Patatras ! Pas d’effet pape : la popularité de Borne et Macron s’effondre

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Tout ça... pour ça ! Autant d'exposition médiatique, d'images, de communication disruptive ou traditionnelle. Autant de unes de la presse people et de journaux sérieux. Emmanuel Macron à Versailles avec Charles III, Emmanuel Macron à la messe à Marseille avec le pape François, Emmanuel Macron et le climat, Emmanuel Macron en Corse, Emmanuel Macron en Lot-et-Garonne pour les gendarmeries, Emmanuel Macron à l'école avec Gabriel Attal, etc. Cette hyperactivité présidentielle devait faire oublier une année calamiteuse où les émeutes avaient succédé au conflit des retraites. Et, accessoirement, faire remonter la popularité du Président, en berne dès l'an I de son second mandat. Le pari est perdu, si l'on en croit le sondage YouGov publié par Le HuffPost, ce vendredi 6 octobre : Emmanuel Macron perd en effet deux points en un mois. 24 % seulement des Français sont satisfaits de son action. L'un de ses scores les plus faibles depuis six ans. Tout juste son score de premier tour.

Ce sondage indique que c'est sur sa gauche qu'Emmanuel Macron perd le plus de soutiens : moins 10 points chez les sympathisants LFI. Effet pape inversé ? La résurrection des laïcards offensés par la présence du Président à la messe ? Peu probable que ce courant marginal représente un tel poids dans l'opinion. Et puis le public sensible à ce Président de centre gauche à la messe de ce pape de gauche est tout aussi réduit et déjà acquis à Emmanuel Macron : le pape ne valait donc pas bien une messe.

L'autre trou d'air est plus révélateur car il affecte l'électorat jeune : moins 15 points chez les 18-35 ans. Le décrochage présidentiel est bien plus certainement dû aux difficultés financières de tous ordres qui s'abattent sur les milieux populaires : inflation, impossibilité d'accéder au logement. Ce qu'il restait de milieux populaires encore acquis à Emmanuel Macron est en train de l'abandonner, non pas pour des raisons idéologiques mais bien économiques. Le sondage de la semaine dernière indiquant une nouvelle poussée de la cote de Marine Le Pen dans les milieux populaires enregistrait le même mouvement. Évidemment les inquiétudes liées à l'immigration, avec Lampedusa, et l'insécurité, à l'école, avec la rentrée, contribuent à braquer l'opinion contre l'exécutif. Un sondage Elabe pour Les Échos confirme l'importance du couple infernal inflation-immigration dans la rancœur de l'opinion contre Macron.

Et Élisabeth Borne, malgré une présence médiatique également très forte, voit sa popularité s'effondrer aussi : de 24 à 21 %. Il est vrai que la dame au 49.3 a enchaîné les bévues en cette rentrée, du cafouillage sur la vente à perte pour les carburants à sa confidence lunaire rapportée par Le Monde sur son incompréhension des Français : « Elle consulte les notes et les rapports qu’on lui transmet sans comprendre pourquoi "la réalité vécue des gens est totalement déconnectée des statistiques", plutôt rassurantes, lorsqu’il s’agit d’inflation par exemple. »

Sur l'inflation comme sur l'immigration, la déconnexion semble totale entre le peuple et l'exécutif. Sur un tel terreau hautement inflammable, où la parole présidentielle est démonétisée (« Aucune action ou mesure ne lui sont attribuées. À force de parler de tout, pas grand-chose ne lui est attribué », confie le politologue Bernard Sananès aux Échos), le moindre mouvement social pourrait vite virer au cauchemar et à la crise politique. Ce nouvel automne de 49.3 et ces trois ans et demi vont être bien longs.

Frédéric Sirgant
Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Quand on voit ce personnage avec un radar en main ou dans une chaise roulante ça laisse sans voix ! La fonction présidentielle est vraiment très abîmée !

  2.  » 24 % seulement des Français sont satisfaits de son action. » Ne vous inquiétez pas, ça ne descendra pas plus bas : les sondages sont programmés pour un plancher de 25%, comme pour Hollande.

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