Plusieurs polémiques éclaboussent le mandat de cette députée LREM de l’Oise. En effet, il se trouve que, sur les sujets bioéthiques, cette élue du nouveau monde macronien n’est pas tout à fait en phase avec son parti. Elle s’oppose, en effet, à la PMA et à la GPA de façon assez virulente. Elle avait même comparé un couple de lesbiennes qui voulait avoir des enfants à « des drogués en manque ».

La semaine dernière, elle a réagi sur Twitter à un article du magazine Têtu sur le coming out du secrétaire d’État Gabriel Attal en écrivant : « Au moins la couleur est annoncée. » Sur son fil Twitter, elle se défend en disant que le titre de l’article de Têtu a été modifié après son tweet et qu’il mettait alors en avant la volonté de Gabriel Attal de pratiquer une GPA. Position qui, selon elle, annonçait la couleur avant le débat sur les questions bioéthiques et sur la PMA et la GPA en juin.

Pour l’instant, malgré les différentes sorties de l’élue de l’Oise, le bureau de La République en marche n’a pas décidé son exclusion, mais ce n’est sans doute que partie remise lors de sa prochaine réunion, qui aura lieu cette semaine. Elle avait, néanmoins, essuyé une mise en garde en février dernier après une vidéo publiée dans Oise Hebdo où elle s’inquiétait des dérives de la PMA pour toutes. À cette époque, le groupe LREM à l’Assemblée était divisé sur son cas. Certains réclamaient son exclusion du parti quand d’autres appelaient à un dialogue et à une liberté d’expression en interne (peut-être par peur de se voir taxé de parti présidentiel composé de pantins, le doigt sur la couture du pantalon).

Seulement après cette sortie de trop sur Twitter, les associations Urgence Homophobie et SOS Homophobie se sont emparées du sujet en publiant une tribune signée par des personnalités comme Muriel Robin pour réclamer son exclusion du parti présidentiel, arguant de propos homophobes et lesbophobes à répétition de la part de la députée. Deux députés de la majorité se sont associés à cette tribune en menaçant de quitter le parti si Agnès Thill n’était pas exclue.

L’élue de l’Oise est une vraie épine dans le pied de la majorité, son refus du dogmatisme pro-LGBT paraît déranger ses collègues de l’Assemblée. Cette affaire est un bel exemple de l’ouverture de la majorité au dialogue et au débat, qu’il soit interne ou non au groupe. Le plus étonnant est que si l’on écoute les autres membres du parti présidentiel, Agnès Thill serait une dangereuse homophobe et une extrémiste qui aurait été parfaite comme militante de la Manif pour tous. Pourtant, il n’en est rien, Agnès Thill est une ancienne du Parti socialiste et n’a jamais milité contre le mariage pour tous.

Le bon sens d’Agnès Thill sur la PMA et la GPA la condamne, sur les bancs de l’Assemblée nationale, à être exclue au sein de son groupe. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage.

28 avril 2019

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