Editoriaux - Société - 11 octobre 2019

PMA pour toutes : ouverture au sexisme ?

Les sociétés évoluent et les lois doivent aussi évoluer pour en tenir compte. L’évolution peut cependant être positive ou négative. C’est ainsi que, dans les débats sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, on peut parfois se demander où sont les réactionnaires, les conservateurs et les progressistes ?

Comme toute différence, la différence des sexes gêne, en nous interrogeant sur notre identité. La société patriarcale qualifiait la femme « d’homme incomplet ». C’était la manière d’affirmer que l’homme représentait la norme et que le « défaut » de la femme constituait une différence qui ne devait pas exister. C’était du sexisme.

Aujourd’hui, parce que la différence des sexes a servi à inférioriser les femmes, on ne cherche pas à la gérer autrement mais encore à la dénier : une réaction féministe ne cherche pas à faire de l’autre sexe une infériorité mais trouve anormale la différence elle-même.

Alors que les études de genre ont permis de lutter efficacement contre les discriminations et les stéréotypes sexistes, elles ne veulent plus aujourd’hui montrer tout ce qui, dans les inégalités, relève de la construction sociale, mais que toute différence dans les comportements entre les hommes et les femmes relève de la construction sociale. Rien ne prouve, pourtant, que ce postulat est juste. Il faudrait, certes, être de mauvaise foi pour dénier que l’éducation contribue à façonner les identités d’homme et de femme. On a cependant la preuve que des différences biologiques influencent aussi nos comportements, nos motivations et donc, aussi, nos performances.
Il faudrait être aussi de mauvaise foi pour dénier les différences de structuration du psychisme qui, comme la construction sociale, ne peuvent être prouvées. En effet, si le fait de donner en cadeau à un enfant un camion ou une poupée peut avoir de l’influence sur ses comportements futurs, le fait de naître avec un corps de fille d’une personne du même sexe ou avec un corps d’homme d’une personne de l’autre sexe n’en a-t-il pas au moins autant ?

Les différences femmes-hommes ne sont donc pas toutes injustes. Dire qu’il y a égalité (au lieu d’égalité en droits) femmes-hommes, petites filles-petits garçons, signifie ignorer, ne pas respecter la différence de l’autre sexe et l’on sait que le non-respect de la différence de l’autre est à l’origine du racisme, de la xénophobie, du sexisme, de l’homophobie et de la violence… Cette dénégation de la différence des sexes empêche de la connaître vraiment et de la gérer. Elle nuit considérablement aux relations hommes-femmes et à l’éducation des enfants…

Aujourd’hui, parce qu’il y a dénégations de la différence des sexes, certains trouvent normal d’inscrire dans la loi l’inutilité du père, de l’homme, dans l’éducation d’un enfant. Cette institutionnalisation n’est rien d’autre que du sexisme !