À l’issue d’une mobilisation catholique saine et vivifiante, quoique largement exagérée (pour une fois) par les , le Premier ministre recevait, lundi, « les principaux représentants des cultes », selon l’expression consacrée (un peu comme on dit « la ronde des fromages » ou « la farandole des desserts », vous voyez le truc). Sauf que c’était virtuel, cette fois, à cause des « gestes barrières ».

Dans cette farandole, il y avait notamment Monseigneur de Moulins-Beaufort, pour le culte catholique. Lequel se fendit d’une déclaration en sortant de cette « visio ». Pas de changement dans le cap du gouvernement, relaya-t-il, mais peut-être quelques évolutions mi-décembre, quoique sans chants (vecteur aérosol) et en respectant 4 m2 d’espace pour chaque fidèle (ce qui fait cher, dans le quartier de Saint-Sulpice, par exemple). Parole relayée dans le plus grand des calmes, comme on dit. Et sans un mot à y redire.

Alors, me direz-vous, à quoi bon ces manifs, ces chapelets, ces « prières de rue », comme disent les flics ? À quoi bon passer pour des « intégristes » aux yeux des abrutis des (« ils peuvent prier chez eux, la c’est le plus important, ils font ça pour frimer », etc.) ? À quoi bon ce mouvement bon enfant mais profondément exaspéré par toutes ces brimades, puisque la parole gouvernementale est désormais appuyée par NNSS les évêques de ?

Je ne sais pas ce qu’ont cru les catholiques qui demandaient simplement la ; je ne sais pas dans quel pays ou en quel siècle ils se croyaient. D’autres catholiques plus à la page leur ont d’abord répondu « Oui, on ne peut pas partager l’Eucharistie, mais il faut se protéger hein, quand même ». Déjà, cette formule « partager l’Eucharistie » : OK, boomer ! Et préserver la petite santé, bien sûr. Et maintenant, les évêques s’y mettent.

En fin de compte, les meilleurs porte-parole des décisions hostiles aux catholiques sont sans doute les catholiques eux-mêmes. À commencer par leur clergé. Ils n’auront que ce qu’ils méritent.

17 novembre 2020

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