Editoriaux - 16 mars 2019

Maman 1 ou maman 2, comment s’y retrouver ?

Tous les médecins ont au moins une fois commis la gaffe devant un couple désassorti, genre grand dadais qui rentre dans votre cabinet au bras d’une ex-belle femme :
– Alors, qu’est-ce qu’il a, votre fils, chère Madame ?
– Une angine. Mais… ce n’est pas mon fils… c’est mon… euh… compagnon.
Et, symétriquement, quand un vieux beau accompagne une jeunesse dont le jean semble peint sur les fesses :
– Vous savez ce que votre fille a mangé ce midi, Monsieur ?
– Euh… non, et puis, en fait, c’est… ma fiancée.

Aujourd’hui, avec l’efflorescence des LGBTIQetc., ce genre de boulette tend inexorablement à se multiplier, et c’est un peu ce qui vient de se produire à l’hôpital de Perpignan, où un couple de lesbiennes amenait son enfant de trois ans.

L’une d’elle, la “mère” non biologique, s’est vu refuser d’accompagner l’enfant au moment de sa prise en charge. Elle aurait pourtant montré aux soignants le jugement de garde partagée copié sur son téléphone. “Je me suis sentie humiliée devant mon enfant”, précise-t-elle auprès du Parisien. “Qu’on me présente en fausse mère, ça m’a scié les jambes.” Réaction compréhensible (quoique peut-être surjouée), mais les préventions du corps médical peuvent s’expliquer par la multiplication de contentieux en cas de soins aux mineurs.

Jadis, quand un parent amenait un enfant, personne ne se posait la question de l’autorité parentale. Aujourd’hui, entre compagnon, parent légal, parent biologique, parent divorcé ou en instance, avec ou sans droits, enfants adoptés, familles recomposées et couples de gays ou de lesbiennes, c’est à un véritable interrogatoire de police avec pièces justificatives que doivent se livrer les médecins avant de risquer le moindre geste. Quant au choix d’une date d’opération en cas de garde partagée, c’est pire que les négociations du Brexit…

Car rien ne fait plus plaisir à un divorcé que de pouvoir coincer son ex (et, au passage, le médecin) pour avoir soigné leur enfant sans son consentement. Surtout si, en temps normal, la santé du bambin ne le préoccupe jamais. On assiste, alors, au réveil du chevalier blanc qui sommeillait en lui !

Pour le Code civil, l’autorité parentale s’exerce conjointement, quel que soit le statut juridique du couple : marié, en concubinage, divorcé, séparé… Mais pour les actes “usuels”, le législateur admet que le parent absent soit présumé avoir donné son accord à l’autre. Mais sans préciser ce qu’est un acte usuel. Une prescription simple ? Évidemment. Une vaccination ? Peut-être. Une circoncision ? Faut voir, surtout rituelle dans un couple mixte…

On nous annonce, pour l’année prochaine, une suppression du numerus clausus à l’entrée en médecine. Il faudra bientôt le remplacer par une licence en droit.

À lire aussi

PMA pour toutes : quelques questions sur son financement

C'est adjugé, vendu, l'Assemblée nationale votera la PMA pour « toutes » à la quasi-unanim…