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Audio - Coronavirus - Politique - Santé - 17 mars 2020

Marine Le Pen : « Quand on déclare la guerre, il faut que les ordres soient clairs »

La présidente du RN a confié à Boulevard Voltaire ses impressions sur l’allocution d’Emmanuel Macron et l’état de confinement du pays : « Le président de la République a à peu près repris l’intégralité des mesures que j’avais réclamées, ce qui veut dire que l’on peut aussi puiser son inspiration dans l’opposition. »

Emmanuel Macron s’est adressé une deuxième fois aux Français. Qu’avez-vous pensé de la prestation du chef de l’État ?

Je fais rarement de compliment, mais ce soir mes compliments vont plutôt aller au ministre de l’Intérieur. Il m’est apparu beaucoup plus clair que ne l’a été le président de la République.
Quand on déclare la guerre, il faut que les ordres soient clairs. Or, j’ai trouvé que les instructions données par le président de la République ne permettaient pas aux Français de savoir précisément ce qu’on attendait d’eux. Le ministre de l’Intérieur a été beaucoup plus clair. Nous sommes dans le cas d’un confinement strict. Il suffisait de le dire. Les mots les plus simples permettent d’appréhender la situation. On est en situation de confinement. Je m’en réjouis évidemment, puisque j’avais réclamé ce confinement depuis un certain temps. Je l’avais réitéré hier soir lors de mon allocution après le premier tour des élections municipales.


Le chef de l’État donne un cap et ses ministres exécutent. Pour la première fois, vous avez eu des mots aimables à l’égard de monsieur Castaner.

Il est vrai que ce n’est pas souvent. Je pense qu’en écoutant monsieur Castaner, les Français ont compris ce qu’on attendait d’eux. Beaucoup moins de personnes ont écouté monsieur Castaner que le président de la République. Je souhaitais qu’il utilise le mot confinement. Après l’allocution du président, on ne savait pas bien si on avait le droit d’aller voir les voisins ou non ou si on pouvait aller travailler si on ne pouvait pas faire du télétravail. On est exactement dans la même situation et avec les mêmes modalités que ce qui se déroule actuellement en Italie. Il faut dire les choses simplement aux Français. Ils ont tous pour objectif d’éradiquer cette épidémie. Ce soir, Emmanuel Macron a manqué de simplicité et de clarté.


La ministre des Transports, Élisabeth Borne vous avait accusée pendant la soirée électorale de faire de la politique politicienne, alors que l’heure était au rassemblement.

Je suis assez contente d’avoir exprimé ce qui me semblait nécessaire dans mon allocution, puisque le président de la République a à peu près repris l’intégralité des mesures que j’avais réclamées. Ce qui veut dire qu’on peut aussi puiser son inspiration dans l’opposition…


Comment jugez-vous ces résultats. La plupart des maires Rassemblement national avaient été réélus dès le premier tour. Est-ce un succès ?

Oui, bien sûr. C’est la validation de la qualité de la gestion qui a été celle des élus du Rassemblement national. C’est évidemment une grande joie et une grande satisfaction avec des scores parfois historiques comme celui de Steeve Briois de plus de 74 % à Hénin-Beaumont. C’est un beau signal envoyé par les électeurs. Il y a eu beaucoup d’abstentions. La crainte du coronavirus a particulièrement touché les classes populaires. Nous nous en doutions et nous le craignions et c’est exactement ce qui est arrivé. Par conséquent, le Rassemblement national a très certainement souffert de ce manque de participation.

Louis Alliot arrive en tête à Perpignan et déjà se dessine un front républicain, le fameux cordon sanitaire autour du Rassemblement national. Pensez-vous que ce front républicain existe encore ou alors existe-t-il encore dans les vœux ?

On verra cela. Le second tour est probablement repoussé au mois de juin. Nous avons beaucoup beaucoup plus de problèmes à gérer aujourd’hui avec la crise sanitaire, économique et sociale que nous allons vivre plutôt que ces manœuvres de base politique.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux Français ?

Je souhaite leur dire qu’ils respectent scrupuleusement les consignes qui leur sont données. Nous avons vu ce qui s’est passé dans d’autres pays. Les pays qui ont réussi à juguler l’épidémie sont les pays qui ont réussi à mettre en place un confinement strict et strictement respecté par la population.

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