Monsieur Darmanin est devenu le ministre de la Dissolution et, plus généralement, de l’Interdiction. Toute pensée considérée par lui comme radicale ne saurait prospérer davantage dans notre pays. Elle doit être matée, et qu'importe si les armes employées par le ministre rencontrent bien des difficultés, parfois, à s’inscrire dans un cadre juridique. On sait que les préfets, et au premier chef Laurent Nuñez, appliquent avec zèle les ordres du ministre de l’Intérieur.

Il s’agit, toujours et encore, selon le ministre, de protéger l’ordre public, rien de moins, rien de trop. C’est donc sur ce fondement que le ministère prend les décisions d’interdire de manifester ou de se réunir ou de dissoudre certains mouvements, comme Les Soulèvements de la Terre. Mais si l’intention profonde, l’inclinaison implacable de la Macronie, est de faire taire toute forme « ultra », il ne faudrait oublier personne. Certains mouvements féministes ne mériteraient-ils pas un sort identique ?

Régulièrement, à mesure des affaires nouvelles, ces néo-féministes montrent à quel point l’État de droit leur est étranger. Gérard Depardieu, aujourd’hui dans la tourmente, en fait les frais. Certains collectifs féministes se pressent dans les salles de spectacle pour faire taire le comédien qui chante actuellement des reprises de Barbara. Ces femmes ne viennent pas uniquement rappeler leur opposition, leur mécontentement. Elles ne cherchent pas non plus à débattre. Cela va bien au-delà, et surtout au-delà de la loi.

Iris, jeune féministe, fut invitée à s’exprimer sur cette affaire, dans l’émission « Les Grandes Gueules » sur la radio RMC. Ce fut une démonstration des intentions réelles de ces mouvements. Le propos de cette militante est relativement médiocre. L’éloquence est empruntée, le vocabulaire insignifiant, l’argument distrait. Mais notre féministe n’en est pas moins particulièrement dangereuse. « On veut qu’il disparaisse ! » Voilà le seul souhait de cette femme.

Ces mouvements prônent la mort sociale. Ces jeunes femmes citent un florilège de délits pénaux qui ne sont jamais punis, selon elles. De fait, leur cause autoriserait à se départir des lois. Comme d’habitude, la présomption d’innocence est avilie, méprisée, piétinée. Ce n’est pas grand-chose, l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ou l’article 48 de la Charte des droit fondamentaux de l’Union européenne, à côté de leurs idéaux !

Mais surtout, à ces mouvements, il faut de la violence, il faut de l’outrance, il faut de l’ultra. On portera ainsi atteinte à la liberté d’aller et venir, à la liberté de travail et à la vie privée. Enfin, on saupoudrera le tout de quelques « menaces de mort » et de nombreuses « incitations publiques à la haine et à la violence ». Bien d’autres infractions pourraient être ajoutées car Iris la féministe n’en démord pas : « On n’attend rien de la justice, on sait que 1 % des viols sont condamnés. » Elle se moque ouvertement des institutions. Iris possède ses propres statistiques, alors, vous comprenez, son combat est juste. N’oublions pas, d’ailleurs, qu’elle a le droit pour elle parce que, tout simplement, elle est lesbienne.

Pourtant, quand la chroniqueuse de RMC Zohra Bitan, à qui l’on ne peut nier un certain courage féministe, lui demande « Vous défendez donc également Mila ? », Iris répond : « Non, parce qu’elle est d’extrême droite ! »

On le comprend : ces femmes n’ont pas choisi seulement le féminisme, autre chose les anime : elles exigent un monde qui viendrait à bout de ceux qui ne pensent pas comme elles ou qui ne sont pas « elles ». N’avons-nous pas, alors, assez démontré l’atteinte grave à l’ordre public ?

Monsieur Darmanin, allez donc enfin jusqu’au bout de votre logique : exigez aussi la dissolution de l’ultra-féminisme !

2872 vues

26 juin 2023 à 15:12

Partager

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

10 commentaires

  1. Sauf que l’ultra-féminisme n’est pas un mouvement, mais un regroupement idéologique, donc un peu hors d’atteinte, contrairement au Féminisme radical!

  2. Le silence est le meilleur mépris pour ces débiles. Elles sont féministes comme moi je suis pape

  3. Je suis une femme mais pas féministe. Que les médias cessent de parler de ces groupuscules de folles hystériques.

  4. Ces mouvements existent car vous en parlez si tous les médias ne relayaient pas leur propos, ils n’existeraient pas. CQFD

  5. Relire l’excellent livre d’Elisabeth Badinter « Fausse Route « Tout est dit.

  6. Encore deux poids deux mesures. Évidement la petite Mila tant harcelé pour ses idées pas forcément de droite vas à l’encontre de ce l’on peux apprendre dans le livre vert dévoué aux adepte d’amour et de paix où encore des hadiths. Les vrais féministes ne sont peut être pas ceux qui s’y prétendent.

  7. Le combat féministe à été gagné il y a 50 ans, il y a donc autant de féministes que de résistants face au IIIeme Reich de nos jours.
    Quand aux antiracistes, c’est mieux encore vu que ces mouvements viennent des USA alors que ça fait 100 ans que les noirs américains venaient se réfugier en France pour fuir… Le racisme.
    Pour l’écologie, il suffit de regarder le florilège de militants qui se font photographier dans leurs avions pour des destinations exotiques.
    En fait, leurs étiquettes et leurs slogans ne sont que des fausses barbes.
    La réalité c’est que ce ne sont que des gauchos bien recouverts de caviar. Ils ont besoin d’une « grande cause » pour pouvoir rassasier leurs égos boursouflés et sadiques et pour pouvoir donner des coups sans en recevoir.

  8. Donc, Iris ne défend pas Mila parce qu’elle est — ou serait ? — d’extrême droite. Iris n’est donc pas une vraie féministe dont le sacerdoce est de défendre ses consœurs. Pas beaucoup de plomb dans la cervelle, non ? Les nouvelles féministes, qui n’ont rien de commun avec celles de la première heure, sont plutôt pro violence et anti liberté(s), ce sont des intégristes.

Les commentaires sont fermés.