro, réguliers, occasionnels…) peuvent voter pour leur livre préféré en indiquant, s’ils le souhaitent, les raisons de leur choix. Bien sûr, et c’est vrai pour tous les prix littéraires, les auteurs ou leur éditeur peuvent mobiliser tous leurs soutiens pour que le prix soit in fine attribué à l’ouvrage qu’ils ont écrit ou édité. Cette année, la participation a été exceptionnelle. Gageons que ce prix va gagner en notoriété et susciter encore plus d’intérêt à la fin de l’année 2021.

6 janvier 2021

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