Un article paru dans Marianne (30/12/2021) pose crûment la question : « Abrutissement généralisé : sommes-nous de plus en plus cons en Occident ? » L’article relate qu’entre 2015 et 2019, le quotient intellectuel moyen des Français a régressé de 101,1 à 97,3.

D’autres signes interpellent : le pitoyable 27e rang des Français dans le classement PISA des performances éducatives internationales ; le baccalauréat qui ne semble refusé qu’à ceux ayant imploré le ministère de ne pas les inscrire sur la liste des reçus ; la comparaison des cahiers du certificat d’études d’autrefois aux copies du brevet des collèges d’aujourd’hui ; le niveau indigent des émissions et des animateurs plébiscités de la télé ; l’abréviation du temps consacré à l’étude et l’augmentation de celui consacré à maintes billevesées ; le faible niveau de recrutement des enseignants ; le quasi-abandon de l’élitisme dans l’enseignement supérieur ; la pauvreté du langage ; l’orthographe saccagée par les textos ; les BD qui supplantent la lecture ; la fascination pour les écrans et jeux vidéo ; « la teuf » ; les nuits brèves ; les bitures express ; le protoxyde d’azote…

« Et, par-dessus tout ça », la responsabilité majeure du cannabis et de son THC, que l’on va préciser.

Cette a investi notre jeunesse ; elle sévit maintenant dès le collège, parfois dès la cinquième ; les teneurs du shit et de la marijuana en leur principe psychotrope très délétère, le THC, ont été multipliées par 6,5 en trente ans ; certains modes de consommation intensifient sa cession au cerveau (pipes à eau, cigarettes électroniques utilisant l’huile de cannabis, nouveaux cannabinoïdes plus puissants que le THC). Malgré son statut illicite, cette drogue piège 1.500.000 Français, qui en sont devenus des usagers réguliers.

Elle s’attaque de différentes façons aux capacités d’apprendre et de comprendre :

- par une ivresse, incompatible avec l’éducation, tout comme l’est la défocalisation de l’attention, une vision de type cinématoscopique, une incapacité d’isoler des sons ambiants le fil d’un discours ;

- par une aboulie, une démotivation, une indifférence, une phobie de l’effort ;

- par une baisse de l’apport sanguin à l’hippocampe, centre majeur de cette mémoire à court terme sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, une éducation, une culture ;

- par une baisse de la production d’ATP (adénosine triphosphate) par les mitochondries, molécule énergétique indispensable à la formation de la mémoire ;

- par une diminution au long cours de la d’acétylcholine, médiateur majeur de la mémoire, comme en atteste la maladie d’Alzheimer, caractérisée par une destruction des neurones septo-hippocampiques à acétylcholine. Si le THC ne détruit pas ces neurones, il les empêche très durablement de fonctionner, en raison de sa longue persistance dans l’organisme.

Après qu’a été montrée une relation causale entre la consommation précoce de cannabis et le plus faible niveau éducatif ultérieur, une étude récente publiée dans Drug and Alcohol Dependence a suivi 1.500 personnes pendant neuf années ; elle montre que celles qui avaient consommé du cannabis ont connu de plus longs et de plus fréquents épisodes de chômage.

Enfin, fait essentiel : des consommateurs de cannabis en âge de procréer confèrent à leur progéniture, par un mécanisme épigénétique (modification de l’aptitude à exprimer certains gènes), un amoindrissement de leurs capacités cognitives ainsi qu’une vulnérabilité à diverses affections psychiatriques.

Le vraisemblable est maintenant démontré ; il explique les causes de l’affaissement de notre intelligence collective. Avant de miser sur l’intelligence artificielle, il importe de ramener à un bon niveau les intelligences individuelles ! Des aggiornamentos s’imposent pour sortir nos jeunes des impasses pédagogiques dans lesquelles on les a laissés s’enfermer. Les décideurs doivent changer leur logiciel sur le cannabis pour, de toutes leurs forces, contrer sa diffusion.

23 janvier 2022

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