[POINT DE VUE] Sarkozy a vu Bardella : derniers spasmes de rage chez les brontosaures LR

Le cordon sanitaire coupé net ?
Captures écran Cnews / Europe 1
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Ainsi, donc, le cordon sanitaire semble désormais coupé net. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a reçu dans ses bureaux parisiens, mardi 1er juillet, Jordan Bardella, président du Rassemblement national. L’entourage du dirigeant du premier parti de France livre quelques menus détails sur le contenu de cette rencontre (« la situation politique et l’avenir de la France », vous m’en direz tant) ainsi que sur les circonstances de l’échange entre Sarkozy et Bardella (« courtois et chaleureux »). Rien de bien méchant : le RN considère que cette normalisation est normale, en quelque sorte… mais il n’en fallait pas plus pour exaspérer la vieille garde des Républicains.

À plusieurs reprises, Jordan Bardella avait manifesté une forme d’admiration à l’égard de Nicolas Sarkozy, oubliant ses insuffisances et ses promesses non tenues. Il faut dire que Jordan Bardella avait douze ans, en 2007, quand l’artisan du Kärcher™, qui s’avéra être un tuyau crevé, monta sur la première marche du podium républicain. Bardella avait même défendu Sarkozy lorsque celui-ci, voici quelques semaines, avait été exclu - de facto - de l’ordre de la Légion d’honneur, après sa condamnation.

Bronca chez LR

Avec le courage qui caractérise LR, la bronca est aussi unanime qu’anonyme. « Une connerie », dit un député (qui ne donne pas son nom). « Nicolas Sarkozy qui reçoit Jordan Bardella, c'est lui donner de la légitimité et relancer l'hypothèse d'une union des droites. De quoi affaiblir la position des LR », dit un ancien ministre (qui ne donne pas davantage le sien). On rappelle que, selon un récent sondage publié par BV, 74 % des électeurs de droite sont pour cette union. Seuls les brontosaures, aux manettes de ce qui fut le parti du général de Gaulle, manquent s’étouffer quand on évoque cette hypothèse. En ce sens, donc, la rencontre entre Bardella et Sarkozy irait dans le sens d’une évolution naturelle de la droite : celle de la fin du « front républicain » (cette ineptie électorale qui consiste à faire élire un communiste pour défendre la liberté) et du retour à une politique de droite, non pas « dure », non pas « décomplexée », mais simplement de droite.

Pourtant, il y aurait bien, grince un autre élu LR (tout aussi anonyme que les deux premiers), originaire des Alpes-Maritimes, une autre hypothèse pour expliquer cette rencontre - une hypothèse qui ressemble à un énoncé de maths du certificat d’études. On sait, d’une part, que Louis Sarkozy, invité jusqu’à la nausée dans les médias français pour promouvoir son image, notamment grâce à son parrain Martin Bouygues (TF1, LCI), guigne la mairie de Menton (Alpes-Maritimes). On sait, d’autre part, que le Rassemblement national est largement en tête dans un grand quart sud-est, grâce aux joies de la criminalité diversitaire azuréenne, mais aussi grâce au relatif conservatisme structurel de son électorat. Bardella pourrait avoir négocié avec Sarkozy : un entretien médiatisé, voire un soutien plus appuyé à l’avenir, contre la promesse de ne pas présenter de candidat RN face à l’héritier de l’ancien Président. Pourquoi pas. Peu importe. La vogue de Louis Sarkozy passera sans doute, un de ces jours.

Il n’y a, finalement, que de bonnes nouvelles, dans cet entretien : l’union des droites est possible ; Sarkozy a peut-être enfin compris que la soumission à la gauche morale ne lui valait rien. Et puis, Bardella rentrerait dans des combines d’Italo-Varois pour des attributions de prébendes : ça aussi, c’est la politique « républicaine ». Ce serait la dernière marche de la normalisation.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

57 commentaires

  1. Les LR ? Un parti cacochyme dont les derniers râles annoncent enfin la disparition, un parti de vieilles souches gâtées par des années de lâcheté, compromissions à vue d’urnes.
    Le LR ? Il bouge encore mais si peu. Tant mieux.

  2. « Et puis, Bardella rentrerait dans des combines d’Italo-Varois pour des attributions de prébendes » Marrant ce jugement. Et si tout simplement, Sarkozy venait faire allégeance et annoncer un soutien « pour sauver la France » et lui-même par la même occasion, face à tous ces dits soutiens qui l’ont plutôt enfoncé. Drôle d’affirmation de qualifier cela de prébende…

  3. Excellente action de Bardella. Il y a les élus LR et les électeurs LR. Sarkosy a été un très mauvais président mais sa personnalité semble restée sympathique à son électorat et même au-delà. Donc comme le dit à peu près l’évangile, il faut savoir utiliser le mauvais argent. Un non rejet de Bardella par Sarkosy serait une libération pour les électeurs LR de porter enfin leurs voix lors d’un second tour de scrutin sur un candidat RN. Et inversement. Cour circuitant ainsi les vieux caciques LR dévalués.
    Et avec le ralliement courageux et exemplaire de Ciotti, fini la gauche. Cette gauche malfaisante qui occupe en trop grand nombre les postes de direction par le seul fait du refus de report des voix LR sur RN. Espérons que cela change vite.

    • Vous écrivez « Sarko a été un très mauvais président ». Il conviendrait que vous ajoutiez « à mon avis »… que je ne partage absolument pas. Libre à vous de vouloir ignorer celui à qui il a succédé et ceux qui l’ont suivi… Cela dit si nous n’avions pas fait l’énorme bêtise de lui préférer un socialo de la plus basse catégorie nous ne serions pas dans la « panade ». Personne n’est parfait savez-vous… .

  4. Attention Jordan ! Ne vous laissez pas embobiner ! Sarkozy est celui qui a détruit le vote français du referendum de 2005 contre l’Europe mondialiste de la concurrence déloyale, de la perte de souveraineté nationale, et qui a permis à la racaille et à la justice de faire un doigt d’honneur aux forces de l’ordre ! Attention.

  5. De nombreux cadres LR ne sont que des transfuges centristes et socialistes qu’ils rallieront à la première occasion. Ce parti est profondément miné de l’intérieur, pas de l’extérieur. Ils ne veulent pas d’union des droites et, pour cause, il doit être purgé courageusement et profondément s’ils veulent exister demain et être en adéquation avec les idées indispensables à notre survie qu’ils semblent vouloir défendre aujourd’hui.

    • Dans ce cas ne passons pas notre temps à critiquer Retailleau sous prétexte (non avoué) qu’il fait de l’ombre à un autre parti. Alors que le boulot ne manque pas et qu’il y a de la place pour tout le monde.

  6. Les chiens (anonymes) aboient, la caravane passe. Je pense qu’il faudra plusieurs siècles avant que les LR revoient leurs opinions restrictives en vue d’une alliance ; si toutefois ils résistent, jusque là, à leur disparition.

  7. Merci beaucoup pour les LR. Mais on a assez donné et on a vu les effets catastrophiques. Alors, qu’ils restent chez eux.

    • Pas si simple. En dépit d’erreurs (qui ont des noms) ils représentent une composante non négligeable de la société française. Faut faire avec…

  8. Sunny va consulter Don Corleone pour être : » adoube ».. les règles de la mafia sont toujours en place…

  9. Traitre un jour traitre toujours, je suis pour l’union des droites mais sans les LR et surtout ceux qui ont participer au gouvernement macron dati, retailleau, darmanin , philippe;, woert, etc… aujourd’hui par opportunisme ils essaient de se démarquer de macron, quelle honte, quelle ingratitude, c’est dans leurs ADN après avoir trahi les LR et leurs électeurs, ils vont trahir macron, et quand ils auront repris le pouvoir ils trahiront à nouveau. Il faut être bien naïf pour croire encore au LR

  10. Les LR ? A voir la pantalonnade qu’ils nous ont offert à propos du moratoire sur les énergies renouvelables ça n’inspire pas confiance… Les LR ? Ça va de Retailleau à Bertrand… Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. C’est Juppé qui a planté le premier clou. Estrosi, Muselier, Copé Pecresse, Bertrand et les autres ont suivi… Ils n’ont plus que 48 députés mêmes pas foutus de voter ensemble. Ils changent de noms tous les 6 mois. Et ils ont peur  » d’affaiblir la position des LR »… Après avoir eu, à une époque, la majorité absolue, ils n’ont plus que 48 députés… c’est vrai qu’ils ont en position de force. Incapables de faire bloc autour de leur candidat attaqué en 2017, ils ont déserté en rase campagne chacun voulant jouer sa partition. On voit où ils en sont. Sont pas capables de sauver leur parti et ils pretendent sauver la France.

  11. Ce cordon dit « sanitaire » (?) est une honte : c’est mépriser des millions de Français qui ont voté RN.

  12. Ce que les LR n’ont toujours pas compris, Retailleau en tête, est qu’ils font partie d’un parti qui disparaît. L’union des droites redonnerait du souffle à ce parti par un regain de légitimité à droite. Ils n’ont qu’à regarder ce qui se passe en Italie depuis 3 ans …

  13. Quel que soit le vecteur si LR est dans le jeu on est en droit de tout imaginer. Supposons Marine Le Pen définitivement coulée, pourquoi ne pas proposer au RN une union. RN sans alcool .

Commentaires fermés.

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