Economie - Editoriaux - Social - 31 octobre 2019

Lettre ouverte d’un usager à ses amis cheminots

Les jours se suivent et se ressemblent. Dans les medias, on annonce que la grève se poursuit à la SNCF. Seulement un TGV sur trois était en circulation sur l’axe Atlantique, ce mercredi, et huit TGV sur dix devraient circuler sur l’axe Atlantique pour le pont de la Toussaint, en raison de la poursuite de la grève de 200 agents spécialisés dans la maintenance au technicentre de Châtillon.

Le service est donc très perturbé sur l’axe ferroviaire principal reliant Paris à une bonne part de la moitié occidentale du pays.

Des TGV desservant d’autres lignes ont été « prêtés » à l’axe Atlantique et des rames ont pu être révisées en province, car il existe d’autres centres de maintenance.

Chers amis cheminots, j’ai pris mon premier train en 1969 et, depuis, pour aller à mon travail, suivant mes affectations, j’ai pris toutes sortes de trains. J’ai couvert ainsi je ne sais combien de fois l’équivalent de la distance entre la Terre et la Lune ! M. Pepy aurait d’ailleurs pu me récompenser pour fidélité exemplaire !

En 1969, mon billet était un petit carton de couleur que je faisais poinçonner avant d’accéder aux voies. Les quais étaient bien souvent presque déserts, la clientèle principale était surtout constituée de conscrits bruyants.

Les choses ont bien changé et d’immenses progrès ont été accomplis par la SNCF, donc par vous. Accueil et modernité, TGV et TER, ont remplacé les guichetiers revêches et les tortillards parfois encore à traction vapeur.

Les Français, rois de la mémoire courte, se souviennent-ils des progrès accomplis ? J’en doute. Les Français, toujours prompts à jalouser le voisin, se rendent-ils compte de la qualité de l’outil que vous mettez jour après jour à leur disposition ? J’en doute.

Oui, mais voilà, certains d’entre vous, syndicats gauchistes en tête, s’ingénient à vous coller une étiquette détestable de profiteurs nantis.

De plus en plus de Français habitent loin de leur travail. Le train est une bénédiction pour ces millions de travailleurs. Et voilà que 200 techniciens paralysent allègrement le quart de l’entreprise par des revendications sur lesquelles je ne porte même pas de jugement. Je dis que ceux-là donnent une sale image à toute l’entreprise, voire à tout le service public.

Honte à eux ! De plus, ils se tirent une balle dans le pied à force de vouloir posséder le fusil le mieux astiqué. Je connais nombre de cheminots que ces 200 de Châtillon doivent passablement indisposer. Quand la SNCF aura été démantelée, avec la bénédiction de l’Union européenne, les usagers et eux-mêmes seront bien avancés.

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