Culture - Editoriaux - Musique - 26 janvier 2020

Macron peut quelquefois avoir raison…

De la même façon qu’une horloge en panne donne malgré tout la bonne heure deux fois par jour, Emmanuel Macron avait raison quand il prononça sa phrase désormais célèbre et surtout révélatrice de son état d’esprit progressiste : « Il n’y a pas de culture française. »

Sans doute avait-il été informé par ses services de renseignements sondagiers que, n’en déplaise au Gaulois José Bové, notre pays de grande culture gastronomique était dorénavant le premier consommateur de hamburgers dans le monde (après l’indétrônable oncle d’Amérique), de même que le premier pays mangeur de pizzas. Il est dommage que l’étude ne se soit pas également étendue à la dévoration de couscous, de tacos, de poulet mafé, de kébabs et autres nourritures transfrontalières délicatement cosmopolites… en particulier chez notre jeunesse en jachère. Les résultats n’auraient fait que corroborer ce que notre nez et nos yeux décelaient déjà.

En ce mois de janvier 2020, nous venons d’apprendre que, parmi les dix albums les plus vendus l’année passée (ou les plus téléchargés, ou les plus piratés… on ne sait plus comment catégoriser), ne figuraient pas moins de cinq œuvres de rap. Et les journalistes extasiés de Radio France de commenter, à l’acmé du bonheur : « Le rap est devenu un genre musical majeur en France. »

Oui, Macron avait raison… à une légère nuance près : « Il n’existe pas de culture française », disait-il. Plus précisément, il aurait dû dire, s’il avait daigné se contredire sur le fond : il n’existe plus de culture française car, lentement mais sûrement, nous avons enfin réussi à effacer tous les obstacles obsolètes et racornis qui pouvaient encore faiblement s’opposer à la plus bénéfique fluidité culturelle… pour le bien de toutes et de tous.

Et que vive le vivre ensemble !

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