Editoriaux - International - Justice - 4 juin 2019

Condamnations à mort de djihadistes français : quand « Boboland » pétitionne…

Ainsi, donc, 44 avocats ont signé une tribune, publiée par Franceinfo.fr, pour s’indigner de la condamnation à mort de terroristes par l’État irakien. Au nom d’un principe, celui du caractère absolu de l’abolition de la peine de mort, inscrit dans la Constitution française. Et en vertu de la nationalité de ces condamnés : française.

Disons tout net que cette tribune met mal à l’aise. Non par le nombre, ridicule, de signataires, auquel s’ajouteront sans doute quelques centaines. Mais à cause de la proclamation d’un principe universel – attitude bien française, certes, mais déconnectée de la réalité.

Pour ces signataires, peu importe ce qu’ont fait ces terroristes. L’énormité de leurs crimes – sur lesquels ils s’arrêtent peu – n’empêche que la France est coupable de les avoir laissés à la Justice irakienne alors qu’elle connaissait leur sort. On ne savait pas ces fervents défenseurs des droits de l’homme aussi sourcilleux lorsque les accusés se battent pour des causes moins nobles à leurs yeux. Critiquer la Justice irakienne est sans doute légitime. Mais faut-il, ici, parler de justice ?

En effet, la question n’est pas tant celle de la qualité – déplorable – d’un système judiciaire étranger très éloigné de nos conceptions occidentales. Les Irakiens n’ont pas jugé de simples trafiquants de drogue, ni des « apostats » en vertu de je ne sais quelle loi islamique. Ils sont en guerre, et osent le dire. Contrairement à nous, ils affrontent l’ennemi en face, lui donnent un nom et le combattent. Ils ont attrapé des individus venus sur leur terre pour y semer la haine, la dévastation et la mort. Des individus pour qui aucune vie ne compte, aucune culture ni civilisation, prêts à massacrer au nom d’un dieu qu’ils disent miséricordieux. Des ennemis mortels.

Alors, ils les condamnent à mort. C’est la dure loi de la guerre. C’est la loi appliquée en France, il y a 75 ans, lorsque de nombreux comités d’épuration, dans des conditions aussi éloignées de notre droit que celles dénoncées aujourd’hui, ont condamné à mort des milliers de personnes. Parmi elles, d’authentiques salopards, collabos et mouchards. Et d’authentiques imbéciles, imprudents ou opportunistes. On ne sache pas que nos 44 avocats aient jamais éprouvé la moindre honte pour ce qui reste, qu’on le veuille ou non, une justice d’exception en période exceptionnelle. C’est ce que les Algériens ont fait à nos harkis en 1962, dans des raffinements de cruauté qui font frémir, sans que ces grandes âmes s’en émeuvent encore aujourd’hui.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des questions, il serait de bon goût de cesser cette invocation permanente à leur qualité de Français. Être Français n’est pas une qualité administrative. C’est une appartenance collective à une nation, un peuple, une culture, une langue, une histoire et une terre. C’est tout cela à la fois. Lorsqu’une personne décide de renier sa terre, sa culture, sa langue, sa nation, elle n’est plus française. Lorsqu’elle décide de prendre les armes contre son pays, elle n’est plus digne d’être française. Pas plus que Salah Abdeslam n’est belge ces terroristes n’ont le droit de se dire fils de France. Ils ont renié la France, tant pis pour eux.

Si, ce qu’à Dieu ne plaise, ces gens prenaient le pouvoir sur notre terre française, nos vertueux avocats seraient bien inspirés de remiser leurs grandes déclarations dans le petit meuble qui servait à leurs grands-parents à planquer la TSF, il y a 75 ans… Ils seront les premières victimes de la folie islamiste, comme d’autres le furent de la botte de l’occupant nazi. Ce sera la guerre. C’est la guerre, sur cette terre orientale à quatre heures de « Boboland ». 75 ans de paix extérieure leur ont fait oublier le réel.

Vae Victis !

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