, LREM, a été élu député de la 1re circonscription du Cher. Il succède à Yves Fromion, LR, excellent spécialiste de la Défense nationale. Le 18 juin, il a battu aisément Wladimir d’Ormesson, LR, (aujourd’hui, il fait 35° au-dessus de d’Ormesson, comme aurait dit Léon Daudet).

Bouligeon appartient au cirque Macron. D’où vient-il ? Incarne-t-il le renouveau tant vanté par le nouveau pouvoir ? Son CV apporte quelques lumières.

Bouligeon est né en 1972. À 17 ans, sous Mitterrand II, il s’encarte au Parti socialiste. De 1998 à 2008, il est le “collaborateur”, à l’Assemblée nationale, du député socialiste de la Nièvre Gaëtan Gorce, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas laissé un souvenir impérissable à la Chambre.

En 2010, il est candidat sur une liste écologiste, socialiste et communiste aux élections régionales en Bourgogne, dont le meneur dans le département de la Nièvre est Christian Paul. Dans sa déclaration de candidature, il indique qu’il va “fêter, cette année, ses vingt ans de militantisme” au PS.

De 2008 à 2014, il est “directeur de cabinet” – on ne lésine pas sur les titres ronflants – du maire socialiste de Cosne-sur-Loire, commune de 10.000 habitants.

Le maire ayant été battu aux élections de 2014, ses camarades socialistes le recyclent au cabinet du ministre de l’Économie… . Il y est sous-chef de cabinet et tient l’agenda du ministre. Quand celui-ci quitte le gouvernement, il se recase au cabinet de Patrick Kanner, ministre de la Ville et des Sports et grand orientaliste (“J’ai 42 ans de parti derrière moi, je suis un socialiste légitimiste”). Il le conseille sur le “développement économique et l’engagement (?)”.

Bouligeon est le fondateur de Laïcité 18, Action laïque dans la cité.

Le voici maintenant député, socialiste camouflé, après près de vingt ans dans les arcanes du PS, des couloirs de l’Assemblée nationale et de divers cabinets hollandais.

Il a sûrement été comptabilisé avec fierté par LREM comme venant de la société civile. C’est sur ce type d’apparatchik que comptent les dirigeants d’En Marche !, à commencer par Macron, pour mener le troupeau des nouveaux élus dans la ligne fixée par le Président et mise en musique au Parlement par l’exfiltré du ministère Richard Ferrand. On est bien loin de l’objectif du renouvellement de la manière de faire de la politique.

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