Il y a le projet contesté d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes au sujet duquel, après des discussions et une concertation menée avec les élus de la région par le Premier ministre, une décision sera enfin prise avant la fin du mois de janvier.

Cela ne pouvait plus durer, en effet, car la gestion par l’État, sous toutes ses latitudes, de cette affaire qui n’a que trop empoisonné le depuis de nombreuses années a été calamiteuse.

Une consultation populaire va probablement être négligée parce que son résultat n’est plus à l’ordre du jour et qu’un rapport très opportun commandé par le pouvoir offre à celui-ci une autre alternative que la construction d’un nouvel aéroport. Cela fera de la peine à Jean-Marc Ayrault, qui s’en relèvera.

Le réaménagement de l’aéroport actuel de Atlantique paraît bien être, malgré les dénégations du Premier ministre qui ne veut pas donner l’impression que la cause est entendue, l’option qui sera privilégiée. À elle seule, elle ne réglera pas le terrible problème d’ordre public ayant trait à l’évacuation de la ZAD, avec des zadistes qui se sont préparés à une véritable guerre, avec “des pièges, des miradors, des choses pour faire mal”. Cette solution, si elle est adoptée, aussi choquante que soit la relégation de l’opinion contraire populaire, n’ajoutera pas en tout cas de l’huile sur un feu déjà extrêmement dangereux.

Le premier vrai défi à l’État et à son autorité. Le premier test grandeur nature.

J’ai entendu ou j’ai lu beaucoup de critiques sur Gérard Collomb dont l’âge, paraît-il, inquiète. Comme si l’âge en lui-même pouvait engendrer des enthousiasmes ou susciter des craintes ! À sa manière, le ministre d’État a tenu son rôle, entre fermeté et compréhension, il a fait voter une loi capitale pour renforcer l’État de droit et muscler la , il a tant bien que mal, avec une de plus en plus frondeuse, voire exaspérée, maintenu des liens et veillé à sa . Durant ces huit premiers mois, sans avoir une tâche facile, il n’a pas eu à affronter une véritable dont le dénouement souhaité par tous va représenter une preuve ou non de l’efficacité du pouvoir.

Le ministre de l’Intérieur, conscient du risque que va représenter l’éradication d’une zone autonome et prête à tout, sans doute désireuse de faire céder à nouveau l’État ou de le conduire aux pires extrémités, pourra au moins compter sur le fait que “six Français sur dix encouragent Collomb à utiliser la force pour déloger les réfractaires”. Ce soutien n’est valable, et n’existe, qu’à cause de la conviction de cette opinion majoritaire persuadée que, cette fois, si j’ose dire, c’est la bonne !

Il faudra aussi que l’opinion publique et la classe acceptent par avance la rançon qui pourra être douloureuse, lourde, traumatisante d’une intervention nécessaire et justifiée. Le Premier ministre est tout à fait conscient, d’ailleurs, des tragédies possibles (JDD).

Il ne conviendra pas, comme trop souvent en France, d’exiger puis de fuir, de réclamer puis de déplorer, d’enjoindre puis d’accuser.

Pas comme pour Sivens, où la gendarmerie obéissante a dû agir sans être soutenue par la suite.

Ce pouvoir n’agira avec la force que requiert cette remise en état de la ZAD que s’il a la certitude d’être approuvé non seulement dans le principe de l’action mais pour les modalités de l’action elle-même.

Cette ZAD n’est, apparemment, que le début d’une vaste offensive des zadistes à travers le pays, avec une cinquantaine de foyers potentiels, dont douze très préoccupants.

Mais pour le mois de janvier, une zone est à dégager.

On saura alors si l’autorité de l’État n’a été qu’une promesse ou si elle s’est manifestée.

8 janvier 2018

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