Lux et Veritas, très bien. Amplificandae studium, peut-être. La prestigieuse université de Yale, aux États-Unis, dont la devise est « Lumière et Vérité », vient d’être accusée de ségrégation raciale à l’issue d’une enquête de deux ans menée sur les conditions d’admission au premier cycle de ses futures ouailles. « L’université de Yale discrimine illégalement les Américains d’origine asiatique et les candidats blancs dans ses admissions », a déclaré le ministère de la Justice dans une lettre cinglante, exigeant en conséquence que cette institution mette immédiatement fin à cette « discrimination raciale » sous peine de poursuites judiciaires. Une affaire similaire avait secoué la vénérable Harvard, « infectée de préjugés raciaux » et accusée de discrimination à l’encontre des Américains d’origine asiatique.

Comble du cynisme, Yale, institution tricentenaire, qui a vu passer sur ses bancs d’illustres personnalités de la bonne conscience telles que le binôme des Clinton ou Meryl Streep, Bob Woodward et Bush père et fils, est accusée de faire preuve de façon récurrente de partialité à l’encontre des candidats en raison de leur race ou de leurs origines. Ces critères sont des « facteurs déterminants » à de nombreuses étapes du processus de centaines de décisions d’admission. « Diviser illégalement les Américains en blocs raciaux et ethniques favorise les stéréotypes, l’amertume et la division », a déclaré le procureur général.

Yale nie, évidemment, ces accusations, arguant prendre en considération « une multitude de facteurs » dans son processus décisionnel, que cette affaire semble conçue pour « faire pression sur les universités », et accuse l’administration Trump d’hostilité à l’égard de sa politique de discrimination positive. Ladite administration qui avait révoqué plusieurs directives actées sous Barack Obama qui visaient à favoriser la diversité sur les campus américains. Au test SAT, par exemple, par rapport aux étudiants blancs, ce système accordait 310 points de bonus pour les étudiants d’origine afro-américaine, 130 points aux hispaniques et un déficit de 140 points aux étudiants d’origine asiatique.

Sans aucun doute, le monde universitaire américain est la victime consentante d’une dangereuse dérive délirante où l’hypocrisie bien-pensante donne le change à un antiracisme bienveillant de façade, voire parfois à des situations extrêmes au sein d’établissements où la dictature des minorités LGBT et des Social Justice Warriors est loi. Des exemples foisonnent dans ce sens. L’université du Missouri, où plusieurs étudiants ont imposé à son recteur de démissionner et de reconnaître son « privilège d’homme blanc » et d’organiser en conséquence le corps professoral et le personnel selon des critères strictement racialistes. L’Evergreen State College, ou encore l’université Wilfrid-Laurier, en Ontario, avec l’affaire Lindsay Shepherd, jeune assistante traînée devant une inquisition universitaire pour avoir diffusé des extraits d’un débat du psychologue canadien Jordan Peterson sur l’usage imposé par la loi des pronoms non genrés.

Une fois de plus, pourquoi en parler dans ces colonnes, cela ne nous regarde somme toute pas. En parler, il le faut, certainement, car à l’instar de la junk food importée de chez l’Oncle Sam responsable de tant de morbidité physique, le progressisme junk made in USA ne tardera certainement pas à occasionner ses ravages dans la sphère idéologique des entrailles de nos universités républicaines. Le nivellement vers le bas de notre niveau académique à l’échelle mondiale (classement PISA à l’appui) n’a certainement pas besoin, à ce stade avancé de déliquescence nationale, d’un clou supplémentaire dans le cercueil de nos institutions déjà bien malades de leur gauchisme structurel.

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