Editoriaux - Polémiques - Télévision - 28 octobre 2019

Nadine Morano ne reconnaît plus la cité de son enfance ? Barthès et son « Quotidien » y voient « la cité radieuse »…

« Quotidien », c’est l’émission de la vérité. Attention, hein, la vérité vraie, pas la vérité frelatée.

La preuve par ce 25 octobre où Yann Barthès, la gourmandise aux lèvres, s’en est allé débusquer les présumés mensonges de Nadine Morano. Pardon, il a « fact-checké » son interview.

Voilà donc le sujet du jour, tel que résumé sur le site de l’émission :

Le présentateur introduit le reportage en question : « Tous les jours, Laurent Macabiès regarde pour vous les matinales radio et télé, aujourd’hui il l’a pas fait. Aujourd’hui, on a lu. On a lu Valeurs actuelles », claironne Yann Barthès. Il brandit le magazine avec gourmandise, y fourre le nez comme un adolescent des années 60 découvrant son premier Playboy. Il veut faire durer le suspense… ricane en prenant la pause de trois quarts : « On a lu page 24 ce… BIJOU », « un article intitulé Ce n’est plus mon quartier ». Enchaîne avec une petite revue des horreurs proférées par l’eurodéputé et finit par cette proposition audacieuse entre toutes : « Et si on allait acheter du jambon à Nancy ? »

Attention, ça va « fact-checker » dur…

On a compris : contrairement à ce que dit Nadine Morano sur la cité de Nancy où elle a passé son enfance, non non rien n’a changé. Les petites filles y sont toujours blondes, leurs mamans cheveux au vent et l’épicier prospère y vend jambon et museau de porc. Prétendre autre chose est nier la réussite du vivre ensemble. Preuves à l’appui : les équipes de Barthès, ont trouvé la femme blanche. Pas les femmes voilées qui, comme le reste de la population, doivent être à la maison vu que la cité est totalement déserte. La dame mange du jambon. Tout va bien. Également pour le monsieur en blouson qui surgit entre deux portes. Il paraît qu’il sort de la mosquée. Si on nous le dit… Et l’autre qui monte dans sa grosse voiture va très bien aussi. L’épicier en djellaba va très bien également. Il n’a pas de slogans haineux sur sa vitrine mais une banderole en hommage à Chirac. Le supermarché voisin vend du jambon, lui, on ne sait pas. S’il a vu Nadine Morano ? Oui, mais de l’autre côté de la boutique. Elle était avec un monsieur qui prenait des photos. De quoi ? On ne sait pas non plus. Peut-être y avait-il écrit « Nique la police », de l’autre côté. Les équipes de « Quotidien » sont restées côté Chirac, avec vue sur les palettes. C’est mieux.

Voilà, c’est fini. La preuve est faite que le Haut-du-Lièvre est une cité radieuse.

Les confrères de Yann Barthès ne s’y sont d’ailleurs pas trompés qui l’ont félicité sur Twitter. Ainsi Christophe Beaugrand, le présentateur de TF1, qui s’est enflammé : « À voir absolument (sic), pour comprendre comment certains politiques irresponsables mettent de l’huile sur le feu en mettant à mal le vivre ensemble. » Et l’ineffable Jean-Michel Aphatie en a remis une couche : « Travail exceptionnel (sic) et salutaire de Quotidien pour démonter les mensonges de Nadine Morano et Valeurs actuelles. »

« Quotidien » en route pour le prix Pulitzer, peut-être ?

Nadine Morano a réagi avec le franc-parler qu’on lui connaît : « J’ai vécu 25 ans dans ce quartier. “Quotidien” fait, lui, un aller-retour en TGV dans la journée et calibre ses images de propagande. Une télé-poubelle cautionnée par Christophe Beaugrand et Jean-Michel Aphatie. C’est leur sens de la démocratie. » Et de proposer au dernier de lui offrir « deux mois de loyer » pour un séjour en immersion. « Vous écrirez moins d’idioties », lui dit-elle.

Quelque chose me dit que le dénommé Aphatie va décliner la proposition. Des patates à dégermer en urgence, le dîner du siècle, des pieds paquets à ficeler… pas le temps !

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