« Ces individus très souvent se revendiquent mineurs et bénéficient de tous les droits qui accompagnent le statut très protecteur de l’enfant en France. »

Tout en soulignant la difficulté qu’ont les services de police à prouver l’âge des délinquants, Michel Thooris revient sur l’attentat de vendredi dernier près des anciens locaux de commis par un « mineur non accompagné » de 25 ans. L’assaillant arrêté avait menti sur son âge et son identité.

Un attentat s’est produit à côté des locaux de Charlie Hebdo. La personne qui a commis ce crime est un ressortissant pakistanais mineur non accompagné. On a finalement appris qu’il avait 25 ans… C’est toujours le même scénario et les mêmes faiblesses de l’État français.

Le problème des mineurs isolés sur le territoire français est un problème récurrent sur lequel notre syndicat de police alerte depuis des années. Ces individus se revendiquent très souvent mineurs et bénéficient ainsi de tous les droits qui accompagnent le statut très protecteur de l’enfant en France. À la fois les droits sociaux, mais surtout les droits juridiques. Aujourd’hui, le droit français fait qu’un mineur bénéficie d’une quasi-impunité sur les délits et les crimes qu’il peut commettre. C’est finalement un peu la double peine pour les Français en termes de sécurité. Ils doivent effectivement fournir des prestations sociales à des individus qui ne sont pas mineurs. Lorsque ces individus majeurs, sous couvert de la minorité, commettent des crimes et des délits, ils bénéficient d’une justice d’exception, celle de l’ordonnance de 1945 extrêmement favorable aux mineurs délinquants.

Cet attentat a eu lieu à deux pas des anciens locaux de Charlie Hebdo. Le meurtrier ne savait pas qu’ils avaient déménagé. Visiblement, il n’avait pas « préparé » le terrain…

C’est une action d’opportunité. Cet attentat s’inscrit à la fois dans le procès qui s’est ouvert devant la Justice, mais aussi dans le cadre de la republication des caricatures du prophète Mahomet. Je pense que c’est une conjonction d’événements qui fait que ce terroriste a pris la décision de passer à l’acte. On pourrait qualifier ce terrorisme de low cost. Manifestement, cet attentat avait peu de logistique, peu de moyens et peu de préparation, mais il a rempli son objectif de maintenir à flot une idéologie extrémiste. Les terroristes sont aujourd’hui en capacité de frapper n’importe quand.
Les tentacules et les métastases de cette organisation peuvent aujourd’hui continuer leur travail n’importe où en Europe.

Qu’est-ce que cette personne faisait encore sur le territoire national ?

C’est tout le problème. Il faut être bien conscient de la situation. En France, on n’expulse plus personne, ni majeur ni mineur. Même si cet individu avait été identifié et connu comme majeur, aurait-il été davantage expulsé ? Je peux vous dire que non !
La Cour européenne des droits de l’homme, poussée par un certain nombre de lobbies et d’associations, a obtenu tout ce qu’elle voulait. Plus précisément, rendre le clandestin intouchable et inexpulsable. Voilà la réalité de la situation, aujourd’hui, en France. Toute personne qui met les pieds sur notre sol fera l’objet, de manière administrative, de décisions qui font qu’elle devrait ne plus être sur le territoire. Dans les faits matériels, ces personnes ne sont pas expulsées.
Il suffit d’un simple refus d’embarquer d’une personne expulsée pour qu’elle ne soit pas reconduite dans son pays par la force.
Cela soulève également la question de l’examen osseux. Ces examens osseux ne sont plus pratiqués de manière systématique, sous pression des lobbies de gauche et de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est un moyen relativement fiable de pouvoir discriminer un vrai majeur d’un faux mineur. Aujourd’hui, ces faits ne sont plus pratiqués puisque les associations, sous couvert, se plaignent de tests invasifs pour l’enfant. Un examen osseux est une radio.
On a retiré petit à petit aux États tous les moyens de pouvoir faire la lumière sur la minorité ou la majorité d’un individu pour permettre à des majeurs de bénéficier des droits très privilégiés des mineurs. Cela s’inscrit dans une ligne politique et idéologique. Lorsque vous voyez que Mme Macron a fait pression pour faire interdire la fessée, c’est toute cette obsession qui tourne autour des mineurs. On demande depuis des années à ce que l’ordonnance de 1945 soit revue dans un sens qui permette de réprimer des mineurs délinquants criminels. Le gouvernement fait tout l’inverse. Il essaie de rajouter toujours plus de droits pour garantir toujours plus d’impunité à des mineurs qui ne le sont pas toujours. On ne peut plus les isoler comme majeur, puisqu’on nous a retiré les moyens techniques.

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