[PEOPLE] Une leçon de décence aux « personnalités médiatiques » signée Julien Doré

Le chanteur dénonce le piège dans lequel tombent ces « privilégiés » qui donnent des leçons de morale et de politique.
Julien Doré
Selbymay, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Sur les ondes de RTL, le 20 décembre dernier, Julien Doré a donné à ses pairs une véritable leçon de décence : donner son opinion, utiliser sa notoriété pour jouer au moralisateur, « c’est un piège dans lequel tombent pas mal de personnalités médiatiques », lance-t-il.

Le chanteur se « méfie beaucoup des leçons données »

« Vous faites attention quand vous sortez de votre domaine d’expertise, à savoir la musique, quand vous parlez d’autre chose ? », interroge Augustin Trapenard. Effectivement, le chanteur rechigne à jouer au moralisateur, à donner des leçons, considérant que « c'est très délicat quand on est des privilégiés, quand notre passion est devenue notre métier, quand, au quotidien, on se réveille avec comme seule chose à penser de faire ce que l'on aime, c'est très difficile de se laisser porter à un micro pour donner des leçons à celles et ceux qui n'ont pas cette chance de se lever avec un sourire le matin… » Le chanteur de 43 ans, qui s’est fait connaître dans l’émission Nouvelle Star en 2007, « [s]e méfie beaucoup des leçons données », expliquant qu’« on est dans une société qui culpabilise beaucoup les citoyens. Si les artistes et créatifs se mettent à faire pareil dès lors qu'ils ont un micro, ça [l]e fait un peu flipper. » Avec calme, et même douceur, le chanteur n’hésite pas à dénoncer le décalage, et même l’indécence, parfois, de certaines personnalités auxquelles la notoriété et l’argent servent de tribune pour donner des leçons de morale : « Tu peux avoir des sous et faire ce que tu aimes, et avoir quand même envie de dire ce que tu penses, je peux comprendre. Mais c'est difficile de venir expliquer aux gens pour qui voter et quoi penser tout en regardant sa montre parce qu'il y a un défilé qu'on ne veut pas manquer à deux rues d'ici. Je trouve qu'il y a une dichotomie dans ce privilège. »

Et se refuse à sortir de son « domaine d'expertise » pour jouer au père la morale

Une dichotomie sur laquelle certains s’assoient allègrement et sans scrupule, comme Marina Foïs, qui donnait des leçons d’empathie pour les migrants aux Français ; comme Corinne Masiero qui, avec son élégance légendaire, dénonçait les résultats des élections en juin 2024 ; ou encore comme Blanche Gardin, que Télérama disait « hantée par la situation à Gaza, minée par la montée de l’extrême droite ». L’ennui, c’est qu’en France, nombreux sont ceux qui considèrent que leur talent ou leur succès les autorisent à juger, donner des leçons, voire à condamner une partie de ceux à qui ils doivent leur notoriété.

Julien Doré, lui, refuse de sortir de son « domaine d’expertise », c’est-à-dire la chanson. Cela signifie-t-il qu’il n’a pas d’opinions, pas d’engagements ? Évidemment, non. Le chanteur, originaire du Gard, est retourné s’enraciner dans les Cévennes et milite contre le réchauffement climatique et pour l’écologie avec son single La Fièvre. Son album, sorti en 2020, intitulé Aimée (le prénom de sa grand-mère), parle également de transmission entre les générations. Ce père d’un petit garçon n’a en effet jamais caché le souci de ce qu’il allait laisser : à Ouest-France, qui lui demandait ce qu’était, pour lui, le « vivre ensemble », il répondait, en 2018 que « c’est une façon de se préoccuper de ce que nous sommes et de ce que nous allons laisser ». En bref, Julien Doré, c’est ce chanteur français qui, ne manquant pas de convictions, préfère en faire des chansons plutôt que d’aller jouer les pères la morale sur les chaînes et radios publiques. Ou alors, s’il donne des leçons de morale, c’est plutôt à ces « privilégiés » et « personnalités médiatiques » qui sortent de leur « domaine d’expertise », jugeant que leur compétence artistique ou sportive leur donne le droit de culpabiliser, raisonner ou sanctionner le commun des mortels qui ne penserait pas comme eux.

Si Julien Doré ne fait pas étalage de ses opinions, loin d’être « un manque de courage », c’est bien une façon de respecter ses fans : « C'est une forme de nuance que de faire attention à ne pas donner de leçons à ceux qui nous aiment, parce qu'ils en reçoivent à longueur de journée. »

Vos commentaires

76 commentaires

  1. Aux yeux de la caste, Julien Doré devient le petit trublion. Courageux, pensez donc, critiquer ces bien-pensants.

    Des bien-pensants qui fanfaronnent, donnent des leçons, critiquent, voient du racisme à tous les coins de rues, mais qui, en cas de conflit armé seraient les premiers à faire valoir un droit d’exemption. Se planquer par nature, éviter les coups et blessures, les mauvaises conditions de vie, tout en sablant le champagne en se gaussant de ces pecnots qui se laissent mener par le bout du nez.

    Ce qu’ils pratiquent déjà en se réfugiant derrière leur statut, qu’ils soient députés, magistrats ou d’un Conseil supérieur. Leur parole rendue sacrée échappe aux sanctions habituelles subies par le commun des mortels, les non protégés. Ainsi, un député se permet d’afficher une ségrégation électorale, idée qui conduirait E.Zemmour devant les tribunaux s’il avait développé ce concept.

  2. Delon ou Bardot donnaient des leçons?
    Je n’ai pas l’impression, et pourtant ils avaient le courage de prendre position.
    Mais bon, aujourd’hui ne pas prendre position c’est soutenir l’extrême droite, donc par déduction…

    • S’ils ne donnaient pas de leçons,Delon dans les années 80 et BB un peu plus tard,ont fait connaitre leur proximité idéologique avec certains mmouvements politique.Delon,avec le FN de Le Pen père,et Bardot avec le RN de MLP,avec une incursion mentale chez Reconquête .Jusqu’au moment ou elle s’en est éloignée au motif que Z avait défendu les traditions régionales,comme la taurmachie.Elle lui a préféré MLP,éleveuse de chats ,tout en suivant assidûment les interventions nationalistes de De Villiers sur CNews.Un De Villiers qui avait clairement soutenu Z durant la campagne.

  3. Oh oui, on est tous d’accord, certains artistes se prennent pour dieu, comme si l’argent était un facteur d’intelligence. Ce qui me gène le plus c’est la capacité de certains à balayer d’un revers de la main les souffrances des autres, tout en ayant des problématiques quasi enfantine tant leur vie est facile. Quand le peuple gronde, ce n’ est jamais par hasard surtout quand les arguments sont nombreux et fiables. Le chacun à sa place n’a jamais été aussi nécessaire à notre époque et beaucoup oublient le sens du mot démocratie.

  4. Après plus de 66 années passées sur cette terre, j’ai retenu au moins une leçon : se méfier systématiquement de ceux qui en donnent. Ce sont rarement les plus vertueux !

  5. Merci Madame Riquetti de nous faire connaître les opinions nuancées de cet artiste, une forme d’intelligence de sa part et d’honnêteté, merci à lui.

  6. La gauche confondra toujours souffrance personnelle avec sensibilité légitime, une erreur manifeste d’appréciation que le peuple ignore sereinement sans même se poser la question.
    La France n’est pas responsable des traumatismes dus aux complexes inavouables des privilégiés gauchistes en repentance qui font d’elle un bouc émissaire.

  7. Les « artistes » sont pour la plupart dans leur petit monde assez déjanté, et loin ou même à l’inverse des idées de leur public. Le jour où leur public les boudera ils comprendront peut-être ?

  8. Une intelligence et une indépendance rare dans le petit monde des artistes, sportifs et autres personnages médiatiques. Parions que Julien Doré ne tardera pas à être taxé de fasciste par les bien pensants pour se refuser à aboyer avec la meute.

  9. On pense fort à Blanche, Omar, Camélia, Benjamin, Marion, Vincent, Corinne, Pierre
    #
    C’est marrant, moi qui ne suit pas le showbiz, j’arrive à mettre un nom derrière chaque prénom cité…

    • Oui, nous les connaissons tous et il en manque. L argent leur a greffé subitement un cerveau à tous avec le même logiciel. Julien Dorée est intelligent et respectueux des autres. Cela nous change de certains.

  10. C’est bien un des rares de cette profession,qu’ils soient acteurs ou chanteurs à être raisonnable et à ne pas nous donner des leçons même si intérieurement il ne partage pas forcément mes idées, il a le mérite de rester à sa place et c’est déjà bien et ses « collègues » du showbiz devraient le prendre en exemple et surtout la fermer.

  11. J’ai écouté cet entretien aussi simple qu’éloquent de vérité incontestable, bravo Julien Doré dont il nous rassure un peu sur des artistes plus silencieux que ceux qui ne pensent qu’à se répandre en propagande sur télémacron. Soulageante et salutaire déclaration…pleine de bon sens.
    J’irai un peu plus loin en osant dire que le plus méprisant dans les postures politiciennes des « artistes », c’est surtout d’être incapable d’imaginer que de nombreux français sont capables de penser et faire par eux mêmes, bien des choses qu’ils ignorent, enfermés dans leur monde.
    Enfin, une citation de Martin Heidegger à l’attention des ventriloques de la gauche morale:  » Le Simple garde le secret de toute permanence et de toute grandeur. C’est seulement dans ce que le langage ne dit pas que Dieu est vraiment Dieu ». (on peut remplacer Dieu par la vérité si on veut).

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