On le sait : le service public radiophonique français héberge des « humoristes » grassement payés avec vos impôts qui prétendent faire dispenser un rire grinçant et tapent toujours sur les cibles qu’il n’est pas dangereux d’affronter : par exemple les catholiques. Il ne viendrait pas à l’idée de ces pleutres de s’en prendre au prophète de l’islam, mais ça ne gêne pas l’un d’entre eux d’affirmer que « Jésus est pédé ». l’a fait, le 10 janvier 2020, lors d’une chronique sur France Inter, dans l’émission « Par Jupiter ». Même des associations LGBT lui avaient reproché l’usage d’un vocabulaire stigmatisant.

Des auditeurs et des citoyens en nombre s’en étaient émus et avaient signalé au CSA cette chronique. Il ne sanctionne pas et vient de renvoyer à ces lanceurs d’alerte une fin de non-recevoir : ces propos n’excèdent pas les limites de la liberté d’expression qui est garantie aussi aux « idées polémiques choquantes ou inquiétantes ». Nonobstant, bien sûr, la mission du CSA de participer à « la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations ». Il mentionne, en outre, que la directrice de la chaîne et le chroniqueur auraient présenté des excuses.

Tordons tout de suite le cou à cette dernière fable : exprimer des regrets de ne pas avoir été compris, battre sa coulpe parce que cette chronique a été prise comme homophobe alors qu’elle visait l’inverse, ce n’est pas présenter des excuses, notamment aux chrétiens choqués par de tels propos. C’est les traiter d’imbéciles. De plus, l’audience des excuses et des dénégations est infime par rapport aux scandales : le mal est fait.

Le CSA a communiqué, le 3 décembre, sur une décision prise le 26 février. Un esprit soupçonneux pourrait voir dans ce long délai une volonté de faire oublier le casus belli pour désamorcer la colère que suscite ce déni de justice.

Le CSA se vautre dans l’incohérence la plus manifeste : comment peut-il prétendre travailler à la cohésion sociale et la lutte contre les discriminations quand ses décisions sont univoques et convergentes avec la bien-pensance officielle cathophobe ? En outre, il n’exige pas, en tapant très fermement du poing sur la table, un réel pluralisme dans l’audiovisuel public : la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions est un indice probant de l’idéologie en vigueur dans cette officine prétendument indépendante. C’est encore un exemple de la déplorable gouvernance du neutre « et en même temps » partisan.

« ¡Caramba! encore raté » pour la cohésion sociale. La mansuétude du CSA, comme la chronique pas drôle et insultante qu’elle refuse de sanctionner, alimente les clivages et l’atomisation de la société. La dissociété est en marche forcée, ce que René Girard* anticipait avec la lutte du tous contre tous.

Au risque de se faire reprocher de n’être qu’un vieux croûton obsolète et nostalgique, autant l’écrire : les fous des monarques de jadis avaient le bon goût de se moquer des plus puissants pour faire rire la cour. Ceux d’aujourd’hui font peut-être sourire les puissants, mais au détriment des humbles. Cette inversion est juste veule et abjecte.

* Achever Clausewitz, Champs essais, 2011

4 décembre 2020

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