Il est étonnant de voir les cerveaux scotchés à l’actualité la plus immédiate, en prenant pour argent comptant le scénario proposé.

À en croire certains, aurait été écrasé, pris à son propre piège. Un imbécile, quoi… Et si, justement, c’étaient ceux d’en face qui s’étaient enfournés dans un traquenard subtil ? À l’italienne. Croyez-vous vraiment que le patron de la Ligue se fût illusionné au point de croire qu’il allait provoquer des précipitées, sachant que les autres louchaient sur son succès médiatique et ses excellents sondages ? Quelle naïveté !

Il savait que la « combinaison », dernière ressource d’une oligarchie aux abois, fonctionnerait encore, entre un Parti démocrate déconsidéré, et un Mouvement 5 étoiles en perte de vitesse et acculé aux pires compromissions. Le ministre de l’Intérieur n’a-t-il pas, dans un rythme quasi stakhanoviste, enchaîné les opérations de séduction, sur les places publiques, le cœur de la cité italienne, sur les plages, devant les caméras ? Il était assez fin pour ne pas trop miser sur un mouvement dit « populiste » qui n’est, somme toute, qu’un agglomérat de mécontentements sans doctrine ni ossature. Un syndicat des ressentiments, sans avenir, voué au néant. Tandis que Salvini a une pensée, une doctrine, une ligne, une stratégie et une tactique. C’est lui, le chasseur, et ses ennemis, les proies. Tout n’est plus qu’une question d’occasion, et le lapin passera bien dans la ligne de mire, un jour ou l’autre…

Salvini sait que le peuple italien en a assez de l’ de Bruxelles et de sa stratégie d’étouffement des nations. Il sait que revenir sur les mesures d’obstacle à l’ massive serait rapidement creuser le trou où les responsables de cette folie seraient jetés. Il sait qu’il a le temps pour lui, quelle que soit la date des élections, inévitables. Il ne peut, en tant que SEUL opposant, que capter la bienveillance des électeurs et, in fine, engranger des bénéfices électoraux.

Ce dont les « commentateurs », qui prennent leurs désirs pour des réalités (on l’a vu avec les énormes bêtises que les « experts » ont commises dans leurs prédictions au sujet de l’élection présidentielle américaine, du Brexit, du de 2005, etc.), manquent, c’est, à l’évidence, le sens de la durée, sans compter l’intuition des véritables mouvements de fond. Ils ne savent pas ce qu’est l’Histoire, car ils ne lisent pas, ne pensent pas et suivent leurs pulsions addictives : tout ce qui est bon pour l’oligarchie transnationale est bon pour la planète. La « pensée unique », que Chirac critiqua un moment, puis à laquelle, finalement, il se plia, est l’alpha et l’oméga de leur réflexion.

L’affaire Salvini – qui n’est certes pas finie ! – en dit peut-être plus sur ce que sont la presse, les politiciens corrompus et tous les profiteurs du système que sur la réalité des choses. Encore une fois, le bon vieux dicton « Rira bien qui rira le dernier » est… d’actualité !

7 septembre 2019

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.