Comme bien des Français, il m’arrive de faire mes courses dans un centre commercial. On y entre masqué et, si le chaland est loin, de respecter les sens de circulation et les « bons réflexes », les vigiles veillent : « Au-dessus du nez, Madame ! »

Masqués partout, masqués toujours… Attention, la mort rôde au détour du rayon frais. Elle rôde beaucoup plus sûrement, à mon humble avis, autour des kilomètres de cochonneries sucrées/salées qui garnissent les consoles, mais bon, c’est une autre histoire. Quoique. Le virus, on le sait, s’attaque plus volontiers aux sédentaires en surpoids qu’aux marathoniens.

Donc, dans ce centre commercial, nous allons masqués alors qu’un message nous chatouille en boucle les oreilles : « Respectez les gestes barrières, et quand vous ne pouvez maintenir la distance de sécurité, portez le masque. » Masquez vous quand vous ne pouvez maintenir la distance de sécurité, ça semble une évidence dictée par la logique, et pourtant… Pourtant, l’on voit des gens seuls et masqués dans leur voiture, des fous qui courent dans la campagne leur masque sur le nez, des cyclistes, des randonneurs pressés, semble-t-il, de se protéger… d’eux-mêmes ! Bref, cette histoire de masque est un voyage quotidien en Absurdie.

Il n’y a qu’à regarder les débats quotidiens d’une pléthore de Diafoirus patentés pour mesurer le degré de folie dans lequel notre monde a sombré. On s’étripe sur les plateaux, on se balance anathèmes et insultes, on prononce les excommunications majeures. C’est ainsi que l’ineffable se retrouve encore l’objet d’une polémique. Parenthèse : jetant un œil à sa bio sur Wikipédia, je lis ceci : « C’est au cours de son internat qu’il développe un humour de type carabin, par sa fonction “d’économe” et de président chargé d’organiser les fêtes et les soirées dans les salles de garde. » C’est ce qu’on appelle une vocation… Bref, invité, samedi, dans l’émission de Laurent Ruquier « On est en direct », sur France 2, il a osé dire qu’il ne portait pas systématiquement le masque dans la rue.

À Ruquier, qui lui demandait « Il ne faut plus embrasser personne en ce moment ? », Michel Cymès a répondu : « Alors, ça dépend, soit vous êtes complètement radical, en vous disant “Si moi j’ai le virus sans le savoir parce que je suis asymptomatique, et que j’embrasse ma femme, je risque de lui refiler”, alors vous n’embrassez plus personne, vous ne rencontrez plus personne, et même vous ne parlez plus à personne ; soit vous décidez de vouloir vivre un peu. […] Moi, par exemple, je ne porte pas de masque dans la rue, parce que j’estime que ça ne sert à rien, sauf si on est dans une rue bondée, parce que commerçante, parce qu’on croise plein de gens. » Cela, avant de conclure : « Voilà, alors pour revenir au baiser, moi oui, j’embrasse ma femme ! »

Et que croyez-vous qu’il arriva ? La polémique. Tous les marchands de trouille au ventre sont grimpés sur leurs grands chevaux : comment ose-t-il, ce propagateur de virus, quel inconscient ! Pour une fois, les propos de Michel Cymès me semblent pourtant frappés au coin du bon sens. Il est, d’ailleurs, en quelque sorte, rejoint par son alter ego russe, le médecin et présentateur de télévision Evgueny Komarovsky. Son remède pour éviter la maladie ? Passer le plus de temps possible dehors.

Partant du principe que la gravité de la maladie dépend non seulement de l’âge de la personne atteinte mais de la quantité de virus qu’elle absorbe, il estime qu’on est beaucoup plus en sécurité à l’extérieur qu’entre les quatre murs d’un appartement. Donc, en résumé, pour éviter le Covid-19, mieux vaut être sportif, mince, optimiste, en bonne santé et en plein air que sédentaire, obèse, maladif, pété de trouille et confiné. Cela dit, portez-vous bien !

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