Editoriaux - Livres - Sciences - Société - 18 septembre 2019

Livre : Quand le cerveau devient masculin, de Jacques Balthazart

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On a pu lire, le 29 août, sur le site de L’Express, un article dans lequel l’auteur écrivait qu’une vaste étude, dont les conclusions ont été publiées par la revue Science, avait permis de conclure à la non-existence d’un gène de l’homosexualité – ce qui ne nous surprend pas.

S’il y avait un gène spécifique pour chacun de nos traits physiques, psychologiques, comportementaux… le nombre de nos gènes (environ 25.000) serait très largement insuffisant. En fait, la plupart de nos traits expriment des combinaisons de nombreux gènes ; il en va de même pour les comportements sexuels (plusieurs centaines de gènes joueraient un rôle dans ce domaine).

Le neuro-endocrinologue Jacques Balthazart, de l’université de Liège, a publié récemment un ouvrage aussi intéressant que politiquement incorrect intitulé Quand le cerveau devient masculin, dans lequel il traite des différences endocrinologiques et comportementales existant entre hommes et femmes. À rebours de la doxa dominante qui affirme que nous sommes ce que nous voulons être (ou le mythe narcissique de l’autoconstruction de soi) et des affirmations péremptoires de Simone de Beauvoir selon lesquelles « on ne naît pas femme, on le devient », notre auteur écrit : « Les théories constructivistes ont toujours eu une grande popularité en France grâce, ou à cause de personnes éminemment influentes, dont Simone de Beauvoir. Pourtant, on naît bien femme (en partie), on ne le devient pas ! De plus, la psychanalyse, qui propose des explications de l’homosexualité basées sur des interactions inappropriées avec les parents, reste toujours largement acceptée en France, alors que ses théories ont été en grande partie abandonnées dans le reste du monde, l’Argentine mise à part. »

Dans ce domaine, comme dans des domaines voisins (éthologie, psychologie évolutive, psychologie comparée…), les travaux des chercheurs étrangers (anglo-saxons, hollandais, allemands…) ne sont que très peu publiés en français, ce qui traduit peut-être la domination sans partage des idéologues de gauche dans notre pays (la réalité est très éloignée de l’affirmation très optimiste de François de Voyer selon laquelle la culture, en France, est désormais de droite).

Jacques Balthazart écrit que les comportements humains sont très largement sous le contrôle de mécanismes biologiques : « Défendre l’opinion contraire revient à nier des résultats scientifiques très abondants et s’apparente, soit à du négationnisme, soit à une adhésion à la société “postvérité” – qui considère les opinions personnelles comme plus importantes que les faits prouvés scientifiquement. »

Ainsi, toutes les études tendent à associer le lien social et la monogamie à la vasopressine chez les hommes et à la l’ocytocine chez les femmes ; il s’agit là d’une différence sexuelle notoire. Les femmes ont récupéré, au cours de l’évolution, l’hormone de la parturition et de la lactation pour contrôler leurs relations sociales, tandis que chez les hommes, c’est la vasopressine, hormone du contrôle de l’agressivité territoriale, qui joue le même rôle !

Il semble bien qu’il y ait un facteur génétique dans l’orientation sexuelle des humains ; l’étude des vrais et des faux jumeaux a montré qu’« il existe une concordance d’orientation deux à trois fois plus grande chez les vrais jumeaux comparés aux faux jumeaux… Globalement, ces études indiquent qu’une partie importante de la variance dans l’orientation sexuelle chez l’Homme est d’origine génétique. » « L’environnement seul ne peut déterminer l’homosexualité ou l’hétérosexualité, mais il est concevable qu’il interagisse avec les facteurs biologiques prénataux pour permettre leur pleine expression. »

Un livre à lire et à faire connaître !

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