Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Table - 29 janvier 2018

“Pour Philippot, la messe est dite. Il retrouvera la cafétéria du ministère de l’Intérieur dans un an”

Ce dimanche 29 janvier avaient lieu deux élections législatives partielles dans le Val-d’Oise et le Territoire de Belfort. Jean-Yves Le Gallou commente les résultats de ces scrutins au micro de Boulevard Voltaire.



Jean-Yves Le Gallou, les législatives partielles dans le Val-d’Oise et dans le Territoire de Belfort ont eu plusieurs caractéristiques communes.
Avant de les détailler en particulier, on peut s’arrêter sur le taux d’abstention assez élevé qui n’est hélas pas nouveau.

“Les élections législatives partielles se caractérisent généralement par le fait que les électeurs considèrent que les jeux sont déjà faits et que c’est un troisième tour.
Il y a effectivement une assez forte abstention. En l’occurrence ici, les 4/5e ou les 2/3 des électeurs se sont abstenus. Ils ont tendance à polariser leurs votes sur les deux candidats arrivés en tête. Celui qui a été élu et celui qui a fait invalider celui qui a été élu. Cela se confirme.
On a donc une abstention forte et on a en tête le candidat d’un côté et le candidat La République En Marche de l’autre. C’est assez classique.”


Que diriez-vous de la chute totale du Front national ?

“Oui, la chute du Front national est assez fréquente dans les élections partielles, surtout lorsqu’elles ne sont pas prises avec suffisamment de soin. C’est effectivement une chute très, très importante. Elle est de 15 à 10 % des voix d’un côté et de 17 à 7 % des voix de l’autre.
Encore une fois, c’est un peu naturel dans la mesure où le Front national n’était pas dans la course pour le 2e tour. Je crois que cela correspond à une situation de dépression de cet électorat qui ne croit plus tellement en son leader.
Il y a vraiment une crise de confiance en Marine Le Pen qui se traduit certainement à l’occasion de cette élection.”


Malgré une forte présence de Florent Philippot, une grande médiatisation de la scission au sein du Front national. Les patriotes n’ont représenté qu’un micro-événement puisque leur score a été très bas.

“C’est là encore une loi générale, les scissions du Front national ne réussissent pas quelles que soient leur motivation et leur raison.
C’est une loi générale que Philippot aurait pu méditer avant de faire ce qu’il a fait.
Au cas particulier, la position souveraino-souverainiste est une micro niche. Le voilà à 1 %, à la hauteur d’Asselineau.
Je crois que la messe est dite, c’est terminé et Philippot retrouvera la cafétéria du ministère de l’Intérieur dans un an.”

En revanche, cela à l’air d’aller mieux pour les Républicains a priori.

“Effectivement, les résultats des Républicains par rapport à l’élection générale, on observe un gain de 16 points dans le Territoire de Belfort et de 6 points dans le Val d’Oise. Ce résultat est relativement significatif. C’est plutôt encourageant pour Wauquiez.
A contrario, La République En Marche perd 5 points à la fois dans le Val d’Oise et dans le Territoire de Belfort. Cela montre qu’il n’y a pas malgré tout un grand enthousiasme pour la politique de Macron. Il doit même certainement y avoir un certain nombre de déçus.”

Si on prend ces élections de manière globale, l’élan dont bénéficiait Emmanuel Macron, toutes raisons gardées évidemment, pourrait a priori être en train de s’essouffler.

“Oui, mais là aussi c’est assez classique dans les élections partielles marquées par l’abstention. C’est le genre d’élections où la déception joue beaucoup dans la non-motivation.
Il y a incontestablement une certaine déception du côté des électeurs de Macron et une certaine déshérence du côté des électeurs de Marine Le Pen.”

Les Insoumis continuent de grappiller quelques points et s’imposent comme le 3e parti dans ces élections.
On peut aussi noter la déperdition absolue du Parti socialiste.

“Il y a un phénomène de polarisation à gauche. Le Parti socialiste est victime de la force centrifuge. Une partie de ses électeurs va vers La République En Marche et l’autre partie vers La France Insoumise. Ce parti est finalement en train de se constituer comme le pôle d’opposition de gauche à Macron.”

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