Manifestation du 16 mars : sommet d’incompétence au plus haut niveau de l’État

Le narcissisme d’Emmanuel Macron est un danger pour le pays. C’est lui qui lui a permis de séduire pendant la campagne. C’est encore lui qui lui a inspiré un début de mandat jupitérien qui a flatté notre vanité nationale. Mais c’est lui qui l’a empêché de percevoir l’importance de l’affaire Benalla, laquelle a durablement fissuré son image. C’est toujours lui qui lui a fait distiller des phrases méprisantes à l’encontre d’un peuple qui commençait à subir les conséquences d’une politique injuste et fiscalement insupportable. C’est ensuite lui qui l’a conduit à imaginer que sa tournée du grand débat et sa maîtrise rhétorique allaient clore la révolte des gilets jaunes. C’est, enfin, lui qui a suggéré d’aller skier puisque le mouvement déclinait. Macron compte sur les européennes pour consolider sa majorité. Mais, là encore, il a présumé de ses forces en voulant être le champion d’une Europe refondée sur la victoire du progressisme sur le nationalisme. Sa tribune européenne a reçu une réponse, pleine de dédain, de la nouvelle patronne de la CDU allemande. Le maître des horloge ne sait manifestement plus quelle heure il est et quelles cloches vont sonner à ses oreilles.

Le samedi 16 mars restera comme la preuve du contraire de ce que les naïfs pouvaient attendre de l’élection d’Emmanuel Macron : l’arrivée de la compétence au pouvoir. Pour la transparence et l’éthique, ils savaient déjà, depuis Benalla, qu’ils avaient été trompés. Le pouvoir a, en effet, atteint un sommet d’incompétence. Incapable de mettre fin à un mouvement anarchique qui se déroule depuis plus de quatre mois, il avait cru s’en défaire, d’une part par un dénigrement systématique, d’autre part par le placebo du débat national. Tout a été tenté pour salir les gilets jaunes : on a d’abord essayé de les diaboliser à droite, traités de « chemises brunes », de racistes, d’antisémites et d’homophobes, souligné leur violence et leur bêtise destructrice. La question se pose, d’ailleurs, de savoir jusqu’à quel point certains débordements n’ont pas été facilités dans l’espoir d’en tirer profit auprès de l’opinion. Le dernier samedi aura balayé cette stratégie du pourrissement : un État accusé de lever trop d’impôts et de taxes n’est même pas capable d’assurer la protection de l’avenue la plus célèbre du pays !

La venue des Black Blocs était annoncée, et cette annonce avait été faite par Castaner lui-même. Le dispositif policier avait été augmenté, avec 5.000 membres des forces de l’ordre mobilisés sur Paris… mais douze compagnies de CRS étaient réservées à la protection de l’Élysée ! Le ministre, qui est là uniquement en raison de sa proximité, et sans doute de sa servilité, à l’égard du chef de l’État, avait doctement répété la stratégie de ses acolytes, le secrétaire d’État et le préfet de police : faire des Champs-Élysées une nasse ! Pour le coup, ça a marché. Les Black Blocs se sont emparés de la vitrine de Paris et ont tout cassé. Ces militants d’extrême gauche, venant parfois de l’étranger, étaient connus, fichés, suivis… Il était possible de les interpeller en amont. Il aurait, d’ailleurs, été nécessaire de les mettre hors d’état de nuire depuis des années qu’ils manifestent violemment dans notre pays, mais l’oligarchie médiatico-politique préfère reconnaître l’extrême droite dans un drapeau picard : c’est politiquement plus correct. La dernière excuse s’appuie sur le changement des projectiles de LBD en raison des blessures subies par les gilets jaunes. Comme s’il n’était pas facile de distinguer un casseur d’un manifestant pacifique !

Le pouvoir a voulu jouer au plus malin parce que le Président surestime ses capacités. C’est la triste conclusion pour le pays. Un général qui perd une bataille par son incurie doit, évidemment, être limogé ! Castaner doit démissionner immédiatement, Macron, le plus vite possible. Il faut que les Français retournent aux urnes !

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