Certes, on connaît l’esprit boutique de SUD , un syndicat rouge piment qui confond politique et éducation, endoctrinement et enseignement, mais l’annonce de leur prochaine session de stages, en décembre prochain, montre qu’ils se surpassent.

Le thème retenu par SUD Éducation 93 (département de Seine-Saint-Denis) est : “Au croisement des oppressions : où en est l’antiracisme à l’école ?”

Énoncé parfaitement erroné puisque le préambule – ou le menu, si vous préférez – montre qu’il ne s’agit absolument pas de savoir où en est l’antiracisme, mais au contraire de prouver que le se cache dans tous les secteurs de la française, et en particulier dans l’Éducation. Jugez-en :

« Programmes d’Histoire servant le roman national, sur-orientation dans les filières professionnelles des élèves desdendant·e·s des immigrations en particulier postcoloniales, et instrumentalisation de la laïcité, politiques migratoires durcies qui concernent de nombreux élèves et leurs familles, violences policières qui touchent les élèves à l’extérieur et dans l’école… L’analyse du racisme d’État dans la société et en particulier dans l’Éducation nationale s’impose. »

C’est donc un dogme : la France est raciste, son enseignement discriminatoire, son école un lieu de relégation et sa tortionnaire. J’oubliais l’, cheval de bataille de la extrême.
En revanche, SUD Éducation est incollable en “écriture inclusive”.

La suite du propos est tout aussi édifiante : “Comment déconstruire chez et avec les enseignant·e·s les discriminations raciales ? Comment travailler avec les élèves pour leur donner des outils de lutte en vue d’une transformation sociale ?”

Naïve, je croyais que le souci des syndicats d’enseignants était de donner aux élèves et à leurs professeurs de meilleurs outils pour progresser dans l’acquisition des savoirs, et non pas pour “transformer” la société…

Bref, au menu du 18 décembre, séance plénière matinale sur le thème “Qu’est-ce qu’un·e élève racisé·e ?” Animateurs : Nacira Guénif et Marwan Mohammed, sociologues. Au programme de l’après-midi : « La question de l’islamophobie dans l’Éducation nationale, enjeux et débats. » Disc-jockeys : « Marwan Muhammad, ancien porte-parole du CCIF et un·e membre (sic) du cercle des enseignant·e·s laïques. »

Et au menu du 19 : “Les inégalités ethnoraciales à l’école”, avec Lila Belkacem, sociologue et formatrice à l’ESPE de Bonneuil. Et fin de session avec les « Récits de lutte » par Malika Chemmah de RESF (Réseau éducation sans frontières) et Fatima Ouassak du Front des mères.

En sandwich entre les séances, des ateliers tous plus passionnants les uns que les autres (“Comment enseigner une histoire décoloniale ? », « Atelier pratique de conscientisation – bell hooks », “Enseignant·es blanc·he·s : interroger nos représentations et nos postures dominantes”, etc.), dont certains en « non-mixité ». Car si, à SUD Éducation, on pratique scrupuleusement l’écriture inclusive, il est clair qu’on ne se mélange pas quand il s’agit de déconstruire non seulement les « préjugés de race », mais aussi ceux de genre. Et pas question, non plus, d’inviter madame Dupont pour parler de sa difficulté à enseigner la Shoah ou de son mal-être quand elle se fait traiter de « sale Blanche ».

Enfin, et c’est magnifique, SUD explique à ses candidats que ce stage peut leur être offert par nos soins au titre de la formation professionnelle, mais que si « l’administration peut demander une attestation à l’issue du stage, [mais] elle ne peut exiger ni convocation, ni information sur l’objet du stage ».

Je vous laisse méditer cela…

21 novembre 2017

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