Pour Olivier Véran, l’extrême droite est une espèce « mutante »…

Capture d’écran (4084)

Quand on entend Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, difficile de ne pas penser à Forrest Gump. Surtout à cette scène du film de Robert Zemeckis (1994) : sa mère l’emmène chez le médecin qui lui explique que, sur une ligne médiane d’intelligence moyenne, son Forrest de fils est juste un poil au-dessous.

Ainsi, invité ce 14 novembre sur France Inter, le successeur de Sibeth Ndiaye (rien de tel que le changement dans la continuité en matière de virtuosité) affirme : « Quinze ans que j’entends que diaboliser le RN ne marche pas. Mais depuis quinze ans que le RN est dédiabolisé, il gagne des points. »

Lutter contre le RN : un emploi à plein-temps…

Qu’on se rassure : « C’est par le résultat de nos politiques qu’on fera reculer les extrêmes. » Comme si c’était un but en soi et que ces gens n’avaient pas mieux à faire : gouverner la France, par exemple. Mais que demander de plus à un Oliver Véran, sarkozyste en 2007, macroniste en 2017 et socialiste à ses heures perdues ? Il a une vision strictement comptable de la société, tel Alain Juppé, lui aussi prisonnier d’une logique dans laquelle tout se résout aux seules questions économiques.

Un petit détail, toutefois. Olivier Véran, très à cheval sur les questions d’élégances républicaines, sait aussi se transformer en politologue averti : « Est-ce que le RN a changé ? […] C’est le propre de l’extrême droite que d'être capable de muter pour gagner par la ruse. » Parole de virologue autoproclamé, tel qu’on a pu le voir durant la pandémie du coronavirus à l’occasion de laquelle le même Oliver Véran assurait que « les masques ne servaient à rien ». Fortuitement, le sien, de masque, tombe aujourd’hui. Celui de l’ignorance politique la plus crasse lorsqu’il se risque à évoquer une sorte de taqiya amenant les lepénistes à mentir à tous propos pour mieux dissimuler leurs véritables objectifs. À ce niveau de niaiserie et d’autosatisfaction, le mieux serait de consulter un collègue…

Une « extrême droite » que personne ne sait définir…

Au fait, il faut remarquer cet autre petit détail sémantique au passage : qu’est-ce que « l’extrême droite » ? Le socialisme, on sait à peu près. Le communisme, on voit globalement. L’extrême gauche, on peut vaguement en définir les contours. Mais ce fameux vistemboir politique ?

Pour Jean-Yves Camus, politologue de renom et de gauche : « Nous vivons encore sur un mythe supposé être mobilisateur : le caractère maléfique, voire diabolique, d’une "extrême droite" jamais précisément définie. Tout adversaire politique peut être récusé comme étant "d’extrême droite", ce qui permet d’insinuer qu’il agit contre l’intérêt national, contre l’intérêt général » (Le Figaro).

À droite, Mathieu Bock-Côté, dans Le Figaro Magazine de ce 3 novembre, admet lui aussi : « J’ai cherché désespérément une définition de l’extrême droite, je ne l’ai pas trouvée. J’en suis arrivé à la conclusion qu’est d’extrême droite celui que le système assimile à l’extrême droite, à un moment particulier, et quiconque questionne alors ce positionnement ou remet en question cette catégorie est à son tour envoyé à l’extrême droite. » Bref, des deux côtés de l’échiquier politique, les esprits éclairés disent peu ou prou la même chose.

Un Front national très résistant…

Voilà qui nous renvoie à d’autres déclarations. Celles de Marine Le Pen, par exemple, accordées au Journal du dimanche de ce 12 novembre, à propos des « origines antisémites du Front national » : « Dire cela est un mensonge historique. Qu’il y ait eu des gens qui, parmi les fondateurs du FN, se soient trompés de camp, c’est une certitude. Mais il y avait aussi Georges Bidault, le successeur de Jean Moulin », qui faillit bien prendre la tête de ce mouvement, en lieu et place d’un certain Jean-Marie Le Pen. Et sa fille de poursuivre : « Pourquoi Couve de Murville, haut fonctionnaire de Vichy, devient ministre du général de Gaulle ? Pourquoi Papon devient celui de Giscard d’Estaing ? Pourquoi Mitterrand fréquente-t-il Bousquet ? […] Ils ont tous considéré, dans cette période de l’Histoire du pays, qu’il fallait réconcilier ceux qui avaient eu raison et ceux qui s’étaient lourdement trompés. »

Mais cela, Olivier Véran peut-il le comprendre ? Forrest Gump, lui, au moins, était drôle, et surtout gentil. Tout le contraire de ce cancre déguisé en premier de la classe. Pour porter la bonne parole gouvernementale, Emmanuel Macron aurait pu dénicher mieux. Mais peut-être que Yann Barthès n’était pas libre.

Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Ce type est miteux ! Tout sonne faux chez lui ! Qui plus est il a échoué lamentablement à son poste de Ministre de la santé.Et il vient pour decerner des brevets de respectabilité ! On peut se demander pourquoi il est encore aux affaires ? Mystère !

  2. Monsieur Olivier Vérand vos propos excessifs sont dérisoires et n’auront aucuns impacts ! A bonne entendeur Salut Hervé de Néoules !

  3. Veran le mandarin du roitelet élyséen qui prononce toujours des discours avec une agressivité évidente pour le plaisir de sa majesté. Ce gouvernement dont il porte la parole n’a que de mauvais résultats quand on voit l’état de la France de ce fait son cheval de bataille est systématiquement le RN donc l’extrême droite comme il le rabâche souvent. Ses réponses sont petites ,minables et pénibles à entendre. Moins on le voit mieux on se porte.

  4. Comment peut on écouter un homme aussi ignare et d’une telle mauvaise foi ..il serait , « peut être  » à sa place en milieu hospitalier !

  5. Excellent article. Chers compatriotes constatons que Mr Véran ne déroge pas aux choix de son patron ; un nul dont chacun a pu voir le fonds lors du covid. Et surtout ne pas compter sur lui en cas de conflit, il quittera le bateau et la France.
    Bon vent…

  6. M.Véran est médecin , je crois, à l’origine ; il serait plus utile à la France d’exercer ses talents dans un hôpital.

  7. « Il a une vision strictement comptable de la société, tel Alain Juppé, lui aussi prisonnier d’une logique dans laquelle tout se résout aux seules questions économiques. » C’est le b-a ba de tout socialiste, dont l’idéologie tient en une seule valeur : le fric, le fric, le fric.

  8. Tous nos indicateurs sont au vert : la balance commerciale, l’inflation, la dette, la sécurité, la réindustrialisation,…
    Il est donc normal que Véran s’attaque au RN, qui reste le principal problème de notre classe politique qui surveille sa gamelle de près.
    Même s’il est très agaçant, il ne faut pas bouder les déclarations de Véran. Elles nous rappellent chaque jour le mépris que la Macronie éprouve pour une bonne partie des Français !

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