Nathalie Goulet : « Daech, la lutte intellectuelle contre le terrorisme n’est pas finie »

Lundi soir, à Tripoli (au nord du Liban), un terroriste sorti de prison a assassiné quatre membres des forces de sécurité avant de se faire exploser. Un tragique événement qui relance l’épineuse question de la gestion des terroristes à leur sortie de prison et de la condamnation à la peine de mort. Réaction de Nathalie Goulet au micro de Boulevard Voltaire.

Une attaque terroriste a eu lieu à Tripoli par un islamiste tout juste sorti de prison. Quatre personnes sont mortes, dont deux militaires libanais. Quelle est la situation au Liban ?

Je ne peux pas vous en dire davantage. Je ne fais pas partie de l’enquête. Ce qui est sûr, c’est que toute déstabilisation du nord du Liban, et en particulier Tripoli, va avoir des conséquences difficilement réparables sur la stabilité de toute la région.
Le Liban se remet difficilement de ses voisins turbulents. On a eu l’épisode de la constitution du gouvernement. Le Premier ministre Hariri a réussi cet exploit. Le pays se relève. Et maintenant, on a cette attaque dans le nord, tout près de la Syrie…

Le terroriste était un récidiviste. Comment faire en sorte que les terroristes emprisonnés qui ressortent radicalisés ne recommencent pas ?

La question de la lutte contre la radicalisation se pose partout.
Celui-là venait de finir sa peine. Son compte Facebook est toujours ouvert. Il embrasse ses enfants sur Facebook, poste une photo et va ensuite commettre l’irréparable.
L’évaluation est extrêmement compliquée. Je ne me prononcerai pas là-dessus.
Il faut bien comprendre que la lutte intellectuelle n’est pas finie, même si, sur le territoire, Daech a perdu tout ce qui concerne le terrorisme et la lutte intellectuelle.
La semaine dernière, j’ai fait plusieurs interventions, notamment sur l’application Euro Fatwa.
Monsieur Al-Qaradâwî est banni du territoire français, anglais et des États-Unis. Cela ne sert à rien de lui fermer les portes puisqu’il a créé cette application qui se trouve sur tous les téléphones. Il peut ainsi continuer à diffuser sa haine.
On est en proie à des choses qui nous dépassent. Il faut absolument être solidaires et ne rien laisser passer.
Aujourd’hui, soyons solidaires avec les Tripolitains.

Est-ce un bon débat de vouloir sauver les djihadistes français condamnés en Irak à la peine de mort ?

Je suis tout à fait pour rapatrier les enfants. En revanche, pour les adultes, j’avais proposé, il y a quelques années, un tribunal pénal international pour juger les djihadistes. On a considéré que ce n’était pas possible. L’idée renaît. J’ai beaucoup de mal à me faire une opinion sur ces djihadistes français condamnés à la peine de mort.
Mon cœur de juriste et d’avocat est opposé à la peine de mort et me dit de les faire rentrer.
Mais face à ces gens déshumanisés qui ont réduit en esclavage des populations entières et massacré les Yézidis et qui n’ont absolument aucune vergogne à frapper leur propre pays, mon cœur de citoyenne a du mal à considérer que cette peine de mort soit excessive.
Je suis très très partagée sur le sujet, pourtant je suis très abolitionniste.

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