Alors que Barack Obama avait prétendu que les États-Unis avaient la responsabilité morale de construire un monde débarrassé des armes nucléaires (comme si le destin du monde était de leur unique responsabilité), voici que le pays de l’Oncle Sam revient avec l’ambition de revoir entièrement son arsenal nucléaire, notamment via le développement de ce que les commentateurs appellent allègrement “des mini-armes nucléaires”.

Ainsi le Pentagone a déclaré que, depuis 2010, date du dernier examen du dispositif nucléaire, les menaces émanant, notamment, de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord justifieraient le développement de ce nouvel arsenal. Pourtant, évalués les uns après les autres, ces trois pays ne semblent pas forcément être un danger militaire immédiat pour les États-Unis.

La Corée du Nord a, à sa tête, un petit dictateur local, certes fort en gueule, mais dénué d’ambition autre que protéger son petit pré carré. Une sorte de chien constitué de la gueule d’un pitbull mais des pattes d’un caniche.

La Russie, elle, ne menace pas non plus les États-Unis sur un plan militaire, bien au contraire. Servant de monstre à abattre, la Russie permet à l’OTAN de continuer à exister grâce a une légitimité toute relative. Et, à bien y observer, l’OTAN, par ses positionnements stratégiques en , semble plus vouloir détruire la Russie par l’isolement que l’inverse.

Enfin, la Chine représente une menace bien plus économique que militaire (les États-Unis étant encore, de loin, leader mondial dans ce domaine). Surtout que les États-Unis disposent de bases militaires un peu partout sur la planète, contrairement à la Chine.

Finalement, le développement de cet arsenal permet, sous couvert de lutter contre le camp du mal (pour ne pas changer), de remettre les États-Unis dans le rôle du gendarme ou, pour mieux coller à la culture locale, du super-héros mondial. Il faut dire que, dans la lutte contre l’État islamique, les États-Unis se sont montrés plutôt minables, surtout face à la Russie.

Comme à l’accoutumée, il est de bon ton de minimiser la puissance que pourraient procurer ces armes à leur propriétaire. C’est qu’il ne faudrait pas affoler l’opinion publique. Ainsi, le Pentagone a affirmé que l’utilisation de ces armes serait une solution préférable à l’utilisable des armes nucléaires traditionnelles qui s’avèrent beaucoup trop puissantes pour être utilisées. Réflexion non dénouée de sens mais un brin mensongère, quand on songe que ces « mini-armes nucléaires » seraient tout de même plus puissantes que les bombes tombées sur le Japon dans les années 40.

Mais si le développement de ces armes s’appuie sur du vent, la menace qu’elle produit pour l’équilibre mondial reste réellement. Il n’est pas inutile de rappeler qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un animal blessé… Sauf, peut-être, un pays qui l’est tout autant.

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