Mort de Quentin : la thèse complotiste de Mélenchon

Depuis longtemps, la gauche use de la théorie du « complot fasciste » pour se sortir de ses mauvais pas.
Photo by Ed JONES / AFP
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Plus c’est gros, plus ça passe. Mise en cause dans le meurtre d’un jeune homme, l’extrême gauche française tente le tout pour le tout pour s’en sortir. Et ça marche. Bien peu de médias ont pris la peine de souligner les propos ahurissants tenus par les membres de La France insoumise, ces derniers jours. Dimanche, BV a été le premier à dénoncer la déclaration de Mathilde Panot qui prévenait, toute honte bue, qu’elle n’accepterait « jamais » que ses adversaires politiques prennent le pouvoir « légalement par les urnes ». Nous avons ensuite épinglé Jean-Luc Mélenchon qui, en face de ses relais médiatiques, en appelait au démantèlement du groupe Bolloré. Mais un autre aspect de ce discours est passé largement inaperçu auprès de nos confrères : la tendance complotiste du leader LFI. À l’écouter, la mort de Quentin Deranque s’inscrirait dans le cadre d’une vaste opération lancée par « l’extrême droite » contre les gentils antifascistes. « C’est un plan !, s’est-il exclamé, lundi 23 février, devant une petite assistance acquise à sa cause. On ne me fera jamais croire que ce traquenard de Némésis contre Rima n’était pas planifié dans le cadre d’une vision d’ensemble. Je pense que ces gens avaient décidé de faire monter d’un cran la tension en vue de l’élection. »

Cette envolée paranoïaque n’a rien d’un dérapage. Jean-Luc Mélenchon a défendu la thèse du complot à plusieurs reprises, lors de son allocution, rejetant la responsabilité de la mort de Quentin sur les jeunes femmes du collectif Némésis. « Némésis monte des complots !, s’est-il écrié. Et quand Rima était à Lyon, elles ont monté un complot pour qu’il y ait une bagarre ! La preuve, c’est qu’elles étaient à la porte ! La preuve, c’est que les autres étaient embusqués dans un tunnel en attendant je ne sais quoi. C’est un traquenard qui se préparait à Lyon ! »

À la décharge du chef de l’extrême gauche française, notons que certains médias lui ont complaisamment donné du grain à moudre. L’Humanité et BFM TV, notamment, ont alimenté la stratégie d’inversion accusatoire mise en place par LFI et accusé Némésis d’avoir pour habitude de servir d’« appât » « pour piéger des militants de la Jeune Garde »… Traîné dans la boue, le collectif féministe a balayé une « intoxication grossière » et prévenu qu’il porterait plainte contre tout propos diffamant. « Nous ne laisserons rien passer », ont fait savoir les jeunes femmes.

La nature complotiste de la gauche

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon se distingue par son imagination débordante. Souvenez-vous, en 2021, il revisitait à sa manière les attentats islamistes commis à Toulouse par Mohammed Merah. « Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Élysées [en 2017...]. Tout ça, c'est écrit d'avance », lançait alors Jean-Luc Mélenchon, dans l'émission Questions politiques, sur France Info. À l’époque, toute la caste s’était émue de ces propos. Le centre et le PS avaient poussé des hauts cris, jugeant que Jean-Luc Mélenchon n’était dès lors plus en mesure de « prétendre à devenir président de la République »… avant de finalement faire front commun avec LFI contre le RN lors des élections législatives, trois ans plus tard.

Il est de bon ton, dans les médias, d’accuser la droite de « surfer sur les peurs », mais que devrait-on dire de la gauche ? Cette dernière n’a de cesse de prédire l’apocalypse écologique, la mise en pièces des « droits humains » ou encore des pluies de sauterelles en cas de victoire des patriotes. Jean-Luc Mélenchon prend ses désirs pour des réalités lorsqu’il évoque une « montée des pétainistes » ou un contexte actuel « pire que ce qui se passait à gauche dans l’Allemagne au moment où les nazis étaient en train de gagner », mais il ne fait que livrer une version radicalisée du discours complotiste que tient la gauche depuis trente ans. Du cimetière de Carpentras à la mosquée de Pau, le camp du Bien a une fâcheuse habitude d'accuser la droite à tort et de voir des conspirations là où il n'y en a pas. Un petit « théâtre antifasciste » qui lui a permis de s’exonérer de ses propres responsabilités et qui, hélas, est toujours d’actualité.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/02/2026 à 23:44.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

47 commentaires

  1. En visionnant les images (qui à mon goût sont pléthore surtout sur le média Cnews et accordent trop d’intérêt à ce tribun bolchévique) , donc disai-je , elles me font penser (ces images) à une horde de félins et tout particulièrement dont celle des lions où le mâle dominant rugit et les lionnes vont chasser pour alimenter le groupe . Le parti Lfi est à la politique ce qu’est le règne animal à la jungle.

  2. Il faut être d’une grande malhonnètteté intellectuelle (fanatique) ou décérébré pous suivre Mélanchon dans ses élucubrations .

  3. Je suis triste pour la famille de QUENTIN qui en plus du chagrin doit supporter d’entendre toutes les insanités dites par des responsables politiques concernant leur enfant assassiné !!De tout cœur avec eux !! Comment en sommes nous arrivés là de ne même plus respecter la mort ??

  4. Mais, monsieur Melenchon, s’il s’agit d’un complot, comment vous, si fin, si tellement au dessus des autres, ne l’avez-vous pas senti venir ? comment avez-vous pu laisser vos nervis s’y jeter comme des benêts dont le cerveau se trouve dans les biceps. Comment vos « troupes de choc » ont-elles pu ne pas voir que les 7 jeunes filles et 3 garçons, sans cagoules et sans armes étaient en train de piéger la vingtaine de vos hommes de main, visages masqués, équipée de gants a coque et de barres de fer ? L’extrême Droite est dangereuse, c’est vous qui le dite et vous vous êtes laisser savoir comme un lapin de 3 semaines ? Vous baissez, monsieur Melenchon. Ne serait-il pas temps de raccrocher ?

  5. C’est « celui qui dit qui y est », comme à la récréation dans la cour de l’école primaire.
    Le facho c’est lui et sa bande de gauchos.

    • « L’ennemi, ils est con l’ennemi. Il croit que l’ennemi c’est nous alors que l’ennemi c’est lui… ». (Pierre Desproges)

  6. L’audio-visuel public dans son rôle de l’information c’est devenus la trieuse mécanique. Les paroles de ces leader d’extrême gauche sont a même de les mettre en examens mais sont ils intouchables a ce point.
    Mélenchon parle beaucoup trop ce qui l’oblige pour tenir la longueur d’aller de plus en plus loin dans l’extrême absurdité.
    Pour ces gens là, éructer le mot antifasciste deviens une réaction spontané préenregistré prêt a être ressorti n’importe quant et pour n’importe quoi même dans l’absurde.
    D’autant comme nous dans notre jeunesse nos parents qui ont connus çà on le sait fort bien ce qu’est le nazisme et le fascisme alors qu’eux n’ont même pas pris le temps de se renseigner.

  7. Et dire que des jeunes, des personnes d’un certain âge aussi, sont séduits par cet odieux personnage ! Il est abject à tout point de vue ! C’est la séduction du Diable ! Effrayant !

  8. Ce qui reste de cet homme (?) est insupportable et dangereux.  » Depuis longtemps, la gauche use de la théorie du « complot fasciste ». En vérité depuis Staline, ce qui ne l’a pas empêché de s’allier durant 3 ans avec les Nazis, assez comparables par les  »méthodes » et les mensonges. Reste à savoir si au second tour des municipales le PS et les Verts mendieront une alliance avec la Peste Rouge.

  9. Dans la vie, on imagine toujours les gens à sa propre image personnelle.
    J.L.M., complotiste comme le sont souvent les gens de gauche, imagine que ses adversaires politiques fonctionnent comme lui.
    Mais non il y a des personnes honnêtes intellectuellement en face de lui.

  10. Si il y en a un autre à « écarter », c’est bien lui.

    C’est à se demander lequel des deux furieux est le plus dangereux.

  11. mélenchon est à Lyon aujourd’hui pour chercher ce qu’il reste de la  » jeune garde  » en liberté, il y a surtout pour essayer de créer une riposte des ultra droite qui ne sont pas des enfants de coeurs non plus, espèrons que ces derniers ne viendront pas mettre le souk chez mélenchon puisqu’il aura beau jeu d’en rajouter à sa victimisation.

    • « des ultra droite qui ne sont pas des enfants de coeurs non plus » : Des noms , des noms, des noms ! J’entends rien .

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