Editoriaux - Société - 18 septembre 2019

Les voix des « sans père »

On n’entend guère les associations d’enfants nés par PMA. Normal : les « sans père », ce sont les sans voix. Alors, le temps est venu de les faire entendre, ces voix bâillonnées.

Leur histoire ? Elle est toute simple : pas besoin de philosophie ni de bioéthique. Pas besoin de chimère juridique. Condamnés à une « identité légale », interdits de lignée génétique, on leur dit « qu’ils ont l’amour ».

Leur histoire ? Ce sont des chiffres dans des banques de sperme.

Leur histoire ? Une histoire médicale ou une merveilleuse histoire : « l’esprit de fête » de la fertilité de la PMA, entretenu par les banques de sperme, qui générera, en 2025, selon une étude du bureau d’études californien Grand View Research, un chiffre d’affaires mondial annuel de cinq milliards de dollars.

Vous n’êtes pas au courant ? Écoutez le témoignage, à la conférence de l’ONU, le 6 mars dernier, du Dr Joanna Rose. Il guérira le vague à l’âme des âmes sensibles à la souffrance des lesbiennes et insensibles à celle des enfants privés de père. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Cette jeune femme de 45 ans, née par PMA hétérologue, témoigne. Elle raconte sa découverte de ne se sentir aucun lien avec son « père social ». Commence alors un jeu de piste pour découvrir son « père ». Elle se heurte au refus, à l’incompréhension, à l’agressivité de toutes les instances et de tous les milieux qu’elle contacte. À sa demande d’identité, on lui répond par un « récit progressiste » : ce dont vous avez besoin, ce n’est pas votre identité mais l’amour. Ah ! l’amour. Cette histoire pourrait être la vôtre.

Chez les aborigènes d’Australie, des générations d’enfants ont été volées pour qu’on puisse les adopter afin de détruire leur culture. On sait que les personnes reliées génétiquement sont particulièrement attirées par ceux dont ils partagent le patrimoine génétique. Sans connaître le sien, Joanna se marie, a une fille, qui présente un risque de diabète, et un garçon dont le cœur est malade. La levée, en France, de l’anonymat à 18 ans ne protégera pas non plus de l’inceste, et la gratuité du don est impossible.

La PMA, un usage irresponsable de la technique et de l’argent ? Allons donc ! Une PMA, c’est du business : des conflits d’intérêts de l’industrie de la fertilité où sont intéressés autant les fournisseurs que les consommateurs.

L’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) dénonce, dans un rapport, « La Violation des droits des enfants issus d’AMP ». L’ECLJ se joint à la marche du 6 octobre. À l’ONU, Emmanuel Le Pargneux, porte-parole du Droit des enfants sans père, a témoigné, de la souffrance de ces enfants dont il fait partie. Le 6 octobre, il marchera. Une des grandes causes du quinquennat devrait être celle de cette « blessure primitive » infligée sciemment à des enfants privés de père.

On s’apprête à détruire, en France, 12.000 embryons non conformes à une « loi » pour légaliser ce malheur. Mais il vient, le jour où des orphelins demanderont justice du déni de droit qui leur aura été fait.

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