« L'individu est handicapé en se retrouvant face à une conspiration si monstrueuse qu'il ne peut croire qu'elle existe » (J. Edgar Hoover, directeur du FBI de 1935 à 1972).

Le complotisme est une déviance consistant, pour un sujet, à voir des complots là où il n’y en a pas. Autrement dit, nous imaginons des intentions sournoises derrière des phénomènes qui, en réalité, relèvent d’une conjonction d’événements indépendants et aléatoires.

L’esprit critique, pour sa part, est une posture intellectuelle qui consiste à n’accepter une information comme vraie qu’après avoir mené un certain nombre de vérifications sur la chaîne de causalité l’ayant produite.

Par conséquent, qualifier son interlocuteur de complotiste suppose qu’on ait soi-même validé la non-réalité des faits avancés. Après tout, l’histoire du monde est peuplée de conspirations dont certaines ont produit des événements dramatiques.

La n’écartant pas le danger, en nier l’existence ne fait pas disparaître pour autant les projets malsains ourdis par quelques esprits dérangés, s’il en fût.

Et c’est là que le bât blesse, car nous ne faisons pas l’effort de vérifier les dires de celui qui réfute un discours officiel. Et l’accusation désormais répandue de « complotiste » peut dissimuler en réalité chez celui qui la profère deux faiblesses patentes :

- la paresse de faire ses propres recherches hors des sentiers battus ;

- l’incapacité à faire face à une réalité que nous considérons inconsciemment comme étant insupportable.

C’est ainsi que nous nous protégeons d’une vérité qui dérange en épousant un mensonge qui rassure.

Ce constat trouve un écho très fort à l’égard de notre attitude face à certaines folles mesures qui ont été prises par les gouvernements du monde. Sous couvert d’un état d’urgence quasi permanent, les règles de ont été largement contournées pour imposer aux peuples des restrictions que nul n’aurait imaginées il y a seulement trois ans. Comment ne pas légitimement s’interroger quant à l’assignation à résidence de millions de citoyens ? Quant à l’impossibilité de se déplacer au-delà d’une certaine distance ? Quant à l’interdiction de visiter des proches très âgés ? Quant aux milliers d’entreprises fermées sans explication ? Quant à l’obligation de se couvrir le visage en extérieur ? Quant à ces médicaments qu’on a soudainement interdits après des décennies de bons et loyaux services ? Quant à ces médecins qu’on a privés de leur liberté de prescrire et guérir ?

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de justifications sanitaires à ces mesures. Je dis que nous avons été privés de débat, nonobstant la demande de nombreux scientifiques, et qu’il a été factuellement impossible d’aborder ces questions de façon dépassionnée. Quiconque s’interrogeait était aussitôt soupçonné de complotisme, telle une pathologie mentale suscitant la honte et la plus haute méfiance.

C’est ainsi que d’éminents professeurs de médecine et de grands chercheurs, autrefois respectés et encensés, ont été relégués par les médias dans la fosse des intouchables.

La période que nous venons de traverser est terrible en ce qu’elle a révélé notre incapacité à laisser les esprits critiques s’exprimer librement. Les fractures qui ont vu le jour, tant dans les milieux professionnels que dans les familles et les cercles amicaux, sont béantes et auront beaucoup de mal à se refermer. C’est regrettable.

Puissions-nous rapidement laisser ce sombre épisode derrière nous. Les défis économiques auxquels il nous faut faire face requièrent au contraire beaucoup de cohésion et une puissante solidarité, tant sur le plan national que localement.

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9 juillet 2022

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