Editoriaux - Histoire - Internet - Société - Télévision - 19 février 2018

Non, Mennel Ibtissem et une religieuse italienne ne sont pas bonnet blanc et blanc bonnet !

“Il est des faits divers qui jettent une lumière crue sur l’état d’une société. Celui-ci n’est ni criminel ni crapuleux. Pour autant, toutes les contradictions, tous les non-dits et toutes les obsessions qui nous habitent s’y mêlent.” Ainsi commence l’article publié par Témoignage chrétien sous la plume de Christine Pedotti. La suite illustre parfaitement ces contradictions, ces non-dits, ces obsessions qui habitent… l’auteur.

Le sujet ? Mennel Ibtissem, cette jeune femme musulmane dont l’interprétation d’« Hallelujah », de Leonard Cohen, dans l’émission “The Voice”, a fait le buzz après qu’on a découvert qu’elle avait manifesté, sur les réseaux sociaux, une singulière propension à relativiser les attentats islamistes. Sans compter son soutien à des associations proches des Frères musulmans ou du sympathique Tariq Ramadan. Mais sur Témoignage chrétien, dinosaure d’une gauche « chrétienne » au progressisme bien ridé, il n’est pas question de dénoncer une opération d’entrisme islamique qui sent à plein nez la « fachosphère ». Ce que madame Pedotti souligne à l’envi : “On sait aujourd’hui que l’étincelle a été allumée par ce qu’on nomme la “fachosphère”, cet ensemble de leaders d’opinion qui traquent sur Internet tout ce qui peut alimenter leur théorie du Grand Remplacement et de l’islamisation de la société.” Dire la vérité, c’est du fascisme. On le savait déjà.

Alors, à son tour, Témoignage chrétien relativise. En donnant de cette candidate une image naïve et positive. Pensez donc : chanter du Leonard Cohen, juif converti au bouddhisme, c’est prôner la tolérance et l’amitié entre les peuples ! Mais l’article va plus loin, en pratiquant ce qu’il reproche si souvent à d’autres : l’amalgame. L’horrible amalgame, rejeté avec tant de force lorsqu’il s’agit d’attentats islamiques, cette attitude opposée au fameux « vivre ensemble » devenu une valeur fondamentale du régime post-démocratique. Cet amalgame, Christine Pedotti le pratique gaiement :

“Pour mettre les choses en perspective, rappelons qu’en 2014, dans le même concours “The Voice” en Italie, la compétition a été remportée par une jeune femme voilée, une religieuse catholique, sœur Cristina, qui a sûrement dû « liker » des déclarations religieuses que tout le monde n’approuve pas. En quoi ne serait-ce pas similaire ? Une religieuse catholique pourrait-elle être sélectionnée en France ?”

Alors là, on tombe des nues. Parvenir à un tel degré de complaisance révèle, oui, “toutes les contradictions, tous les non-dits et toutes les obsessions qui nous habitent”. Placer sur le même plan une religieuse qui porte librement l’habit de son état, qui s’y est engagée librement, qui manifeste par l’expression de sa foi la certitude que l’homme est créé libre par un Dieu d’amour, c’est la même chose qu’une musulmane dont toute l’attitude est de soumission ? Le voile de la religieuse signifie-t-il la même chose que celui de la musulmane ? Le christianisme peut-il être comparé, même de loin, à l’islam ? Lorsqu’on atteint un tel degré de stupidité, il faut cesser d’écrire.

C’est, en effet, une obsession chez ces gens-là, qui se disent chrétiens. L’obsession de relativiser leur foi, de s’excuser d’être les héritiers d’une histoire, d’une civilisation qui nous a libérés. Christine Pedotti n’est pas un cas isolé, hélas. Elle participe de cette longue lignée de collaborateurs du mensonge qui voudraient que nous reniions ce que nous sommes pour complaire à ceux qui, sans relâche, nous diffament et nous détruisent. En faisant passer le mal pour le bien, et le bien pour le mal, elle contribue à cette inversion des valeurs dont notre pays crève depuis des décennies.

À lire aussi

Une école salafiste ? Jean-Michel Blanquer ne voit pas plus loin que le bout de son nez !

Jean-Michel Blanquer a utilisé le mot qui fâche. Salafiste. Un mot qui lui vaut un procès …