Bruxelles tente d’organiser l’« après-Brexit », mais avec beaucoup de difficultés car il faudrait, pour cela, que les nations d’Europe aient une seule et même philosophie de la perspective européenne. Et se voient restituer le droit de l’exprimer. Face au dogmatisme extrémiste de l’ultra-fédéralisme, si elle ne veut pas connaître de nouvelles crises de rejet démocratique, elle devra sans aucun doute renoncer à ses utopiques lubies et s’atteler à une prochaine et nécessaire refondation totale de l’usine à gaz bruxelloise, au profit d’une Europe des nations souveraines.

Simultanément, et pour des raisons comparables, le président Trump a entrepris une grande opération de démondialisation économique dont les Européens n’ont pas encore compris toutes les conséquences, focalisés qu’ils demeurent sur les facéties d’un homme qui n’a pourtant évidemment pas tout réussi par hasard. Mais Bruxelles s’est servilement coulée dans le cadre mondialiste, jusqu’à sanctifier l’OMC dans ses traités, où elle a aussi mentionné le rôle de l’.

Or, il ne faut jamais tisser des systèmes internationaux interdépendants les uns des autres. Car on institue ainsi un écheveau inextricable, qui devient un piège irréversible, et sans issue au cas où des effets imprévus et néfastes surgiraient. Les alliances militaires compliquées ont entraîné plus de guerres qu’elles n’en ont prévenu (en 1918 et en 1939). Après la chute de l’URSS, l’OTAN a subi un vieillissement accéléré. Ne fût-ce, d’abord, que pour sa raison d’être. À quoi sert une alliance sans ennemi identifié ? Il fallait donc s’en inventer un. D’où le rôle pervers de l’OTAN dans la crise ukrainienne ; Obama et Merkel, n’ayant pas compris les ressorts de cette crise, ne pouvaient plus la régler par la diplomatie. C’est ce manque d’intelligence qui la fait se prolonger encore à ce jour, faisant quotidiennement des victimes civiles innocentes, méprisées par l’oubli médiatique organisé.

Le président Trump lui-même, lors d’un meeting pour les primaires républicaines, avait jugé l’Alliance atlantique “obsolète” et défavorable à Washington. Il ajoutait même que et USA pouvaient devenir alliés. Il est plus que probable que la bataille incroyablement féroce à laquelle se livrent, sur fond de scandales en série au FBI, les puissants parrains des démocrates et des républicains relève de cet enjeu : maintenir ou non un climat de guerre froide. Fût-ce en surdimensionnant et surmédiatisant l’influence du Kremlin dans la présidentielle américaine. Car si tout cela était aussi vrai, serait-il avisé d’étaler une telle déliquescence du FBI, de la CIA et/ou de la NSA ? Et d’alimenter une telle guerre civile politique au sein des classes dirigeantes yankee ?

Les événements du Maïdan, la présence de fusées américaines en Europe et, dans les pays baltes, d’une brigade blindée américaine à partir de février 2017 ont maintenu une tension artificielle qui pénalise tout le monde. Il serait temps de refermer la boîte de Pandore. Car voici qu’un nouvel épisode vient de démontrer, une fois encore, l’incongruité de l’OTAN : le face-à-face entre les troupes américaines et leurs alliés kurdes de Syrie avec les troupes turques et leurs supplétifs djihadistes requalifiés de “rebelles syriens”… Des menaces à peine voilées ont été proférées par Erdoğan contre les forces spéciales américaines si elle se maintenaient dans la zone d’opération. Désormais se font face deux blocs : Iran/Turquie/Russie (accord d’Astana) et Arabie/Israël/USA. Les incidents dans le ciel entre Syrie et État juif en sont une autre illustration. La guerre contre Daech n’est pas encore finie que, déjà, les alliés d’hier se font face.

Comment ne pas tirer les conséquences de ce désordre conceptuel pour se mettre d’urgence à penser l’après-OTAN ?

20 février 2018

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