En 1940, l’écrivain Marc Bloch, dans son livre L’Étrange Défaite, démontra que la cause immédiate de la débâcle était liée à l’incapacité du commandement, tant militaire que politique.

Pour beaucoup d’observateurs, l’année qui vient de s’écouler témoigne des mêmes insuffisances de nos gouvernants et de ses experts à faire face à un virus qui, à ce stade, a occasionné le décès de 0,14 % de la population française.

Résultat de ces insuffisances : une augmentation dramatique du désarroi moral dans la population avec une explosion des maladies mentales et des suicides, des libertés publiques suspendues, une privée d’instruction, de formation, d’emplois, et de plus en plus déboussolée, un pays déclassé économiquement, devant un mur de dettes qui amenuise chaque jour le peu d’indépendance nationale qui lui restait, des secteurs vitaux de notre économie à l’arrêt, le monde de la culture sinistré… et un virus (ou ses variants) qui circule toujours.

Quatre citations présidentielles illustrent cette stratégie perdante.

Emmanuel Macron, en février 2020, affirme « Le coronavirus ne connaît pas de frontière. » C’est par pure idéologie que le chef de l’État et ses soutiens ont refusé un contrôle strict des entrées sur le territoire, dès le début de l’épidémie, contrairement à d’autres pays qui, en fermant leur frontière, ont réduit plus rapidement la circulation du virus et ses effets sur la santé des populations.

« Nous sommes en guerre » fut le premier cri émis par le Président afin de justifier le de mars 2020. Mais encore fallait-il des armes. Sur ce thème, tout a été dit concernant les défaillances en matière de gestion des masques, des tests, d’isolement des plus fragiles, de lenteur et d’incohérence vaccinale. L’insuffisance notoire des lits de réanimation est patente et justifie les couvre-feu et confinement à répétition. Bien sûr, il convient de ne jamais oublier cette obstination des responsables à ignorer, voire parfois sanctionner les professionnels de la santé qui se sont hasardés à proposer un traitement. La de prescription des médecins a été limitée comme rarement. Cette stratégie a conduit à privilégier le vaccin comme seul salut.

La conséquence directe du désarmement sanitaire fut le fameux « quoi qu’il en coûte ». À ce stade, le Covid-19 aurait coûté à l’État plus de 160 milliards d’euros. La dette française a atteint, en 2020, près de 2.800 milliards d’euros, soit un taux de 120 % du PIB (richesse nationale). Les gouvernants prennent goût à l’endettement. Mais gare à l’atterrissage ! Il n’y a pas d’argent magique. La France devra bien, un jour, envisager le règlement de cette dette, au risque de perdre définitivement la confiance de ses créanciers, par là sa souveraineté économique et la maîtrise de son destin.

Enfin, le chef de l’État, lors d’un discours à Montauban, a eu cette formule choc : « Le maître du temps, c’est le virus. » Imaginons le s’exprimant de la sorte ! En réalité, de tels propos en disent long sur l’absence de maîtrise de la situation sanitaire par le pouvoir en place. Il navigue à vue et ne présente aucune stratégie cohérente de sortie. En agissant ainsi, il prive les Français de vraies perspectives.

C’est donc dans ce contexte d’échec et de stratégie de la peur qui détruit la confiance du pays envers ses dirigeants que le Premier ministre décrète un nouveau quasi- pour plus de 20 millions de personnes, à partir de ce vendredi 19 mars, à minuit.

De cette étrange défaite contre le Covid-19, la France sortira affaiblie, face à la réussite éclatante de l’Asie, mais aussi face à ses principaux partenaires dans le monde occidental. N’oublions pas que sur le plan économique, notre pays a connu, en 2020, une récession de 8,3 %, supérieure à la moyenne de celle de l’Union européenne (7,3 %) et nettement supérieure à celle de l’Allemagne (5 %).

19 mars 2021

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